Des centaines d'objets précieux datant de plus de 3000 ans découverts, ils ont été faits par un peuple mystérieux

Des centaines d'objets précieux datant de plus de 3000 ans découverts, ils ont été faits par un peuple mystérieux Sur une colline de l'ouest de la Hongrie, des archéologues ont mis au jour des objets vieux de plus de 3 000 ans. Une découverte exceptionnelle.

Une découverte rare qui éclaire un tournant majeur de l'histoire européenne. Sur les hauteurs de la colline de Somló, ancien volcan de l'ouest de la Hongrie aujourd'hui recouvert de verdure, des archéologues du Musée national hongrois et de l'université de Pannonie ont mis au jour six dépôts métallique comprenant des objets anciens. À l'intérieur, près de 900 artefacts, enterrés il y a plus de 3 000 ans par un peuple encore mystérieux, apportent un nouvel éclairage sur une période mal connue de l'histoire européenne : le passage de l'âge du bronze à celui du fer.

Parmi les objets exhumés : bijoux, armes, décorations, perles d'ambre, restes de tissu et de cuir, et des défenses de sanglier et de porc domestique. Ces objets, datant de l'âge du bronze tardif (1450 à 800 av. J.-C.) et de l'âge du fer ancien (800 à 450 av. J.-C.), ont été décrites dans la revue Antiquity, le 27 mars 2025.

L'état de conservation des objets, jugé exceptionnelle, est expliqué car certains étaient soigneusement rangés dans des pots en céramique enfouis sous terre. Grâce à la tomographie aux rayons X, utilisés à l'université de Pannonie, ils ont pu en étudier le contenu. Le dépôt appelé "Hoard V", datant de la fin de l'âge de Bronze, est l'un des plus révélateurs, d'après Science et Vie. Déterrée intacte, cette boite contenait à la fois des objets métalliques (disques décoratifs, fragments d'armes et bijoux) mais aussi des matériaux organiques : perles d'ambre, fragments de textile, morceaux de cuir, ainsi que des défenses de sanglier et des restes de porc domestique.

© László György

Une combinaison inhabituelle qui, selon les chercheurs, ne doit rien au hasard. Il s'agirait plutôt d'un dépôt effectué en raison d'un rituel structuré. Pour l'archéologue Bence Soós, c'est la première preuve concrète de ce genre de pratiques dans la région de Transdanubie occidentale, à cette période charnière. Ces dépôts ne seraient donc pas de simples cachettes ou réserves de fortune, mais des gestes rituels organisée, probablement réalisés par un groupe social bien identifié. La présence d'objets liés à la guerre (pointes de lance, décorations militaires) renforce l'idée d'une élite guerrière.

Au-delà de leur richesse, ces découvertes viennent aussi remettre en question certaines idées sur la fin de l'âge du bronze et le début de l'âge du fer, un moment encore mal connu en Europe centrale. Grâce à des analyses au radiocarbone effectuées sur des ossements retrouvés dans le dépôt Hoard I, les chercheurs ont pu affiner la chronologie de cette époque. Et ces résultats sont clairs : ils contredisent l'idée longtemps répandue selon laquelle les habitants auraient déserté les lieux à la fin de l'âge du bronze.

Au contraire, les analyses montrent que le site de Somló a été occupé de manière continue pendant plusieurs siècles. Cette continuité est aussi visible dans la disposition organisée des dépôts, les traces de construction retrouvées sur place, et le niveau de complexité des objets métalliques. Bien qu'aucun atelier n'ait encore été découvert, les chercheurs estiment qu'une grande partie de ces objets ont été fabriqués sur place. La diversité et la quantité retrouvées suggèrent un contrôle structuré des ressources, typique d'un centre régional de pouvoir.

Une hypothèse que partage Bence Soós. le nombre impressionnant d'objets et leur agencement montrent que la colline de Somló ne servait pas qu'à l'habitation mais jouait aussi un rôle important. Elle aurait aussi été un lieu stratégique pour des rassemblements rituels, économiques et politiques. Un centre de gravité pour des groupes tribaux organisés, probablement dirigés par une élite militaire.