Vendredi 13 : la vraie histoire d'un jour pas comme les autres

Vendredi 13 : la vraie histoire d'un jour pas comme les autres VENDREDI 13 DECEMBRE 2019 - Ce vendredi 13 décembre 2019 est-il heureux ou malchanceux ? Entre origines, phobie et superstitions, découvrez tous les secrets du vendredi 13 dans notre page spéciale !

[Mis à jour le 13 décembre à 14h23] A ne pas confondre avec le Black Friday, le vendredi 13 a des origines très anciennes. Ce vendredi 13 décembre 2019 marque le second vendredi 13 de l'année. Le premier, peu après la rentrée scolaire de septembre dernier, avait été marqué par des grèves, ce qui est à nouveau le cas ce vendredi. La grève à la RATP et à la SNCF est en effet entrée ce matin dans son neuvième jour. Un tirage Euromillion et un tirage Loto ont également lieu en ce jour très spécial pour les superstitieux. La superstition est d'ailleurs valable des deux côtés : porte-bonheur pour certains, le vendredi 13 est un porte-poisse pour d'autres. Mais c'est son impact négatif supposé qui est le plus vivace dans l'inconscient collectif.

Une ombre de malchance dont l'origine est biblique, puisque selon le livre sacré des chrétiens, le Christ a pris "la Cène", son dernier repas, avec 12 apôtres (donc 13 personnes autour de la table au total) et il a été crucifié... un vendredi. Quant aux croyances qui entourent encore aujourd'hui ce jour du calendrier, elles se rattachent à un vrai besoin humain, analyse l'historien Philippe Martin auprès du journal Le Progrès : "La superstition fournit une explication qui rassure. Je ne suis pas l'objet du hasard, il y a une logique du monde. Le moteur de la superstition, ce n'est pas l'ignorance, mais la peur". Phobie, superstition, histoire... Y a-t-il une autre histoire du vendredi 13 ? Porte-t-il vraiment malheur ? Comment appelle-t-on ceux qui ont la phobie du vendredi 13 ? Découvrez toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le vendredi 13 !

Vendredi 13 en 2019

L'année 2019 compte deux vendredis 13, le premier en septembre et le second en décembre. L'an dernier en comportait également deux, mais en avril et en juillet. L'année prochaine présente aussi deux vendredis 13, en mars et en novembre. Toutes les années ne comportent pas de "double vendredi 13", puisqu'en 2021 il n'y en aura par exemple qu'un, au mois d'août. Voici les occurrences des prochains vendredi 13, mis en graphique par Statista :

Infographie: L'occurrence des vendredi 13 | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

Quelles sont les origines du vendredi 13 ?

Cette superstition parfois tournée en ridicule tire ses origines de la bible : selon l'ensemble de textes considérés comme sacrés par les croyants, le Christ a été crucifié le Vendredi Saint, après un dernier repas, la Cène, pris à 13 autour de la table avec ses apôtres... dont le traître Judas. Dans les mythologies gréco-romaines et nordiques, le chiffre 13 était aussi déjà mal vu, mais c'est bien la tradition catholique qui a associé le nombre 13 au vendredi saint, jour de la pénitence et du chemin de croix. Certaines légendes laissent même entendre en parallèle qu'Eve a croqué la pomme du jardin d'Eden un vendredi...

Que s'est-il passé le vendredi 13 ?

Il ne s'est donc rien passé de particulier le vendredi 13 par la passé. L'association qui relie le jour du vendredi, le chiffre 13 et le malheur puiserait sa source dans la bible. Selon le Nouveau Testament, au cours de la Cène (dernier repas du Christ), 13 participants siégeaient autour de la table : Jésus-Christ et ses 12 apôtres. L'Evangile de Matthieu cite toutes les personnes présentes : "Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote (ou le Cananite), et Judas l'Iscariote, celui qui livra Jésus". Judas est souvent présenté comme le 13e convive, celui qui a tout fait basculer. Judas le traître et le vendredi 13 sont donc indissociables. La peur du vendredi 13 repose également sur le fait que le Christ a été crucifié un vendredi, qui deviendra le "Vendredi saint" lors de la semaine de Pâques.

la cène.
La Cène. © Tableau de Duccio di Bueninsegna
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La punition de Loki. © Gravure du XIXe siècle

Y a-t-il une autre histoire du vendredi 13 ?

