Oise. "Papa, tu peux vendre mon tracteur à pédales" : le cri du cœur d'un enfant d'agriculteur face à la crise

Oise. "Papa, tu peux vendre mon tracteur à pédales" : le cri du cœur d'un enfant d'agriculteur face à la crise Pour rendre compte des difficultés que rencontrent actuellement de nombreux agriculteurs, l'un d'eux a relayé ce que lui a dit son fils de 7 ans. Les mots sont très émouvants.

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, actée samedi 10 janvier 2026, secoue encore le monde agricole. Dans l'Oise comme dans beaucoup de départements ruraux en France, cette décision est vécue comme un désaveu brutal, après plusieurs semaines de mobilisation intense pour tenter d'enrayer la signature officielle ce 17 janvier au Paraguay.

Ces derniers jours, les agriculteurs ont multiplié les actions symboliques et les opérations de blocage. C'est lors de l'une de ces opérations, au péage de Compiègne, qu'un geste inattendu a marqué les esprits. Comme le rapportent nos confrères d'Actu Oise, un agriculteur a tendu à une conductrice une feuille manuscrite, glissée par la fenêtre de sa voiture. Touchée, l'automobiliste a décidé de partager ce témoignage avec la rédaction d'actu Oise.

"Je suis arrivée au péage où il y avait une manifestation agricole. Un agriculteur m'a dit que c'était gratuit, puis il m'a remis ce papier", raconte-t-elle. Sur la feuille, quelques phrases écrites et signées par Gabriel, 7 ans. Un message adressé à son père, agriculteur. Des mots simples, mais lourds de sens : "Papa, tu peux vendre mon tracteur à pédales. Je ne vais pas continuer à m'entraîner pour faire agriculteur. Je te vois triste et fatigué tous les jours. Je ne veux pas vivre comme ça."

La lettre a rapidement circulé parmi les manifestants. Pour beaucoup, elle résume à elle seule le malaise profond qui traverse la profession : sentiment d'abandon, pression économique, accumulation des normes difficiles à gérer et inquiétude pour l'avenir. Ce qui sans surprise peut amener des pères de famille à apparaître épuisé et sans ressources à la maison.

La mobilisation des agriculteurs devant l'Assemblée nationale mardi, où plusieurs centaines de tracteurs ont convergé, a poussé le gouvernement à annoncer des mesures d'urgence. L'exécutif a notamment promis une nouvelle loi portant sur les attaques de prédateurs sur le bétail, l'eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs, devenu puissante dans le paysage syndical agricole.