Il gagne un million d'euros à un jeu de grattage, mais un pacte entre amis se transforme en cauchemar judiciaire
Un million d'euros, c'est la somme décroché par un habitant de Tomiño, en Espagne, après avoir gagné le gros lot à un jeu à gratter de la loterie ONCE. Après de multiples tentatives, la chance a enfin tourné, lui ouvrant les portes d'un futur radieux, fait de projets et d'optimisme. Pourtant, pour ce nouveau millionnaire, la réalité a rapidement pris un tournant beaucoup moins festif.
L'euphorie est retombée brutalement lorsque l'affaire s'est retrouvée devant les tribunaux. Comme le rapporte 20 minutos, le gagnant a été contraint par la justice de partager son gain avec son acolyte de longue date. Mais pourquoi une telle décision pour un simple ticket acheté au hasard ? Tout repose sur une promesse de comptoir. Avant que la fortune ne frappe à leur porte, les deux amis avaient conclu un accord verbal : si l'un d'eux raflait une grosse mise, il s'engageait à verser 10% de la somme à l'autre. Une règle simple, scellée sans la moindre trace d'encre, mais qui permettait à ces habitués de continuer à espérer ensemble.
Une fois le million d'euros empoché, les belles paroles se sont envolées. Le vainqueur a tout simplement refusé d'honorer son pacte, préférant garder l'intégralité du butin. Se sentant trahi, son ami a décidé de porter plainte pour manquement à un accord préétabli, portant l'affaire devant un juge.
Face au tribunal, le millionnaire a tenté de se justifier en invoquant l'avenir de sa fille et en niant catégoriquement l'existence de cette promesse. Mais en l'absence de preuve écrite, la juge a mené une véritable enquête de voisinage. Plusieurs proches des deux hommes ont défilé à la barre, confirmant avoir entendu parler de cet accord oral à maintes reprises.
Deux éléments ont particulièrement pesé dans la balance : un témoin a affirmé avoir entendu le gagnant demander à son ami ce qu'il comptait faire de "ses 100 000 euros" peu après le gain. Le plaignant a produit une discussion avec la fille du millionnaire. Dans cet échange, elle reconnaissait explicitement l'existence de l'arrangement, tout en le critiquant : "Ce genre d'arrangement ne me paraît pas correct. Si les rôles étaient inversés, ni mon père ni moi n'accepterions l'argent."
Convaincue par la concordance des témoignages, la juge a tranché : la parole donnée a force d'engagement, même sans contrat papier. Le millionnaire a donc été condamné à verser les 100 000 euros promis à son ami. Une décision qui rappelle que, si l'argent n'a pas d'odeur, les promesses, elles, ont un prix.