Nouvelle découverte sur les "cochons de l'enfer" et leur façon brutale de se nourrir

Nouvelle découverte sur les "cochons de l'enfer" et leur façon brutale de se nourrir Les "cochons de l'enfer" sont une espèce très mystérieuse. Des recherches récentes permettent d'en savoir plus sur ces animaux étonnants.

Vous ne les connaissez peut-être pas : surnommés les "cochons de l'enfer", ces créatures préhistoriques fascinent pourtant les scientifiques. Derrière cette appellation assez terrifiante se cache en effet une réalité biologique complexe, qui active certains mythes et s'appuie sur des découvertes paléontologiques récentes qui redéfinissent notre compréhension de ces anciens colosses.

Bien qu'on les appelle communément "cochons de l'enfer" (ou Entélodontes), ces animaux n'étaient pas vraiment des porcs au sens strict du terme. S'ils appartiennent bien au groupe des suiformes, les recherches phylogénétiques modernes indiquent que leur apparence et leur lignée les rapprochent davantage des hippopotames et des baleines que de nos porcs domestiques actuels.

Découverts dans les années 1880, ces animaux ont longtemps représenté un défi pour les scientifiques. Leur anatomie atypique et leur capacité d'adaptation à des environnements extrêmes et arides en ont fait des sujets d'étude mystérieux, dont le mode de vie et le régime alimentaire n'ont été décryptés que très progressivement. Fin 2025, lors du congrès annuel de la Society of Vertebrate Paleontology, Brynn Wooten, doctorante à l'Université Vanderbilt (Tennessee), a présenté des résultats inédits sur l'espèce. Ses recherches portent spécifiquement sur l'Archaeotherium, un genre ayant parcouru l'Amérique du Nord il y a environ 37 à 23 millions d'années.

Selon les données repérées par Livescience, l'Archaeotherium était une bête imposante. Si certains membres de la famille des Entélodontes, comme le Daeodon, pouvaient atteindre près de 1 000 kg, l'Archaeotherium se distinguait déjà par une carrure robuste comparable à celle d'un bison. Sa morphologie, dotée de membres puissants et d'une mâchoire massive, était parfaitement optimisée pour la chasse, la défense et, surtout, la consommation de matières organiques extrêmement dures.

Illustration artistique générée par IA © Linternaute

Pour comprendre comment ces "cochons" se nourrissaient, Brynn Wooten et la biologiste Larisa DeSantis ont analysé l'usure dentaire de spécimens retrouvés dans plusieurs États américains, notamment le Nebraska, le Dakota du Sud, l'Oregon et le Colorado. L'analyse des micro-usures dentaires a révélé un fait étonnant : les Archaeotheriums ne se contentaient pas de mâcher des végétaux. Ils écrasaient et broyaient littéralement leurs proies. Il est fascinant de constater que les individus les plus imposants étaient capables de broyer des os, tandis que les plus jeunes ou les espèces plus petites ne possédaient pas encore cette capacité, a expliqué Larisa DeSantis à Live Science.

L'étude démontre également que ces animaux pratiquaient régulièrement le charognage. Grâce à leur gabarit imposant et leur allure terrifiante, ils utilisaient l'intimidation pour chasser d'autres prédateurs de leurs proies fraîchement tuées. L'Archaeotherium n'était donc pas seulement un chasseur, mais un opportuniste de haut niveau, capable de briser les os laissés par les autres pour en extraire la moelle, un comportement que l'on retrouve aujourd'hui chez les hyènes. Ces nouvelles découvertes permettent de lever le voile sur l'un des prédateurs les plus singuliers de l'ère Cénozoïque, confirmant que le surnom de "cochon de l'enfer" n'était pas usurpé.