Mort de Loïk Le Floch-Pringent : de quoi est décédé l'ancien patron de Elf plusieurs fois condamné ?
Ancien patron de grandes sociétés françaises condamné dans plusieurs affaires judiciaires, notamment dans l'affaire Elf, Loïk Le Floch-Pringent est mort dans la nuit du 15 au 16 juillet 2025 à l'hôpital Cognac-Jay, à Paris selon les informations du Télégramme. Le décès a été confirmé par sa femme auprès de l'AFP. L'ancien PDG a décédé à 81 ans des suites d'une "longue maladie", selon le journal breton.
Cet ancien patron a successivement dirigé certaines des plus grandes entreprises du pays, dont Rhône-Poulenc (1982-1986), Elf Aquitaine (1989-1993), GDF (1993-1995) et la SNCF (1995-1996). Une carrière marquée par plusieurs affaires judiciaires et plusieurs condamnations, notamment l'affaire Elf considérée comme une des plus grosses affaires de corruption politico-financière en France.
Natif de Brest et ayant grandi à Guingamp, Loïk Le Floch-Pringent avait fait des études à l'École nationale supérieure d'hydraulique et de mécanique de Grenoble avant d'étudier à l'école de journalisme de l'université du Missouri-Columbia. C'est à la tête de plusieurs fleuron de l'industrie française qu'il avait fait carrière en gravissant les échelons jusqu'au plus hautes fonctions. Une place qui lui avait permis de se faire une place dans les cercles politiques des années 80 et 90.
Condamné à quatre reprises
Loïk Le Floch-Pringent avait été condamné à trois reprises dans l'affaire Elf, notamment pour abus de bien sociaux. Ecroué en juillet 1996 à six mois de prison préventive, il avait été libéré contre une caution de 500 000 francs. Il avait ensuite écopé d'une peine de 5 ans de prison ferme et de 375 000 euros d'amende lors du procès en 2003. Il n'avait pas fait appel de la décision et avait été libéré l'année suivante pour des raisons de santé. Lors du dernier volet de l'affaire, en 2007, Loïk Le Floch-Pringent avait été condamné à 15 mois de prison avec sursis.
Dans cette affaire, celui qui dirigeait Elf a été jugé coupable d'avoir participé à un vaste système de corruption ayant permis de détourner 305 millions d'euros via la société pétrolière au début des années 1990 pour financer l'entreprise Bidermann, mais aussi pour l'enrichissement des principaux cadres d'Elf et pour la rémunération de dirigeants français. L'affaire Elf est aussi associée à un système d'emplois fictifs mis en place en Suisse au début des années 1990 dont avait bénéficié plusieurs proches d'hommes politiques français comme François Mitterrand, Charles Pasqua.
Loïk Le Floch-Pringent avait également été condamné pour détournement de fonds dans l'affaire Dumas, impliquant une nouvelle fois la société Elf dans le financement d'élus et la corruption de dirigeants africains dans le début des années 1990. Il avait alors été condamné à 30 mois de prison ferme et à 352 898 euros d'amende.