La Suisse a creusé plus de 2 000 km de tunnel, un "deuxième pays" dont personne n'a idée

La Suisse a creusé plus de 2 000 km de tunnel, un "deuxième pays" dont personne n'a idée La Suisse a creusé des tunnels sur plusieurs milliers de kilomètres sous les Alpes.

La Suisse, ses montagnes, ses vaches, ses horloges et... ses galeries gigantesques. Le pays alpin a fait construire un des plus importants réseaux souterrains du monde : il compte plus de 1 400 tunnels pour une longueur totale de 2 000 kilomètres, le tout sous le massif des Alpes.

Cette barrière naturelle a fait la force du pays pour se protéger des menaces étrangères au fil des siècles mais transforme chaque construction ou grand projet public en véritable défi de génie civil. Le projet lancé depuis la fin des années 1990 et nommé "Nouvelle liaison ferroviaire alpine" (NRLA) relie les tunnels de Lötschberg, Gothard et Ceneri. Une immensité souterraine dont la plupart des étrangers et même des locaux n'ont pas idée.

Les voyageurs à choisir le train pour leurs trajets en France et en Europe sont pourtant nombreux. Plus rapide que la voiture, moins fatiguante aussi, cette option permet également de profiter des paysages parcourus et de vues imprenables, sauf au moment de traverser ces tunnels géants. Mais qu'importe : ceux qui prennent le train ne sont qu'une partie infime de ce qui circule sous terre.

La majorité des trains à emprunter ces milliers de kilomètres enfouis est dédiée au fret de marchandises. En traversant les tunnels, ces trains vont plus vite et ne polluent plus le massif alpin. Alors si les tunnels entraînent quelques désagréments, ils réduisent considérablement l'impact environnemental du trafic.

Un mineur regardant une foreuse percer la dernière section du tunnel Gabi 2 en 2009 © Urs Flueeler/AP/SIPA (publiée le 22/01/2026)

Avant la NRLA, le transport de marchandises par les routes se faisait via des chemins plus longs, plus dangereux, lors de voyages plus nombreux et plus polluants. Les villages alpins traversés souffraient des émanations de diesel, qui formaient un smog tenace dans les vallées des Alpes, notamment à la période estivale. Aujourd'hui, les trains peuvent transporter plus de marchandises lors d'un seul voyage, plus simple, plus court et qui, selon Econoews, émet quatre fois moins de gaz à effet de serre par tonne au kilomètre.

La construction de ces monstres de tunnels n'a pourtant pas été sans impact sur l'environnement. Pour ne pas ruiner l'apport du projet dès sa mise en place, les urbanistes ont fait leur maximum pour limiter les dommages sur l'écosystème. Les matériaux de construction ont été envoyés par voie ferrée ou maritime plutôt que par la route, les engins de chantier étaient dotés de filtres à particules, les eaux usées étaient traitées et refroidies puis rejetées dans les cours d'eau.

Des mesures ont été prises pour épargner au maximum les habitants des communes alentours et après les travaux, des opérations de restauration ont eu lieu pour préserver la faune sauvage : les berges ont été restaurées, les cours d'eau rétablis, les installations naturelles offrant abris aux reptiles, oiseaux et petits animaux ont été reconstruits. Tout a été fait pour qu'à l'issue, les tunnels créés par les hommes ne pèsent pas sur l'environnement.