Nîmes. Comme les pizzas, ils livraient de la drogue à domicile... Les surprises du réseau démantelé
Lundi 18 mai, un établissement de quartier situé sur la commune de Nîmes a été fermé administrativement par les forces de l'ordre et ses gérants ont été interpellés. Face à cette saisie spectaculaire, la piste du blanchiment d'argent adossé à un réseau de trafic de stupéfiants est fermement privilégiée par les autorités. Ce jeudi 21 mai, à l'issue de leur garde à vue, les neuf suspects, dont deux mineurs, ont été déférés au palais de justice et présentés à un juge d'instruction, explique le quotidien Midi Libre. Cette intervention est l'aboutissement d'une minutieuse enquête sur un trafic de cocaïne et de cannabis dans le Gard, débutée en 2023 par la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Nîmes.
La perquisition au sein du bureau de tabac a permis de mettre la main sur cette somme impressionnante en seulement quelques heures. L'affaire secoue la ville de Nîmes en raison de l'importance du montant saisi. Les billets étaient conditionnés dans plusieurs sacs distincts, ce qui a largement contribué à accentuer les suspicions de complicité et de participation des commerçants à ce réseau criminel, précise France 3 Régions.
L'enquête a révélé que ce trafic s'organisait notamment par des livraisons de drogue à domicile et était piloté depuis une cellule de prison. Dans un communiqué de presse officiel diffusé le 19 mai 2026, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes, Cécile Gensac, a détaillé les contours du dossier : "L'épouse de l'un des livreurs était également suspectée de participer au trafic, qui se déroulait notamment en lien avec un établissement bar-tabac du centre-ville de Nîmes. Les deux gérants du commerce semblaient impliqués dans des faits de blanchiment liés au trafic de stupéfiants."
De leur côté, les exploitants du bureau de tabac contestent les accusations de blanchiment. Ils affirment devant les enquêteurs que cet argent liquide constitue uniquement le fruit de leurs économies personnelles et nient tout lien avec la revente de drogue. Si certains des mis en cause n'étaient pas connus des services de gendarmerie jusqu'alors, d'autres individus interpellés au cours de l'opération de lundi présentaient déjà des antécédents judiciaires. Le bar-tabac a été mis en examen en tant que personne morale tandis que l'instruction se poursuit pour déterminer la responsabilité exacte de chacun.