On en voyait partout dans les années 90, cet objet emblématique de nos rues va-t-il disparaître ?

On en voyait partout dans les années 90, cet objet emblématique de nos rues va-t-il disparaître ? Les nouvelles technologies ont réduit drastiquement le nombre d'horodateurs dans nos villes. Au point de ne plus pouvoir payer en "physique" dans quelques années ?

Il y a des objets que l'on croit irremplaçables, voués à faire partie du décor pour toujours. Et pourtant, à l'image des cabines téléphoniques, elles disparaissent petit à petit pour devenir des pièces rares, voire totalement hors du temps pour les nouvelles générations. Allez dire aux plus jeunes, biberonnés aux Smartphones, qu'il fallait autrefois entrer dans une cabine posée sur le trottoir pour pouvoir passer un coup de fil lorsque l'on ne se trouvait pas chez soi. Tout aussi emblématique, un autre objet s'efface de notre paysage urbain.

Apparus en France en 1972, les horodateurs sont en train de perdre du terrain. Bien utiles pour permettre aux automobilistes de payer leur stationnement, en choisissant la durée souhaitée en échange d'un ticket, ces machines s'effacent sont retirées peu à peu, remplacées par des technologies plus modernes. Aujourd'hui, les applications mobiles, parmi lesquelles PayByPhone, Flowbird ou EasyPark, ont plus de succès auprès des conducteurs, séduits par leur côté pratique, comme la possibilité de prolonger la durée de stationnement à distance en quelques clics.

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La disparition des horodateurs est flagrante dans les grandes villes. A Paris, en quinze ans, leur nombre est passé de 12 000 à 3 700 ! La politique anti-voitures de la capitale a aussi joué un rôle dans cette diminution drastique des bornes puisque certaines rues autrefois très passantes sont devenues entièrement piétonnes. Peut-on alors s'attendre à ce que les horodateurs deviennent des pièces de musée comme les cabines téléphoniques ? Probablement pas. En tout cas pas maintenant.

Aujourd'hui, les horodateurs restent indispensables pour une partie de la population qui n'a pas accès aux solutions numériques ou qui ne maîtrise pas ces technologies. Les personnes âgées, les usagers occasionnels ou tout simplement ceux qui ne possèdent pas de Smartphone dépendent encore de ces bornes physiques pour régler leur stationnement.

La législation française impose d'ailleurs de proposer plusieurs moyens de paiement pour le stationnement dans la rue, ce qui garantit le maintien de solutions alternatives – donc des horodateurs - aux nouvelles technologies en vogue. L'avenir du stationnement urbain sera probablement mixte, combinant les bornes physiques, certes de moins en moins nombreuses, et les applications mobiles pour répondre aux besoins de tous les usagers. Mais pour ceux qui n'aiment pas trop les paiements dématérialisés, ils vont devoir s'habituer à parcourir de plus longues distances avant de tomber sur un horodateur...