Greta Thunberg à l'Assemblée : l'activiste pas tendre avec les députés

Greta Thunberg à l'Assemblée : l'activiste pas tendre avec les députés GRETA THUNBERG - Dans son intervention face aux députés français, Greta Thunberg s'est montrée incisive. "Le pire, c'est de faire semblant d'agir", a-t-elle par exemple regretté, alors que les critiques sur sa venue n'ont pas manqué.

Greta Thunberg à l'Assemblée : l'essentiel

  • Greta Thunberg s'est adressée aux députés qui voulaient bien l'entendre, ce mardi midi, à l'Assemblée nationale. Dans la salle Victor-Hugo, située au sous-sol de l'hémicycle, l'activiste écologiste suédoise n'a pas manqué d'interpeller les élus. "J'ai entendu beaucoup d'entre vous nous remercier de vous donner de l'espoir pour le futur. Plutôt que de louer ce que nous faisons, essayez, vous, de faire quelque chose", a-t-elle lancé à l'adresse des députés, assurant que "le pire, c’est de faire semblant d’agir". Plus généralement, l'adolescente a de nouveau alerté sur les risques encourus par le réchauffement climatique si les dirigeants et les décideurs mondiaux ne changent pas de cap, selon elle.
  • La venue de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale ne s'est pas faite sans critiques. Majoritairement venues de la droite et de l'extrême-droite, dont certains élus avaient décidé de boycotter son intervention, les attaques ont été nombreuses. "Gourou apocalyptique" pour Guillaume Larrivée (LR), "prophétesse en culottes courtes" pour Julien Aubert (LR), "escroquerie intellectuelle" pour Sébastien Chenu (RN)... La jeune suédoise de 16 ans en a pris pour son grade.
  • Greta Thunberg a assisté à la séance des questions au gouvernement, lors de laquelle a été discuté et voté le CETA, le traité polémique entre le Canada et l'Union européenne, dont les conséquences sont jugées néfastes pour l'environnement par certains militants écologistes.

Les infos en direct

18:00 - Retour sur le parcours de Greta Thunberg

FIN DU DIRECT - Qui est Greta Thunberg, devenue à 16 ans une égérie de la lutte contre le dérèglement climatique ? Elle a commencé à attirer l'attention des médias internationaux en août 2018, lorsqu'elle lance un mouvement de grève scolaire et étudiante pour le climat. Le mouvement est suivi chaque semaine par de plus en plus de jeunes à travers différents pays et donne lieu à une importante manifestation dans plusieurs grandes villes le 15 mars 2019. Son mouvement, son jeune âge et ses convictions ont fait de Greta Thunberg une personnalité très médiatisée. Elle a depuis été invitée à de nombreux événements internationaux : elle a par exemple pris la parole à la COP24, le sommet des Nations Unies sur les changements climatiques, au forum économique mondial de Davos, au Parlement européen et au Parlement britannique.

17:40 - Greta Thunberg n'était pas la seule invitée à l'Assemblée

Dans le débat de la salle Victor-Hugo de l'Assemblée nationale, Greta Thunberg n'était pas la seule invitée face aux députés. Le collectif transpartisan "Agissons" avait également convié trois jeunes membres de l’association Youth for Climate (Jeunesse pour le climat) : Ivy-Fleur Boileau, de Virgile Mouquet et d'Alicia Arquetoux. Ils ont également assisté à la session des questions au gouvernement depuis une tribune de l'hémicycle.

17:20 - Greta Thunberg a refusé d'exprimer toute opinion politique

Interrogée par la presse après son discours à l'Assemblée nationale, Greta Thunberg a refusé d'exprimer une quelconque opinion politique. Elle a notamment refusé de s'exprimer sur le Ceta, l'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE dont certaines dispositions inquiétaient les écologistes. "Je n'ai aucune opinion par rapport à ce vote, je suis venue parce que l'on m'a invitée tout simplement", a-t-elle expliqué. Elle a néanmoins conclu son intervention en dénonçant l'inaction de certains politiques : "le plus gros danger c’est lorsque les entreprises, les politiques, font semblant d’agir alors que rien n’est fait, sauf de belles campagnes de communication".

