Normandie. Les agriculteurs "choqués" par les aliments qu'ils découvrent dans les containers venus de l'étranger
Depuis plusieurs jours, la tension monte à l'entrée du port du Havre. Lundi 12 janvier 2026, comme le rapporte Actu.fr, une quinzaine de membres des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime ont poursuivi une action entamée le week-end précédent : contrôler, sans violence ni blocage, les camions alimentaires quittant le port 2000. Ils ont ainsi voulu mettre en lumière ce qu'ils considèrent comme une concurrence déloyale liée aux accords de libre-échange, alors que l'Union européenne va signer un accord avec les pays du Mercosur.
À la sortie du port, les agriculteurs ont filtré les poids lourds frigorifiques et ont vérifié les documents de transport. Environ huit camions ont été contrôlés dans la matinée. Les chauffeurs ont coopéré, sans incident. "Ce n'est pas grave si je suis en retard, je les comprends ", a même confié l'un d'eux à Actu.fr.
Certaines cargaisons ont surpris les agriculteurs mobilisés : soupe importée de Nouvelle-Zélande, farine issue de blé étranger, champignons en provenance de Chine, saumon russe ou encore boyaux de mouton venus d'Asie... Pour Quentin Lasnon, agriculteur près de Grémonville, le constat est amer : "C'est assez choquant, d'autant que nous sommes capables de produire ce type de viande", regrette-t-il auprès de nos confrères de la presse locale.
Sur le port du #Havre, les découvertes choquantes des agriculteurs, révoltés par le Mercosurhttps://t.co/qJZqJwXsIY
— 76actu (@76actu) January 12, 2026
Un sentiment partagé par les manifestants, qui dénoncent un système qu'ils jugent absurde : "Nous, on les jette les boyaux alors qu'on en fait venir de Chine ! C'est typiquement ce genre de fait que l'on souhaite dénoncer", s'est indigné Justin Lemaître, président des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime.
Les agriculteurs sont mobilisés dans presque l'ensemble des départements français, leur mouvement survient alors que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur continue de diviser. Si la France a exprimé son opposition, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit signer le traité le 17 janvier 2026 au Paraguay. Le Parlement européen doit ensuite se prononcer le 20 janvier.