Ozempic, Wegovy... quels sont vraiment les risques liés aux médicaments contre l'obésité ?
Tous les médicaments peuvent être dangereux. Les traitements contre le diabète et l'obésité comme Ozempic et Wegovy ne font pas exception. Ces médicaments, devenus très populaires pour leur efficacité sur la perte de poids, peuvent en effet provoquer des effets indésirables, parfois graves. Certains de ces risques sont encore mal connus, mais ils commencent à être confirmés.
Un des principaux risques graves identifiés est la pancréatite aiguë, une inflammation dangereuse du pancréas. De nombreux cas - parfois fatals - ont été identifiés chez les patients dans le monde, et notamment en France. Le risque de pancréatite est généralement inscrit comme effet secondaire rare dans les notices de ces médicaments.
Un autre risque, plus récemment identifié, est celui de carences. La perte de poids provoquée par ces médicaments est importante et rapide : sans prise en charge nutritionnelle adaptée, les patients risquent des carences potentiellement graves, notamment en fer et en vitamines. Elles peuvent par exemple être à l'origine d'une anémie ou d'une atteinte neurologique liée à un déficit en vitamine B1. Ce risque n'est aujourd'hui pas suffisamment pris en compte, notamment parce qu'il n'est pas forcément indiqué dans les notices. Il fait l'objet d'une "surveillance renforcée" par l'Agence nationale de sécurité du médicament.
Ces médicaments, appelés agonistes du GLP-1, peuvent aussi être à l'origine d'une neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN), qui provoque une perte de vision. Des risques de cancer de la thyroïde et d'interactions médicamenteuses - notamment avec les contraceptifs oraux - sont également sous surveillance. L'ensemble de ces risques doivent encore être confirmés dans des essais cliniques, les liens de cause à effet n'ont pas encore été identifiés.
Ces risques sont surtout liés aux mésusages : de nombreuses personnes parviennent à se procurer ces traitements sans ordonnance (parfois sur des sites internet illégaux) et les prennent pour perdre du poids pour des raisons d'esthétique. L'Agence nationale de sécurité du médicament a plusieurs fois alerté face à ces mésusages, de plus en plus fréquents. Elle a recensé 25 cas graves d'effets indésirables liés à un mésusage en France. Les cas rapportés étaient notamment un coma hypoglycémique ainsi que des pancréatites aiguës. L'ANSM rappelle que la balance bénéfice risque de ces médicaments n'est favorable que chez les personnes pour qui ils sont indiqués, c'est-à-dire celles qui sont concernées par le diabète, l'obésité ou le surpoids associé à des complications.