Des millions de Français avaient l'habitude de fumer à ces endroits situés à l'extérieur, c'est désormais interdit
La saison du ski est ouverte depuis la mi-décembre, l'occasion de pouvoir profiter des pistes pendant les vacances. Cependant, dès cet hiver, il devient interdit pour les fumeurs de consommer des cigarettes à certains endroits en montagne. Un décret du 27 juin 2025 avait fixé l'interdiction de fumer sur les plages, dans les parcs, sous les abribus et à proximité des écoles. Il étend maintenant l'interdiction aux pistes de ski, considérées comme des équipements sportifs : les skieurs ne pourront plus fumer où ils le souhaitent en montagne, sous peine d'une amende de 135 euros et de 375 euros si récidive. Une nouvelle restriction mise en place pour des raisons de santé publique, mais aussi environnementales.
Il faut dire que chaque année, près de 60 000 mégots sont ramassés sous la neige, faisant de la cigarette la première source de déchets en montagne. L'association Mountain Riders estime qu'"un seul mégot peut polluer jusqu'à 500 litres d'eau", rapporte France Bleu. En 2024, lors de l'opération "zéro déchets", lancée par l'association, 58 000 mégots ont été ramassés en montagne. L'ambition désormais est de supprimer tous les déchets sauvages dans nos montagnes d'ici à 2030.
Du côté des skieurs, les réactions sont mitigées. "J'aime fumer ma petite cigarette de temps en temps dans un coin un peu isolé. Et ça me pose souci que, du coup, de ce point de vue là, on ne puisse pas fumer sur les pistes. Par contre, ne pas fumer sur les remontées mécaniques, je comprends tout à fait, il n'y a pas de problème", a témoigné un touriste à la station des 7 Laux en Isère, sur France Info.
Les non fumeur amateurs de pistes de ski sont plutôt satisfaits de cette mesure : "Les mégots restent après la fonte des neiges et donc, l'été aussi, ça peut causer des problèmes sur les plantes, la nature, les animaux", souligne un skieur auprès du média.
Les professionnels des domaines skiables, eux, redoutent la vigilance dont ils vont devoir faire preuve : "Ça va nous donner du travail, d'information, de recommandations. Au-delà de ça, on ne pourra pas être derrière chaque client, nous, et encore moins les verbaliser", explique Jean-François Genevray, directeur de la station des 7 Laux. Les vacanciers pourront toujours continuer de fumer aux terrasses des cafés et restaurants en montagne.
Une étude récente publiée sur Santé publique France rappelle que le tabac reste un fléau sanitaire qui fait 75 000 morts par an et coûte 156 milliards d'euros à la société. La réduction de la prévalence du tabagisme demeure une priorité majeure de santé publique, surtout chez les jeunes : 90% d'entre eux commencent à fumer avant 18 ans.