Pourquoi offrir des roses à la Saint Valentin est une grosse erreur : il vaut mieux choisir ces fleurs
Les amoureux et amoureuses du monde entier s'apprêtent à célébrer la Saint Valentin. Bien qu'elle soit devenue au fil du temps une fête purement commerciale, cette journée reste une occasion spéciale pour gâter sa moitié, que ce soit avec une carte faite maison ou un présent déniché en boutique.
Les fleuristes, bijoutiers et chocolatiers se préparent alors à l'un de leurs plus gros rendez-vous de l'année. Parmi les cadeaux les plus offerts, la rose rouge trône en reine absolue. Dans le langage des fleurs, elle évoque la passion amoureuse et l'amour ardent empreint de sensualité, ce qui semble correspondre parfaitement à l'esprit de la fête. Pourtant, ces fleurs ne devraient même pas être offertes en plein mois de février.
En France, nos rosiers ne fleurissent naturellement qu'en été. Pour répondre à la demande de cette fête, la plupart des roses viennent du Kenya, d'Éthiopie, d'Équateur ou de Colombie, avant de transiter par les Pays-Bas, centre mondial du commerce des fleurs. Le bilan carbone de ce voyage est très lourd car, selon l'UFC-Que Choisir, un bouquet de 15 fleurs importées émet 36kg d'équivalent CO2. Même si ces pays bénéficient d'une météo idéale, la production y est intensive et extrêmement énergivore. Les fleurs sont éclairées en permanence et cultivées avec énormément d'eau et d'engrais. On utilise aussi des pesticides souvent interdits chez nous, car ils sont moins chers et facilement disponibles, malgré leur impact désastreux sur la santé et l'environnement.
Les pays producteurs subissent de plein fouet ces méthodes de culture. Selon Bruno Schiffers, ingénieur agronome interrogé par BFMTV.com, les pesticides rejetés dans l'eau tuent la biodiversité, comme les hippopotames ou les flamants roses, et "ça affecte également les populations locales pour avoir des roses impeccables en Europe". Ces substances voyagent ensuite jusqu'à nos vases : une étude de 2019 a même montré la présence de 70 résidus de pesticides sur les fleurs coupées. Le danger est réel puisque, en juin 2025, la justice a reconnu un lien entre la mort d'une jeune enfant et le métier de fleuriste de sa mère, exposée à ces produits durant sa grossesse.
De son côté, la Fédération Française des Artisans Fleuristes (F.F.A.F.) dénonce le "rose bashing" de la Saint Valentin. "Il serait bon d'arrêter de maltraiter les fleurs et les fleuristes, en distillant une vision bien trop manichéenne à chaque Saint-Valentin, qui ne reflète que très partiellement la réalité". S'il est vrai qu'il reste en France une dizaine de producteurs de roses selon Hélène Taquet, présidente du Collectif de la fleur française, "on ne peut pas subvenir à la demande, encore moins à la Saint-Valentin, avec la production française" d'après elle.
Pour prouver son amour, il vaut donc mieux se tourner vers des variétés qui symbolisent l'amour tout en s'épanouissant naturellement en hiver. L'anémone, par exemple, fleurit dès le mois de février et évoque l'amour intense, la persévérance, l'affection et la confiance. On peut également choisir le camélia, qui symbolise avec élégance l'amitié et l'harmonie, offrant ainsi une alternative à la traditionnelle rose rouge.
