Législatives 2026 : des dates fixées par Macron si le gouvernement est censuré en janvier
La France va-t-elle connaître un nouveau coup de tonnerre et une nouvelle dissolution ? Alors que l'accord avec le Mercosur est venu un peu plus fragiliser le gouvernement qui peine encore à faire passer un budget pour 2026, en coulisses, on se préparerait au pire. Selon les informations du Parisien, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et le président Emmanuel Macron auraient déjà convenu qu'en cas de censure du gouvernement, il y aurait une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale. Et qui dit dissolution, dit nouvelles élections législatives. BFMTV avance que Sébastien Lecornu aurait même déjà donné comme instruction à son ministre de l'Intérieur de préparer d'éventuelles nouvelles élections législatives. Celles-ci se tiendraient alors aux mêmes dates que les élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026. Une information que semble confirmer également Le Parisien.
Sous pression, le gouvernement ne manque donc pas de rendre la pareille aux députés. Car les menaces se multiplient ces derniers jours. Après l'accord passé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, et ce, même si la France a voté contre vendredi 9 janvier, La France insoumise et le Rassemblement national ont tous les deux fait savoir qu'ils allaient déposer une motion de censure contre le gouvernement. "Déposer une motion de censure dans ce contexte, c'est choisir délibérément d'afficher des désaccords politiciens internes. C'est choisir d'affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l'unité nationale dans la défense de notre agriculture", déplorait ce vendredi matin le Premier ministre sur X.
La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 9, 2026
Déposer une motion de censure dans ce contexte, cest choisir délibérément dafficher des désaccords politiciens internes. Cest choisir daffaiblir la voix de la France plutôt que de montrer
En parallèle, le boycott par les communistes et les écologistes de la réunion budgétaire qui se tenait mardi à Bercy et le rejet, vendredi, de la partie recette du budget n'ont pas aidé. Il semblerait qu'au sommet de l'État il soit désormais question de jouer son va-tout. "On assiste là à un gros coup de pression sur les députés", analyse ce soir un conseiller ministériel auprès de la chaîne BFMTV. Alors, coup de bluff ou menace réelle ? La vraie question est : a-t-on vraiment envie d'avoir le fin mot de cette histoire ? La balle est désormais dans le camp des députés, il semblerait.
Des élections législatives, seule manière de dissoudre les blocages ?
À qui la faute ? Les oppositions sont-elles coupables de ne pas donner leur bénédiction - une non-censure en langage profane - à un gouvernement dont elles ne veulent pas ? Ne sont-elles pas au contraire dans leur rôle en s'opposant à la politique proposée, assez unilatéralement, par ceux qui ont perdu les élections ? Continuant le fil de cette réflexion, les oppositions ne trahiraient-elles pas leurs électeurs en acceptant de gouverner sur la ligne qui a enregistré un revers aux législatives ?
Si Emmanuel Macron a en tête une "plateforme d'action et de stabilité" qui ne se conçoit qu'autour de forces macronistes et centristes, alors la censure est garantie. Le blocage également.
Pour renverser la table, il y a donc la possibilité de dissoudre à nouveau l'Assemblée nationale, pour convoquer de nouvelles élections législatives. En espérant que les résultats permettent de dégager d'autres rapports de forces politiques, ce qui n'est pas du tout garanti. S'il est difficile de faire parler des sondages sur le scrutin législatif, qui ne donnent que des intentions de vote nationales de premier tour, il semble vraisemblable qu'aucun parti n'ait de majorité absolue à l'issue d'un nouveau vote. Mais les leviers institutionnels sont faits pour être activés, les dynamiques de campagne créent parfois des chapitres inattendus de l'histoire de France.
De nouvelles élections législatives en 2026 ?
Selon l'article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron peut tout à fait prononcer une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, à une seule condition, le calendrier. "Le président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des présidents des Assemblées, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution (…) Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections", peut-on lire.
Les dernières élections législatives s'étant tenues les 30 juin 2024 (premier tour) et 7 juillet 2024 (second tour), une nouvelle dissolution est déjà possible depuis l'été 2025. Si une dissolution venait à être prononcée, un décret paraîtrait alors au Journal officiel dès le lendemain, ainsi que les dates des deux tours des législatives.
Mais voilà, Sébastien Lecornu est revenu sur ses propos qui avaient été rapportés, samedi 10 janvier auprès du Parisien. Il assure ne vouloir "ni de la censure, encore moins de la dissolution. (Son) combat, c'est la stabilité et repousser le désordre". "La motion de censure enverrait un signal dramatique au moment où on cherche le compromis et un message encore plus dramatique au vu de la situation politique internationale" ajoute le Premier ministre auprès de nos confrères.
Que disent les résultats des sondages sur les législatives 2026 ?
Si de nouvelles élections législatives étaient organisées en 2026, quelques favoris se dégageraient mais plusieurs surprises pourraient intervenir selon les sondages réalisés fin 2025. Le RN est donné largement en tête du premier tour, avec autour de 35% d'intentions de vote. Une union des gauches (mais sans La France insoumise) recueillerait autour de 17-19% des intentions de vote, suivie par le bloc central (autour de 13%), Les Républicains (autour de 11%), La France insoumise (autour de 8%). Découvrez les derniers résultats des enquêtes d'opinion et des sondages d'intention de vote.
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L'Assemblée nationale actuelle est divisée en trois grands blocs qui jugent impossible toute coalition de gouvernement : la gauche, le bloc central et l'extrême droite. Le "socle commun" allant de Ensemble à LR, a soutenu le gouvernement, malgré d'importants désaccords. Mais celui-ci n'a tenu que grâce à l'accord tacite de non-censure du PS et du RN, qui ont considéré que la stabilité était primordiale, tout en espérant des décisions de l'exécutif allant dans le sens de leurs orientations programmatiques.