La Lune s'éloigne de la Terre, il y a bien des conséquences pour nous
Le satellite naturel de notre planète s'est formé il y a environ 4,5 milliards d'années à l'issue d'une collision cataclysmique entre la Terre primitive et un corps céleste de la taille de Mars. Cette collision, projetant d'énormes quantités de matière dans l'espace, a donné naissance à la Lune à une distance bien moindre qu'aujourd'hui. Dominant le ciel nocturne, sa proximité extrême générait alors des forces gravitationnelles considérables, influençant drastiquement la rotation terrestre et créant des marées d'une amplitude inimaginable.
Aujourd'hui, on sait à présent que chaque année, la Lune s'éloigne de 3,8 centimètres de la Terre. Cette migration se fait donc petit à petit et elle a des conséquences sur notre quotidien. En effet, l'éloignement du satellite naturel de la planète Terre remodèle peu à peu les phénomènes océaniques.
On le sait depuis plus d'un siècle : l'attraction gravitationnelle de la Lune déforme les océans, créant deux grandes vagues opposées qui suivent notre satellite dans sa course. Néanmoins, la rotation plus rapide de la Terre génère un décalage : ces masses d'eau devancent légèrement la position lunaire provoquant un effet de traction qui accélère la Lune sur son orbite. Ainsi, en gagnant de l'élan elle s'élève progressivement vers une orbite plus large, s'éloignant inexorablement de la Terre. Parallèlement, ce transfert d'énergie ralentit la rotation terrestre, de manière infime, mais allongeant progressivement nos journées.

Ce phénomène a été confirmé par des sources multiples et convergentes, comme le rappelle Futura Sciences. Parmi elles la Nasa qui utilise les réflecteurs installés par les missions Apollo pour mesurer précisément la distance Terre-Lune. C'est ainsi que la distance d'éloignement annuel de la Lune a été déterminé. Pour cela, les scientifiques ont dirigé des faisceaux laser vers ces dispositifs et ont calculé le temps de retour, trouvant, avec une précision millimétrique, le résultat de 3,8 centimètres. Autre source plus étonnante, des paléontologues qui ont trouvé des preuves fascinantes grâce aux fossiles marins.
Dans une étude publié en 2020 dans Paleoceanography and Paleoclimatology, les paléontologues ont analysé les stries de croissance dans les coquilles fossilisées de mollusques du Crétacé. Résultat ? Ces marques révèlent le rythme journalier de croissance des organismes anciens. Ainsi, en examinant des coquilles du bivalve Torreites sanchezi, datant d'environ 70 millions d'années, les scientifiques ont trouvé que l'année comptait 372 jours. Une découverte qui confirme que les journées terrestres duraient seulement 23 heures et demie à l'époque des dinosaures, soit 30 minutes de moins qu'aujourd'hui.
Cette évolution se poursuit de manière constante depuis des milliards d'années provoquant aussi le ralentissement de la rotation terrestre. Ainsi, cette dérive gravitationnelle conduirait théoriquement vers un verrouillage gravitationnel complet. La Terre tournerait aussi lentement que la Lune orbite et les marées dynamiques cesseraient alors d'exister, remplacées par des nappes d'eau quasi stagnantes. Cependant, ce scénario ne se réalisera jamais dû à l'intensification du rayonnement solaire qui provoquera bien avant l'évaporation des océans.
En attendant, des changements observables affecteront notre système comme les éclipses solaires totales qui seront de plus en plus rares et moins complètes. La Lune qui sera de plus en plus petite dans le ciel modifiera aussi l'intensité des phénomènes de marée.