Einstein en est mort : cette maladie silencieuse touche 10 000 Français par an, elle est dangereuse si elle n'est pas détectée à temps
Tout le monde connait Albert Einstein, mais peu de personnes savent la raison de sa disparition. Le génie, qui a obtenu un Prix Nobel de physique en 1921, s'en est allé en 1955 à 76 ans d'une maladie peu connue. Pourtant, elle touche de nombreuses personnes, souvent sans qu'elles s'en rendent compte. En France, 10 000 patients sont hospitalisés chaque année pour cette raison.
Il s'agit de l'anévrisme de l'aorte abdominale. L'aorte est la plus grosse artère du corps. Elle part du cœur, et descend jusqu'à l'abdomen où elle apporte du sang aux organes digestifs et urinaires. Parfois, la paroi de cette artère peut se dilater de façon anormale. L'artère devient alors de plus en plus grosse, et sa paroi s'affine. Cet anévrisme peut se rompre, ce qui provoque une hémorragie massive.
Le problème, c'est que l'anévrisme de l'aorte se développe de manière silencieuse. "Dans de nombreux cas, les personnes ignorent qu'elles souffrent d'un anévrisme aortique. Souvent, un anévrisme ne provoque aucun symptôme jusqu'à ce qu'il se rompe", précise la Cleveland Clinic. Une rupture d'anévrisme se manifeste par une "douleur thoracique, abdominale ou dorsale soudaine et intense", des vertiges voire un malaise, et une accélération du rythme cardiaque.
Avant la rupture, un anévrisme de l'aorte abdominale est le plus souvent détecté par hasard au cours d'examens médicaux. Des symptômes, généralement discrets, peuvent se manifester au fur et à mesure que l'anévrisme se développe. Il peut s'agir de difficultés respiratoires ou d'un essoufflement ou d'une douleur localisée dans la poitrine ou l'abdomen. Une masse pulsatile peut aussi se développer dans l'abdomen et être palpée. Si l'anévrisme est détecté avant la rupture, les chances sont bien meilleures.
Les anévrismes de l'aorte sont plus fréquents avec l'âge, chez les hommes et les personnes qui ont des antécédents familiaux. Mais d'autres facteurs de risque sont évitables : le tabagisme, l'hypercholestérolémie et l'hypertension artérielle. Ces trois derniers sont d'ailleurs des facteurs de risque majeurs de problèmes cardiovasculaires. La rupture d'anévrisme de l'aorte abdominale est ainsi une "urgence vitale avec une létalité élevée", précise Santé publique France. Les anévrismes de l'aorte abdominale rompus sont associés à une létalité de 80 à 90 %, souvent avant même que le patient n'arrive à l'hôpital et ne puisse être opéré.