Une "planète infernale" dotée d'une atmosphère qui ne devrait pas exister a été découverte

Une "planète infernale" dotée d'une atmosphère qui ne devrait pas exister a été découverte Une planète "infernale", dont l'existence était jusque-là jugée impossible, a été découverte par l'observatoire spatial James Webb.

Le télescope spatial James Webb a franchi une étape historique dans l'étude de l'univers lointain. Pour la première fois, une atmosphère épaisse a été détectée autour d'une exoplanète rocheuse qualifiée d'"infernale", une découverte qui défie les modèles astronomiques actuels et bouleverse notre compréhension des mondes rocheux.

Alors que l'humanité tourne souvent ses regards vers Mars dans l'espoir d'y trouver un futur refuge, les découvertes du télescope nous rappellent la diversité extrême des mondes extrasolaires. À environ 41 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Cancer, gravite 55 Cancri e. Cette Super-Terre, environ deux fois plus grande que la nôtre, est si proche de son étoile qu'elle en fait le tour en seulement 18 heures. En raison de cette proximité extrême, la planète subit des forces de marée colossales, la condamnant à une rotation synchrone. Cela signifie qu'une face est perpétuellement exposée à un brasier stellaire, tandis que l'autre est plongée dans une nuit éternelle.

C'est ici que l'instrument infrarouge du James Webb a révélé une anomalie passionnante, comme l'indique la NASA. En théorie, une planète rocheuse dépourvue d'atmosphère située si près de son étoile devrait afficher une température de surface d'environ 2 700°C. Or, les relevés ont enregistré une température bien inférieure, aux alentours de 1 800°C. Ce déficit de chaleur est une signature cruciale pour les chercheurs. Cela suggère que la chaleur n'est pas emprisonnée sur la face éclairée, mais qu'elle est redistribuée vers la face cachée ou absorbée par une enveloppe gazeuse.

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La véritable surprise réside dans l'existence même de cette atmosphère. Normalement, un astre aussi proche de son étoile devrait avoir vu son atmosphère balayée par les radiations et les vents stellaires depuis des millions d'années. Les scientifiques pensent désormais que cette atmosphère est secondaire. Elle serait constamment régénérée par l'immense océan de magma qui recouvre la surface de la planète. Les gaz dissous dans la roche en fusion s'échapperaient pour former une couche riche en monoxyde ou dioxyde de carbone, créant un bouclier gazeux instable mais persistant.

Contrairement à notre planète tellurique, 55 Cancri e possède une surface composée de magma liquide là où nous avons une croûte solide et des océans d'eau. Son atmosphère volcanique, composée de gaz toxiques, n'a rien de commun avec le mélange d'azote et d'oxygène qui nous permet de respirer.

Comme le souligne Renyu Hu, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, il s'agit probablement de l'atmosphère la plus robuste jamais identifiée autour d'une exoplanète rocheuse. Cette révélation ne signifie pas que nous pourrons un jour coloniser ce monde, mais elle prouve que nous sommes désormais capables de sonder la composition chimique d'astres situés à des trillions de kilomètres. Cela ouvre la voie à la détection d'atmosphères sur des planètes plus tempérées qui pourraient, elles, abriter la vie.

Johana Teske, scientifique au Carnegie Science Earth and Planets Laboratory résume dans un communiqué de la NASA que cette découvert pourrait apporter de nouvelles pistes quant à la compréhension des planètes : "Ce qui est vraiment passionnant, c'est que ce nouvel ensemble de données soulève encore plus de questions qu'il n'apporte de réponses".