Ariège. "Vous pouvez dormir sur le canapé" : l'artisan squatte une maison pendant 20 ans, il doit désormais faire un gros chèque à la propriétaire

Ariège. "Vous pouvez dormir sur le canapé" : l'artisan squatte une maison pendant 20 ans, il doit désormais faire un gros chèque à la propriétaire Un artisan embauché pour rénover une maison a préféré la squatter pendant vingt ans. Désormais, il doit rembourser le préjudice aux propriétaires, un couple de septuagénaires désabusés.

Un calvaire long de vingt ans. Dans les années 1990, une femme aujourd'hui âgée de 78 ans faisait l'acquisition d'une maison dans la commune de Pamiers, en Ariège. À cette époque, jamais Georgette n'aurait pu imaginer vivre un tel enfer dans cette commune paisible de 16 000 âmes située à 70 kilomètres au sud de Toulouse. Pourtant, petit à petit, un homme s'est installé à l'intérieur pour ne plus jamais quitter les lieux.

En effet, comme le rapporte La Dépêche du Midi, un artisan local s'est vu confier les travaux de cette maison. Il s'y est ensuite installé depuis le début des années 2000, avant d'arrêter d'en payer le loyer. Après différentes démarches administratives et judiciaires engagées, Georgette et son mari ont longtemps pensé que la situation ne s'arrangerait jamais.

Finalement, Georgette et son mari ont obtenu gain de cause ! Le squatteur a été condamné à leur verser la somme de 70 000 euros dont 3 000 euros de dommages et intérêts pour les loyers impayés et le préjudice subi, le 26 septembre dernier. Il a aussi été sommé de quitter les lieux dans les deux mois. Malgré tout, les ennuis ne sont pas terminés pour le couple, bien au contraire. 

Le locataire mauvais payeur pourrait bénéficier d'un délai supplémentaire en raison de la trêve hivernale, et ce, jusqu'au printemps 2026. Ajoutez à cela d'importantes lenteurs administratives auxquelles est confronté le couple propriétaire et vous obtenez une situation insupportable qui, malgré une décision de justice, semble patauger. "Vous pouvez dormir sur le canapé", lui aurait répondu le locataire lorsque la propriétaire a voulu récupérer son bien. 

Aujourd'hui, Georgette et son mari sont inquiets. Pourront-ils revendre un jour leur bien ? Une question qu'ils sont en droit de se poser, notamment car le squatteur empêche toute visite d'acheteurs potentiels, même les tentatives du diagnostiqueur chargé du DPE restent vaines, indique le quotidien local. "On veut simplement tourner la page", confie la septuagénaire, désabusée, auprès du journal.

Le couple pourrait même se retrouver à la rue dans les prochains mois. Georgette et son mari résident actuellement dans un logement social, en attendant de récupérer leur maison toujours squattée par l'artisan condamné. En raison de ce statut de propriétaire, le couple est menacé d'expulsion de son logement social. Ils dénoncent aussi des "menaces" émanant du squatteur.