De l'acétamipride dans la pluie ! Le pesticide de la loi Duplomb n'est pas que dans les cultures !

De l'acétamipride dans la pluie ! Le pesticide de la loi Duplomb n'est pas que dans les cultures ! Le pesticide de la loi Duplomb au centre de toutes les attentions, l'acétamipride, ne se trouve finalement pas que dans les cultures. Une récente étude, inquiétante, le prouve.

Personne n'y a échappé : la loi Duplomb créé un débat sans précédant en France. À tel point qu'une pétition citoyenne a déjà rassemblé plus d'1,3 million de signatures pour tenter d'obtenir son abrogation. À l'origine de ce texte, le sénateur LR Laurent Duplomb. Ce dernier a lui estimé au micro de RMC, lundi 21 juillet, que la pétition est "instrumentalisée" contre la loi, de manière à "mettre la pression sur le Conseil constitutionnel pour espérer qu'il ne valide pas la loi". 

Pourtant, jamais une pétition n'avait recueilli autant de signataires. Et pour rappel, dès le cap des 500 000 signatures atteint, issues d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale peut être saisie, pour que la pétition soit débattue en séance publique. Voilà aussi pourquoi, cette pétition record fait parler et commence à légèrement inquiéter ceux qui en sont à l'origine, tout comme ceux qui l'ont déjà votée.

La science est mobilisable sur ce sujet controversé. Selon une étude, il semblerait bien que l'acétamipride - un néonicotinoïde interdit en France depuis 2018, réintroduit si la Loi Duplomb est promulguée - a la capacité de passer des sols à l'eau ! En effet, une récente étude japonaise a révélé que des pesticides et notamment l'acétamipride contaminaient l'eau de pluie. Cette étude de l'Université de Tokyo parue en juin 2025 assure que l'acétamipride - autorisé au Japon - est régulièrement détecté dans l'eau qui tombe du ciel.

"Depuis 1993, les insecticides néonicotinoïdes sont largement utilisés au Japon, principalement pour la riziculture et la protection des forêts de pins. La propagation des néonicotinoïdes dans le milieu naturel se fait en grande partie par le ruissellement des eaux agricoles", apprend-on. Le souci, c'est que ces eaux de pluie pourraient peu à peu devenir un véritable conducteur de cet insecticide, qui pourrait se propager beaucoup plus largement. L'étude examine notamment le dépôt humide de ces insecticides.

Pour ce faire, des échantillons d'eau de pluie de Tsukuba et Kashiwa, au Japon, ont été collectés et analysés par chromatographie en 2023 et 2024. Et les résultats n'ont rien de rassurants, bien au contraire. 91% des échantillons contenaient des néonicotinoïdes, la concentration totale la plus élevée de 1,72 ng/L ayant été détectée en août 2024. L'acétamipride est l'insecticide le plus présent, il a été détecté dans 82% des échantillons.

Cette recherche est tout simplement "le premier rapport sur la présence de néonicotinoïdes dans les précipitations", suggérant que les néonicotinoïdes, en tant que matière peu volatile, peuvent encore être dispersés dans l'environnement par les précipitations, met en garde l'étude. Outre leur présence dans l'eau puis dans les sols en raison du ruissellement, les molécules peuvent aussi se retrouver dans l'atmosphère lorsque les pesticides sont pulvérisés, à l'instant T, et plusieurs semaines durant, emportées par le vent.

Outre leur effet sur les insectes, existe-t-il un effet connu sur l'organisme humain ? De "grandes incertitudes" existent concernant la toxicité de l'insecticide en question, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), comme exprimé dans un de ses rapports. Impact sur le cerveau, perturbateur endocrinien... Si à faible dose, la molécule n'a pas prouvé sa dangerosité pour l'homme, son interaction avec d'autres molécules aussi présentes dans l'environnement pourrait constituer un cocktail explosif. Les rapports scientifiques pour confirmer ou infirmer ces craintes manquent encore.