Vous détestez fêter votre anniversaire ? Il y a une raison psychologique à cela
Nous avons tous déjà connu un collègue ou un ami qui informe au détour d'une conversation que son anniversaire a eu lieu la veille ou la semaine précédente, sans que personne ne le sache. Interrogé sur le fait de ne pas le fêter, ce dernier explique simplement qu'il n'y voit pas d'intérêt ou pire : qu'il déteste ça.
Bien que cette aversion paraisse anecdotique, les psychologues indiquent qu'elle en dit beaucoup sur la personnalité. Ce détachement peut tout d'abord puiser ses racines dans l'enfance, époque à laquelle les anniversaires ont habituellement une grande importance. "Ces personnes peuvent manifester un désintérêt pour leur anniversaire à cause de souvenirs négatifs de l'enfance comme des adultes/parents qui ont rendu leur anniversaire désagréable ou insignifiant d'une manière ou d'une autre", indique Rebecca Ray, psychologue clinicienne et autrice de Difficult People. Dans ce cas, les individus prennent l'habitude d'éviter leur anniversaire, et ne s'y remettent jamais vraiment.
La spécialiste explique aussi que cet évitement peut également concerner des personnes plus timides que la moyenne. Il faut dire qu'être le centre de l'attention pendant 24h, ou plus parfois, n'est pas la tasse de thé de tout le monde. Cette attention constante et longue peut être ressentie comme une pression d'avoir l'air heureux.
Évidemment, l'envie d'éviter le jour de son anniversaire peut illustrer un rapport négatif avec le temps qui passe. La peur de vieillir peut donc jouer un vrai rôle. Même ceux qui aiment habituellement fêter leur anniversaire peuvent se montrer plus réticents certaines années, surtout à l'approche d'anniversaires importants comme les 50 ans par exemple.
"Les anniversaires nous incitent à réfléchir au temps qui passe. C'est pire lorsque nous ne sommes pas là où nous pensions être ou que nous n'avons pas atteint nos objectifs à cet âge-là, en particulier pour les personnes qui s'accrochent fortement aux étapes et aux échéances qu'elles se fixent", ajoute la psychologue. Finir ses études à 25 ans, se marier à 30 ans, avoir une carrière professionnelle satisfaisante à 40 ans… Les injonctions peuvent être nombreuses. Un anniversaire peut ainsi déclencher un véritable deuil d'un objectif non atteint et être très difficile à digérer. Certains préfèrent donc éviter ce sujet pour ne pas se confronter à l'échec.
