Les cheveux gris pourraient retrouver leur couleur originelle, une inversion du mécanisme est possible

Les cheveux gris pourraient retrouver leur couleur originelle, une inversion du mécanisme est possible

Si les cheveux gris n'étaient plus une fatalité ? Une piste sérieuse pour en finir avec cet inconvénient esthétique a été découverte.

Voilà qui est bien souvent perçu comme un signe de vieillissement assez redouté : le grisonnement des cheveux. L'âge où cette décoloration commence varie selon les personnes, tout comme la teinte que prennent les précieux cheveux. Et si certains préfèrent encore avoir une tonsure grise plutôt qu'une calvitie, d'autres aimeraient y échapper toute leur vie, mais sont impuissants face à ce phénomène naturel. Sera-t-il possible un jour de ne pas devoir recourir aux colorations pour cacher les cheveux gris ? Pouvons-nous conserver la couleur originelle de nos cheveux toute notre vie ?

Des scientifiques se sont penchés sur le sujet dans une étude publiée dans la revue Nature. Ils ont utilisé des souris pour comprendre d'où vient cette perte de pigmentation des cheveux et s'il est possible d'y remédier. Ils se sont concentrés sur les cellules mélanocytaires, présentes dans la peau des souris, mais également chez l'homme. Elles circulent d'avant en arrière dans les follicules pileux, la cavité où le cheveu prend sa racine. Dans de bonnes conditions, elles vont se déplacer, mûrir et être exposées aux protéines WNT.

Ces dernières sont nécessaires à la régénération des cheveux en cellules pigmentaires, qui offrent une coloration continue. Malheureusement, ces cellules restent parfois bloquées et ne vont donc pas atteindre leur stade de maturation en rencontrant les protéines. Cela provoque l'apparition de cheveux gris, selon l'étude. 

"La perte de la capacité d'adaptation des cellules souches mélanocytaires pourrait être responsable du grisonnement et de la décoloration des cheveux", a expliqué Mayumi Ito, chercheuse principale de l'étude. Le nombre de ces cellules bloquées augmenterait avec l'âge, allant jusqu'à 50% du volume, selon les observations sur les souris.

Avec cette analyse, le stress ne serait pas un responsable direct, mais un accélérateur du phénomène. En accentuant la vitesse à laquelle les cheveux repoussent, il épuiserait alors le stock de cellules en capacité de se regénérer. Pour empêcher le grisonnement, il faudrait donc pouvoir remettre en marche ces cellules pour qu'elles puissent être exposées à la protéine. Cela pourrait donc être un état réversible.

"Ces mécanismes nouvellement découverts suggèrent que ce même positionnement fixe des cellules souches mélanocytaires pourrait exister chez l'humain. Si tel est le cas, cela ouvre la voie à une approche potentielle pour inverser ou prévenir le grisonnement des cheveux en aidant les cellules bloquées à se déplacer à nouveau entre les différents compartiments du follicule pileux en développement", peut-on lire. La méthode est donc posée sur le papier, mais cela reste encore théorique. Les scientifiques cherchent donc comment remettre en mouvement ces cellules, pour potentiellement développer un traitement biologique.