La crainte du vendredi 13 puiserait également son origine dans les mythes nordiques antiques. Comme avec l'épisode de la mort du Dieu Balder. Odin, dieu des guerriers, avait un jour, selon la légende, réuni onze de ses amis dieux pour un dîner, dans sa demeure de Valhalla. Loki, dieu de la guerre et du mal, vexé de ne pas être de la fête, décida de s'inviter malgré tout. Seulement, ce treizième invité surprise n'était pas le bienvenu. Le fils d'Odin, le beau Balder, dieu de l'amour et de la lumière, tenta de chasser l'intrus. Une bataille éclata entre les deux dieux qui se vouaient une haine depuis toujours. Loki, dieu jaloux et malveillant, lui décocha une flèche empoisonnée en plein coeur, abattant Balder le "bien aimé". Depuis cette légende, dans les pays scandinaves, le chiffre 13 est considéré comme maudit et être 13 à table porterait malheur.

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Freyja dans son char. ©  Tableau de Nils Blommér

Frigga ou la diabolisation des croyances païennes, est un autre élément précurseur de la crainte du vendredi 13. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l'amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot "friday", vendredi en anglais, viendrait d'ailleurs de cette célébration et signifierait "Freya's day". Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu'elle a été bannie au sommet d'une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter de mauvais sorts.

Le 13 est-il un destructeur d'harmonie ? Les Grecs et les Romains donnent eux-aussi à ce nombre une connotation négative dans les mythologies gréco-romaines du vendredi 13. Ces deux mythologies, qui comportent de grandes similitudes, associent toutes deux le chiffre 12 à la régularité et la perfection. Ainsi, il y a 12 dieux olympiens, 12 constellations, 12 signes du zodiaque, 12 heures du jour et de la nuit. Le nombre 13, qui implique d'ajouter une unité au 12 parfait, vient rompre ce cycle régulier et introduit le désordre. Détruisant l'harmonie, il est synonyme de malheur. Pour ce qui est du vendredi, il est associé aux événements malheureux puisque c'est ce jour-là, dans la Rome antique, que se déroulent généralement les exécutions des condamnés à mort. 

Le vendredi 13 porte-t-il vraiment malheur ? Une superstition bien ancrée

A l'approche du vendredi 13 janvier 2017, le site Lastminute.com s'était amusé à sonder les superstitions des Européens. Résultat : ils étaient 15 % à craindre ce jour particulier sur le Vieux continent. Soit presque autant que ceux qui redoutaient de "casser un miroir" (21 %), de "passer sous une échelle" (20 %) ou d'"ouvrir un parapluie à l'intérieur" (17 %). Et davantage que les peureux de la salière, puisque les Européens sont quand même 15 % à être superstitieux quant au fait de renverser du sel. Pour autant, les Français restent un peu moins superstitieux que la moyenne de l'Europe, établie à 55 % : 52 % d'entre nous accordons une importance aux superstitions, contre 60 % pour les Espagnols ou encore 58 % chez les Italiens...

Comment appelle-t-on ceux qui ont la phobie du vendredi 13 ?

Le vendredi 13 a généré sa propre phobie et elle porte un nom étonnant :  la paraskevidékatriaphobie, forme de triskaïdékaphobie ou peur irraisonnée du nombre 13. Certaines pratiques comme les mariages, les naissances ou la navigation sont évitées en Occident les 13 du mois. Dans de nombreuses villes, il n'y a pas d'habitations portant le n°13. Les grands immeubles, également, évitent de nommer le 13e étage (qui devient un 12 bis ou un 14 a) et certains hôtels n'ont pas de chambre 13 pour éviter d'y loger un client superstitieux.

Les vendredis 13, les paraskevidékatriaphobes ne vont pas travailler, ne partent pas en voyage, ne font pas leurs courses, bref, ne sortent pas de chez eux. Un économiste américain a d'ailleurs relevé l'impact économique des vendredis 13 : ces jours-là connaissent en effet une baisse importante de la consommation. Les pilotes de formule 1 en particulier ont peur du chiffre 13 depuis la mort de 2 pilotes portant ce numéro en 1926. Ce chiffre n'est jamais porté dans cette discipline sauf si le pilote en fait la demande. Stephen King a également fait l'aveu de cette phobie qui l'empêche de lire les pages 13 des livres.