17:05 - Quelles sont les critiques que l'on fait à Greta Thunberg ?

Plusieurs critiques reviennent à l'encontre de Greta Thunberg. On reproche tantôt à l'activiste d'être sous l'influence de lobbys verts, "spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme" selon les propos d'Isabelle Attard ; tantôt de tenir des "speechs apocalyptiques" pour le magazine Causeur. On lui accuse également d'être trop jeune ou de prendre la place de "véritables" experts du climat, propos auxquels elle répond volontiers : "Si tout le monde écoutait les scientifiques et entendait les faits que j'évoque constamment, personne n'aurait à m'écouter ou à écouter les centaines de milliers d'autres écoliers en grève pour le climat dans le monde. On pourrait tous retourner à l'école" avait-elle expliqué dans un message Facebook.

16:46 - Greta Thunberg n'est pas la première invitée "insolite" de l'Assemblée nationale

La présence de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale a été le sujet de nombreuses remarques polémiques. Néanmoins, il faut rappeler qu'il ne s'agit pas du premier invité "insolite" de l'Assemblée nationale. En février, c'est Cyril Hanouna qui était brièvement apparu lors d'un débat sur les familles monoparentales. Plus tôt, en 2016, Pamela Anderson avait été invitée par les Verts pour défendre la cause des canards de gavage.

16:34 - Mathilde Panot : "Entre CETA et Greta il faut choisir"

La députée LFI, Mathilde Panot, a fait référence à Greta Thunberg lors d'une question au gouvernement à l'Assemblée nationale. Alors que la militante assistait à cette séance, Mathilde Panot l'a invoquée pour s'opposer à l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne."Je salue la présence de Greta Thunberg aujourd'hui à l'Assemblée nationale. [...] Entre le CETA et Greta il faut choisir alors chers collègues choisissez maintenant, les générations futurs vous regardent, et si vous votez pour le CETA, l'histoire vous jugera" a-t-elle déclaré. Elle s'est vu répondre que Greta Thunberg a affirmé ne pas avoir d'opinion sur cet accord, et que le gouvernement disait "Oui au Greta, oui au CETA".

16:14 - Les avis sur Greta Thunberg en Suède, son pays d'origine

Greta Thunberg est originaire de Suède, où elle a lancé son mouvement de grève scolaire pour le climat. Dans ce pays, elle est globalement soutenue par l'opinion populaire. "Vue l’ampleur du mouvement, il y a évidemment une sorte de fierté nationale.Tous les pays sur cette planète n'ont pas réussi à produire une icône planétaire qui fait la une de Time Magazine, rencontre le Pape et des présidents, tout en ne déviant pas d’un iota de sa trajectoire initiale" explique une journaliste du média local Expressen, malgré une réticence initiale "une sorte de gêne parmi les adultes parce que Greta Thunberg les met mal à l’aise en disant qu’ils n’ont pas fait assez, que les politiques ne sont pas à la hauteur face aux défis climatiques". Certains élus de droite ou populistes demeurent malgré tout sceptique.

15:52 - Greta Thunberg aux députés : "Unissez vous derrière les scientifiques"

En concluant son discours à l'Assemblée nationale, Greta Thunberg s'est à nouveau adressé à ses détracteurs : "Certaines personnes ont choisi de ne pas venir à cette réunion aujourd'hui, certaines personnes ont choisi de ne pas nous écouter. Ce n'est pas grave, après tous nous ne sommes jamais que des enfants, vous n'avez pas le devoir de nous écouter. Par contre, vous avez le devoir d'écouter les scientifiques, et c'est tout ce que nous vous demandons. Unissez-vous derrière les scientifiques" a-t-elle déclaré. Une remarque qui s'adressait à ceux qui ont boycotté son intervention, ainsi qu'à ceux qui critiquaient sa venue en demandant pourquoi des scientifiques reconnus n'étaient pas plutôt invité.

