Les mécaniciens secouent la tête : tous ceux qui conduisent une voiture automatique font la même erreur

Les mécaniciens secouent la tête : tous ceux qui conduisent une voiture automatique font la même erreur De nombreux automobilistes utilisent mal le boîtier de vitesses automatiques, ce qui peut engendrer des réparations coûteuses.

Au milieu des années 90, seules 3 % des voitures neuves vendues en France étaient des "automatiques". À l'époque, les boîtes automatiques avaient de nombreux défauts. Elles étaient lentes, consommaient beaucoup de carburant, étaient difficiles à réparer et ralentissaient les performances du moteur. Les constructeurs automobiles ont fait des progrès considérables depuis, si bien que les véhicules avec des transmissions manuelles – celles où le conducteur doit passer les vitesses une à une – sont en train de devenir désuètes. Trente ans plus tard, plus d'un véhicule neuf sur deux possède un boîtier automatique.

Cette rapide évolution a changé les habitudes des conducteurs qui pour la plupart n'ont pas appris à conduire une voiture automatique. Si cette conduite est devenue assez fréquente dans les auto-écoles, la grande majorité des automobilistes se sont fait la main sur des boîtes manuelles. Quand ils prennent pour la première fois le volant d'un véhicule dont le levier de vitesses traditionnel a été remplacé par un petit boîtier électronique, il leur faut acquérir de nouveaux automatismes. Cela commence par sélectionner les bonnes lettres du sélecteur de vitesses : le D pour avancer (Drive), le R pour reculer (Reverse), le N pour passer au point mort (Neutral) et le P quand on coupe le moteur (Parking).

© Adobe Stock

A en croire un certain nombre de mécaniciens, beaucoup de conducteurs font la même erreur. Le problème intervient quand la voiture se retrouve à l'arrêt temporairement, comme dans les embouteillages ou au feu rouge, ce qui arrive assez souvent, notamment en ville. Lors de ces brèves immobilisations, nombreux sont ceux qui passent systématiquement en position N, donc au point mort, ou même en position P. Un geste qui renvoie aux habitudes du levier de vitesse manuel que l'on passe généralement au point mort lorsque l'on se retrouve à l'arrêt pour ne pas caler ou avoir à appuyer sur la pédale d'embrayage.

Sauf que les boîtes automatiques modernes sont conçues pour rester en position de conduite (D) avec le pied du conducteur appuyé sur le frein. Chaque passage de D à N et de N à D sollicite excessivement les composants de la transmission, ce qui accélère l'usure du système hydraulique ou ou des embrayages pour les boîtes robotisées, des valves et de nombreuses autres pièces mécaniques.

Voilà pourquoi les mécaniciens déconseillent fortement de basculer constamment entre D et N ou P lors des arrêts temporaires. Sur un trajet quotidien, pour se rendre au travail par exemple, il se peut que vous répétiez ce geste des dizaines de fois en raison du trafic. Multipliez ce chiffre par cinq jours par semaine, et une quarantaine ou cinquantaine de semaines par an et vous comprendrez que votre transmission subit des milliers de cycles inutiles.

Certains automobilistes supposent que la position N permet de faire des économies de carburant, ce qui est faux puisque les systèmes de gestion électronique optimisent déjà la consommation à l'arrêt dans les voitures modernes. En revanche, les manipulations excessives et inutiles du sélecteur de vitesses automatiques peuvent rapidement faire grimper la facture des pièces usées prématurément à changer. De plusieurs centaines voire milliers d'euros !