Au coeur de l'Himalaya, la Chine construit une "bombe à eau" dans le plus grand secret : elle inquiète tous ses voisins

Au coeur de l'Himalaya, la Chine construit une "bombe à eau" dans le plus grand secret : elle inquiète tous ses voisins La Chine a lancé la construction d'un complexe hydraulique titanesque sur les contreforts de l'Himalaya.

La capacité d'ingénierie de la Chine est régulièrement mise sous les projecteurs. En janvier 2025, le pays célébrait l'inauguration du pont Hongqi, "Drapeau Rouge", une infrastructure stratégique surplombant la rivière Zumuku. Long de 758 mètres, cet ouvrage devait symboliser la jonction inébranlable entre la Chine continentale et le plateau tibétain. Cependant, ce qui devait démontrer le génie chinois a tourné au désastre le 11 novembre 2025, à peine quelques mois après sa mise en service. Un glissement de terrain massif dans cette zone montagneuse instable a provoqué la chute d'un pilier crucial, emportant avec lui la chaussée dans un nuage de poussière noire. Cet incident a relancé le débat sur la viabilité des constructions massives dans une région à la géologie aussi tourmentée que l'Himalaya.

Malgré ce revers, Pékin ne ralentit pas sa course à la puissance. Le 19 juillet 2025, le Premier ministre Li Qiang a officiellement donné le coup d'envoi du chantier de ce qui deviendra le plus grand barrage de l'histoire de l'humanité. Situé dans la région reculée de Médog, au Tibet, ce projet prévoit d'exploiter la force du fleuve Yarlung Tsangpo, qui devient le Brahmapoutre une fois qu'il pénètre en Inde. Ce complexe hydroélectrique est conçu pour éclipser le barrage des Trois Gorges, situé sur le Yangtsé, qui détient actuellement le record mondial.

Avec un budget dépassant les 155 milliards de dollars, l'infrastructure prévoit une cascade de cinq centrales ultra-puissantes avec une capacité de production énergétique estimée à près de trois fois celle des Trois Gorges, pour un horizon de mise en service opérationnelle d'ici dix ans. Début 2026, ce projet avance, mais les contours de sa progression et de son expansion restent "entourés de secret", comme le précise CNN.

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Si Pékin présente ce projet comme un pilier de sa transition vers l'énergie verte et sa sortie de la dépendance au charbon, pour l'Inde et le Bangladesh, il constitue une source d'inquiétudes. Le fleuve Yarlung Tsangpo est une artère vitale pour l'agriculture et la pêche en aval.

Pour le dirigeant de l'Etat indien de l'Arunachal Pradesh, Pema Khandu, "le barrage pourrait être une menace pour les populations environnantes et être utilisée comme une bombe à eau par la Chine". Et d'ajouter auprès de l'agence indienne de presse Truth of Indua : "On ne peut pas faire confiance à la Chine". Cette expression de "bombe à eau" n'est pas anodine : elle fait référence à la capacité de Pékin de retenir des masses d'eau colossales lors des sécheresses ou, inversement, de libérer des flux dévastateurs en cas d'accident, menaçant ainsi des millions de vies en aval.

La Chine justifie cette construction comme un moyen de sortir de sa dépendance au charbon et à d'apparaitre comme un champion de l'énergie verte. Selon les experts, ce nouveau barrage hydroélectrique est décrit comme le plus sophistiqué, le plus novateur et constitue un exploit d'ingénierie. Cependant, le manque de transparence de Pékin et l'absence de traités de partage des eaux entre la Chine et ses voisins maintiennent la région sous une tension diplomatique permanente.