Le test du faux client tourne mal à la caisse, l'employé d'un magasin discount licencié
Licencié après avoir passé un test, cet employé de longue date est dépité. Son employeur lui reproche de ne pas avoir empêché un vol.
Un employé d'un magasin discount licencié après avoir échoué à un "test piège". Cette histoire, qui semble invraisemblable, s'est produite à Sienne, en Italie, dans un centre commercial Pam Panorama. Fin octobre, Fabio Giomi, employé depuis 2012, a été confronté à de faux clients - engagés par la direction - venus pour le "tester". Ces derniers ont dissimulé des articles dans des packs de bière, avant de passer en caisse. Une pratique utilisée par de nombreux voleurs et que la direction souhaite limiter avec l'aide des caissiers.
Ces derniers sont désormais invités à détecter ces comportements et à réagir en conséquence. Et quand ce n'est pas le cas, cela est considéré comme un manquement. "Ils m'ont accusé de ne pas avoir trouvé les articles volés au moment de payer", a raconté au quotidien italien La Nazione l'ex-employé, confronté pour la seconde fois à ce drôle de test. Et ce deuxième essai raté lui a coûté cher : "J'ai été licencié sur-le-champ. Je suis rentré chez moi le 27 octobre", explique Fabio Giomi. "Cet incident a provoqué de l'anxiété, de la frustration et de l'inquiétude au sein de ma famille", a-t-il confié.

Suite à cet incident, le syndicat italien CGIL a déclenché un mouvement de grève. "Les caissiers ne sont pas des policiers, ils sont en colère ! Ils sont prêts à se mobiliser pour le faire entendre dans tous les magasins", a déclaré Massimiliano Fabozzi, secrétaire de Filcams Cgil à Sienne.
Et le syndicaliste de dénoncer les méthodes de Pam : "C'est un acte unilatéral, l'entreprise décide quand et à qui envoyer un 'client invisible'". Le cas de Fabio Giomi n'est pas isolé selon le secrétaire de CGIL : "Il y a une stratégie plus vaste derrière tout cela, qui s'est manifestée également à Florence et à Rome [...]. A Poggibonsi, par exemple, un jeune de 22 ans a reçu le même type de réprimande", explique-t-il. "On distribue beaucoup d'avertissements disciplinaires pour des raisons fallacieuses : des manquements de quelques euros, des broutilles, en somme. Si un client cache un article et que le caissier ne s'en aperçoit pas, il ne peut être accusé de complicité ni licencié pour faute grave : il y a un problème !", dénonce-t-il.
Le 27 novembre, Pam a publié un communiqué, montrant que le groupe restait droit dans ses bottes : "À la lumière de l’attention médiatique récente portée aux contrôles internes, Pam Panorama réaffirme avec force non seulement la pleine légitimité, mais aussi la nécessité absolue de tels contrôles, qui sont essentiels pour garantir l’intégrité opérationnelle, la sécurité et la prévention des vols , conformément aux pratiques du secteur", peut-on lire.
Radio Siena rapporte que la délégation syndicale de CGIL est tout de même parvenue à se faire entendre auprès de certaines personnalités politiques et des autorités : elle sera reçue le 9 décembre par le préfet de Sienne, désireux de "mieux comprendre la situation".