15:37 - Dans son discours à l'Assemblée, Greta Thunberg s'appuie les chiffres du GIEC

Lors de son discours à l'Assemblée nationale, Greta Thunberg s'est appuyé sur des faits scientifiques et des chiffres issus du rapport du GIEC. Souvent accusée de faire appel à la peur dans ses interventions, elle a ici repris les conclusions du GIEC sur le budget carbone. Selon ce rapport, il ne reste 420 gigatonnes de CO2 à rejeter "pour avoir 67% de chances de rester sous un réchauffement global de 1,5°C d’ici la fin du siècle", alors que le monde rejette environ 42 gigatonnes de ce gaz à effet de serre par an. "J’aimerais demander [aux critiques] s'ils ont un budget carbone différent pour avoir une chance de rester sous 1,5°C. Est-ce qu’il existe un autre GIEC ? Un accord de Paris secret que nous ne connaissons pas ? Ce sont les chiffres fondés sur la science qui comptent" a-t-elle lancé.

15:20 - Ce n'est pas la première fois que Greta Thunberg s'exprime devant une assemblée

L'invitation de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale a suscité de vives polémiques. Mais ce n'est pas la première fois que la jeune activiste s'exprimait devant une institution de cette ampleur. Le 16 avril 2019, elle a pris la parole devant le Parlement européen, mais avant cela, elle s'est également exprimée lors du forum économique mondial de Davos, et lors de la COP24, la conférence des Nations Unies sur le climat.

14:57 - Greta Thunberg à l'Assemblée, "tout sauf un coup médiatique"

Le député Matthieu Orphelin, ex-LREM, est à l'initiative de la venue de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale ce mardi 23 juillet. Après le débat de ce midi avec certains élus et l'activiste suédoise, il s'est défendu sur l'invitation envoyée à Greta Thunberg lors des questions au gouvernement. "C'est tout sauf un coup simplement médiatique. La venue de Greta Thunberg permet que le climat soit à la Une, on a effectivement besoin que ce soit un sujet fondamental", s'est-il défendu.

14:40 - "Peut-être n’êtes-vous pas suffisamment mûrs pour accepter ce rapport ?"

Dans un anglais parfait, Greta Thunberg n'a pas manqué d'interpeller les députés présents dans la salle Victor-Hugo de l'Assemblée nationale. A ceux qui contestent les chiffres du rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), l'activiste suédoise a répondu : "Le 'budget carbone' qui nous reste sera complètement épuisé d’ici huit ans et demi. Ces chiffres sont incontestables. Peut-être n’êtes-vous pas suffisamment mûrs pour accepter ce rapport ?", a-t-elle lancé.

14:22 - Selon Greta Thunberg, les députés ont "le devoir d'écouter les scientifiques"

Dans sa réponse à la polémique créée par quelques députés, qui étaient contre sa venue, Greta Thunberg en a profité pour leur adresser un conseil. Selon la militante suédoise, "certaines personnes ont choisi de ne pas nous écouter". "Ce n'est pas grave, après tout nous ne sommes que des enfants", a-t-elle poursuivi. Et d'ajouter : "Par contre, vous avez le devoir d'écouter les scientifiques".

14:17 - Qu'est-ce que le CETA, voté aujourd'hui à l'Assemblée ?

Hasard du calendrier, cette journée de mardi est décidément placée sous le signe du climat à l'Assemblée nationale. Après son discours dans la salle Victor-Hugo, Greta Thunberg va assister, à partir de 15 heures, aux traditionnelles questions au gouvernement. Il sera question du CETA, cet accord économique entre le Canada et l'UE, qui fait polémique justement à cause des dangers potentiels qu'il fait courir sur l'environnement.

14:12 - Greta Thunberg : "Essayez, vous, de faire quelque chose"

Les trente minutes de discours de Greta Thunberg ne se sont pas faites sans quelques piques à l'adresse des députés français. L'activiste suédoise, âgée de 16 ans, s'est même permise de donner un petit conseil assez tranchant aux élus. "J'ai entendu beaucoup d'entre vous nous remercier de vous donner de l'espoir pour le futur. Plutôt que de louer ce que nous faisons, essayez, vous, de faire quelque chose", a-t-elle lancé.

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Qui est Greta Thunberg ?

