"Ils se sentent intouchables" : ces magasins qui s'arrangent avec la loi, selon 30 Millions d'Amis
Alors qu'elle est entrée en vigueur il y a deux ans, une loi concernant le bien être de nos compagnons à quatre pattes ne serait absolument pas respectée. Pire, les animaleries qui la contournent ne seraient jamais sanctionnés. Dans une enquête réalisée en caméra cachée puis publiée en mars 2025 et réitérée début 2026, la Fondation 30 Millions d'Amis tire la sonnette d'alarme et nous a alerté.
Dans ces deux enquêtes consécutives, la fondation révèle que l'article L214-6-3 du Code rural et de la pêche maritime stipulant que "la vente d'animaux de compagnies en magasin est interdite pour les établissements exerçant une activité d'animalerie", n'est pas respecté par tous les points de vente. De nombreux et chiens sont donc toujours vendus dans une dizaine d'animaleries françaises. Pire, certains de ces animaux sont vendus via des plateformes sur internet, sans aucune rencontre préalable entre l'animal et ses futurs propriétaires.
Si cette pratique est toujours courante alors que l'interdiction votée en 2021 est entrée en vigueur en 2024, c'est pour une raison très simple : aucune sanction n'est actuellement prévue pour les points de vente qui n'appliquent pas la loi. Ni amende, ni fermeture, seuls des rappels à la loi sont possibles. "Sans sanction, rien ne pousse réellement à respecter l'interdiction. Les animaleries continuent donc leur activité sans être inquiétées. Elles se sentent intouchables", regrette Lorène Jacquet, responsable campagnes et Plaidoyer de la Fondation, interrogée par Linternaute.com.
"Les pouvoirs publics affichent pourtant une politique engagée sur le sujet des animaux de compagnie chaque été", rappelle tout de même Lorène Jacquet. En effet, le Ministère de l'agriculture s'est engagé à mettre une sanction en vigueur en été 2025, "mais aujourd'hui, toujours rien", regrette la Fondation. Un arrêté du 2 juillet 2025 a même temporairement autorisé la poursuite des ventes en ligne de chiens et chats, allant ainsi à l'encontre de la loi en vigueur et reconnaissant que les stuctures organisant la vente de ces animaux existaient encore.
A l'image de 30 Millions d'Amis, plusieurs associations ont déploré le manque de sanction envers les animaleries qui ne respectent pas la loi. Infiltrée au Salon du chiot organisé à Angers en 2025, l'association Futur a par exemple dénoncé des "pratiques illégales". "Au-delà des stands et des sourires, le commerce du chiot reste avant tout lucratif. L'objectif principal est de vendre rapidement pour générer du profit", soulève l'association.
Selon un baromètre réalisé par l'Ifop pour 30 Millions d'Amis, 77% des Français demandent l'interdiction de la vente de tous les animaux en animalerie. La Fondation rappelle l'importance de l'adoption dans des associations spécialisées et à but non lucratif. Elle rappelle également l'importance d'une rencontre préalable entre l'animal et les membres du foyer adoptant, "pour réduire les risques de problèmes administratifs, de santé ou d'éducation".
