Des noms de femmes gravées sur la Tour Eiffel : qui sont les personnalités choisies ?

Des noms de femmes gravées sur la Tour Eiffel : qui sont les personnalités choisies ? Si l'Histoire a longtemps invisibilisé les femmes dans les sciences, la tour Eiffel s'apprête à leur rendre hommage en inscrivant leurs noms sur sa structure.

Longtemps, l'Histoire n'a accordé lumière et reconnaissance aux innovations des hommes. Pourtant, de nombreuses femmes sont à l'origine de progrès techniques et scientifiques, encore trop souvent méconnus du grand public. Quoi de mieux, pour leur rendre hommage, que d'inscrire leurs noms sur la tour Eiffel ? Ce sera bientôt chose faite. Un consensus a en effet été trouvé afin de permettre l'inscription de ces noms au premier étage de la Dame de fer, en lettres dorées et dans la même typographie que celles des hommes déjà présents.

Cette initiative est le fruit d'un travail conjoint entre le comité " Femmes et Sciences ", co-présidé par l'astrophysicienne Isabelle Vauglin, et le comité d'exploitation de la tour Eiffel, dirigé par Jean-François Martins, indique France Culture.  Dès début 2025, et au fil de plusieurs réunions avec des sociétés savantes et des groupes de chercheurs, la présidente du comité, François Conan, chimiste à l'université de Bretagne occidentale, a constitué un répertoire de 200 femmes ayant marqué le champ des sciences au fil des siècles.

Jugée "trop longue", cette liste a ensuite été réduite selon des critères visant à la rendre la plus "représentative" possible, en couvrant un large éventail de disciplines jusqu'à l'année 1789. Finalement, une sélection de 72 femmes scientifiques a été transmise à la mairie de Paris, avant d'être rendue publique en septembre 2025 (disponible ici), explique Paris Presse. Ce nombre fait écho aux 72 noms masculins déjà inscrits sur la tour Eiffel.

Sur cette liste figurent des scientifiques plus ou moins connues. La plus ancienne est Angélique du Coudray, obstétricienne née en 1712. La plus contemporaine est Yvonne Bruhat, mathématicienne et physicienne disparue en 2025. On y retrouve également Sophie Germain, figure majeure et longtemps oubliée des mathématiques, morte en 1831.

À son époque, les femmes recevaient très peu d'éducation scientifique, ce qui l'a poussée à se former de manière autonome en lisant les ouvrages de son père. Elle devint la première femme à remporter un prix scientifique pour ses travaux sur l'élasticité des corps. Pourtant, l'Académie des sciences refusa de le lui remettre officiellement en raison de son sexe, illustrant la mise à l'écart des femmes dans le monde scientifique.

Le nom de Marie Curie sera lui aussi gravé sur le monument le plus célèbre de France. En étroite collaboration avec son mari, Pierre Curie, elle est à l'origine de la découverte de la radioactivité, ainsi que du radium et du polonium en 1898. Sa fille, Irène Joliot-Curie, deviendra à son tour une scientifique de premier plan en poursuivant les recherches de ses parents. Ses travaux la conduiront à la découverte de la radioactivité artificielle, une avancée majeure qui lui vaudra le prix Nobel de chimie en 1935.