Devenue une égérie de la lutte contre le changement climatique, Greta Thunberg est une militante écologiste suédoise. Elle a commencé à attirer l'attention des médias en août 2018, lorsqu'elle lance un mouvement de grève scolaire et de grève étudiante pour le climat. Le mouvement est reconduit hebdomadairement et est suivi par de plus en plus de jeunes à travers différents pays. Il donne lieu à une importante manifestation dans plusieurs grandes villes le 15 mars dernier. Son mouvement, son âge et ses convictions ont fait de Greta Thunberg une personnalité très médiatisée. Elle a depuis été invitée à de nombreux événements internationaux. En décembre 2018, elle a par exemple pris la parole à la COP24, le sommet des Nations Unies sur les changements climatiques. En janvier 2019, elle s'est rendue au forum économique mondial de Davos et en avril, elle est intervenue au Parlement européen puis au Parlement britannique.

Greta Thunberg à l'Assemblée nationale ?

Malgré la polémique contre sa venue (voir plus bas), Greta Thunberg s'est bien rendue à l'Assemblée nationale ce mardi 23 juillet. Après avoir été reçue par le vice-président de l'Assemblée nationale, elle a participé à un débat dans la salle Victor Hugo. La militante écologiste suédoise a prononcé un discours de trente minutes, lors duquel elle a enjoint les députés présents à "faire quelque chose". "Le pire, c'est de faire semblant d'agir", a-t-elle regretté. Greta Thunberg assiste ensuite à la séance des questions au gouvernement, où il est question du CETA. Cette invitation de Greta Thunberg est l'œuvre d'un collectif de parlementaires nommé "Pour le climat, accélérons", lancé par Matthieu Orphelin, ex-député LREM. Le collectif transpartisan est composé de 162 députés, de Génération.s aux Républicains. "J'ai reçu de nombreuses invitations pour m'exprimer devant des Parlements" et "j'ai dû décliner beaucoup", mais "cette fois, cela semblait être un bon timing pour la France", a précisé Greta Thunberg avant sa venue. Et malgré les protestations, ce n'est pas la première fois qu'une personnalité vient à l'Assemblée pour parler d'écologie. En 2016, pour défendre la cause des canards de gavage, les Verts avaient fait appel à... Pamela Anderson.

Greta Thunberg face aux critiques

Avant même la venue de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale, les voix de personnalités politiques françaises, dont plusieurs députés, se sont élevées pour protester, certains avaient même appelé au boycott. A l'image de Guillaume Larrivé, candidat à la présidence des Républicains, qui a estimé que "pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n'avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique [et] de courage politique". Sur Twitter, le député LR Julien Aubert lui avait emboîté le pas en postant un message hostile à Greta Thunberg : "Je respecte la liberté de penser… mais ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes". L'élu est même allé jusqu'à qualifier l'adolescente de "Prix Nobel de la peur", l'associant au "greenbusiness".

Des critiques à laquelle la jeune militante suédoise a répondu dans une vidéo publiée par Konbini : "Ils ont plus peur de moi et des manifestations de jeunes que du vrai problème". Mais les critiques ne se sont pas limitées aux Républicains. Sébastien Chenu, député Rassemblement national du Nord, a demandé avec ironie : "Si je dis que je ne veux pas aller me prosterner devant Greta Thunberg, cette enfant de 16 ans invitée à l'Assemblée devant la représentation nationale, je sors (encore ?) du politiquement correct ?". Dans le parti de la majorité, La République en marche, certains ont exprimé leurs doutes. "Pourrait-on mettre autant à l'honneur les scientifiques, les personnes qui agissent depuis des années pour la planète. Utiliser le manichéisme du Bien contre le Mal est bien trop simple pour agir dans un monde complexe" avait écrit Bénédicte Peyrol, député LREM de l'Allier. Même la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa a déclaré avoir "une petite réserve" sur le mode d'action de Greta Thunberg, expliquant sur RMC qu'elle "plaide pour le droit des petites filles d'aller à l'école" et que par conséquent, elle estime "à titre personnel" que ce n'est pas "un bon modèle pour les enfants de dire qu'on peut se déscolariser pour se consacrer à une cause même si elle est importante".

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