"On va avoir de nombreuses demandes" : ces médicaments pour le coeur ne seront bientôt plus remboursés, 100 000 patients concernés

"On va avoir de nombreuses demandes" : ces médicaments pour le coeur ne seront bientôt plus remboursés, 100 000 patients concernés Plusieurs médicaments utilisés en cardiologie vont être moins bien remboursés, voire plus du tout.

Des milliers de patients français vont subir une baisse de remboursement, voire un déremboursement total de leur médicament pour le cœur. Cela fait suite à un avis du Comité de transparence de la Haute autorité de santé, qui a jugé que le service médical rendu de ces médicaments n'étaient pas suffisant. C'est justement cet avis qui détermine le niveau de remboursement des médicaments.

Ceux concernés sont actuellement remboursés entre 30 et 65 %. "Certains vont passer à 0 et d'autres vont rester remboursés mais avec une restriction par rapport à leur autorisation de mise sur le marché", c'est-à-dire qu'ils ne seront remboursés que dans certains cas, estime le Dr Vincent Pradeau, président du Syndicat national des cardiologues. Pour tous, la situation est floue puisque le décret d'application n'a pas encore été publié au Journal Officiel. "C'est annoncé à partir de février", nous rapporte le cardiologue.

Les médicaments concernés sont des antiarythmiques, prescrits aux patients qui souffrent de troubles du rythme cardiaque. Il s'agit notamment de : Sotalex, Flecaïne, Rythmol (propafénone). "On a beaucoup de gens qui sont sous ces traitements", estime le Dr Pradeau. "Près de 100 000 patients seraient concernés", a précisé par ailleurs le Dr Marc Villaceque, ancien président du Syndicat national des cardiologues, sur Linkedin.

Pour tous ces patients, "il faudra qu'on adapte la prise en charge. C'est des patients qu'il va falloir revoir, estimer la nécessité de maintenir les médicaments pour ceux qui resteront remboursables. Quelques fois on sera amenés à garder des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché", et donc sans remboursement, précise le Dr Pradeau. "Pour les patients, ça va être de l'inquiétude. Ça va générer un flux de consultations. Logistiquement ça va créer un certain nombre de tensions, ça c'est sûr".

Le problème, c'est qu'il y a "très peu d'alternatives. On est un peu démunis en termes de traitements antiarythmiques", regrette le cardiologue. La seule alternative est l'amiodarone, un médicament qui était utilisé en deuxième intention. Il est efficace, "mais n'est pas dénué d'effets secondaires", notamment neurologiques ou pulmonaires.

En dehors des médicaments, une autre alternative existe : les techniques d'ablation, "qui ont fait beaucoup de progrès et sont de plus en plus efficaces", rapporte le Dr Vincent Pradeau. La solution devra être adaptée à chaque patient. Le Dr Pradeau recommande à tous les patients concernés de "se rapprocher de leur médecin et de voir rapidement le cardiologue qui les suit" ; et de ne surtout "pas arrêter brutalement le traitement".