Les voleurs ont déjà trouvé la faille : ils exploitent ce nouveau système de balise obligatoire
Conçues pour signaler une panne sur la route et obtenir de l'aide, ces balises donnent de précieuses indications aux voleurs et arnaqueurs.
Un simple changement de réglementation peut parfois mener à des situations inattendues, bien loin de l'effet voulu par les autorités. Les fraudeurs et voleurs ont plus d'un tour dans leur sac et notre histoire du jour montre surtout qu'ils savent s'adapter très rapidement pour transformer un objet de sécurité routière en dispositif d'arnaque bien rôdé.
Les autorités n'avaient ainsi sans doute pas imaginé que cette règle imposée sur les routes serait si vite détournée et exploitée par les délinquants. Tout commence par un petit objet, devenu le préféré des arnaqueurs : une simple balise que tous les automobilistes espagnols doivent posséder.
Cette balise lumineuse, visible jusqu'à un kilomètre même en cas de mauvais temps, doit être posée directement sur le toit de la voiture en cas de panne. Elle remplace le triangle de signalisation tel qu'on le connaît en France. Les passagers n'ont ainsi plus besoin de sortir lorsque leur véhicule se retrouve immobilisé sur le bord de la route, un vrai plus pour leur sécurité. De l'autre côté des Pyrénées, cette sorte de gyrophare doit, depuis le début de l'année, être à disposition dans le véhicule et activé obligatoirement par les automobilistes lâchés par leur mécanique ou en proie à un problème.
Une fois activée, cette balise connectée appelée V16 envoie automatiquement la position du véhicule aux services de secours, ce qui permet de déclencher plus rapidement l'opération de dépannage. Malheureusement, ce dispositif, qui coûte environ 50 euros, a rapidement été utilisé et détourné par certains malfaiteurs.
Les autorités espagnoles ont visiblement sous-estimé leur imagination en permettant à tout le monde d'avoir accès à une carte en ligne qui recense toutes les pannes pour lesquelles un voyant de détresse V16 a été activé. Les arnaqueurs se servent tout simplement de cette carte publique pour choisir une victime en détresse sur la route, en Espagne ou dans les îles Canaries et Baléares, et ensuite lui extorquer ses biens ou, pire encore, lui voler sa voiture.
Leur mode opératoire est très simple : dès qu'un nouveau signal apparaît sur la carte en ligne, les délinquants se dirigent le plus rapidement possible sur les lieux de la panne avec une dépanneuse pour devancer le vrai service d'assistance. Une fois sur place, les escrocs se font passer pour des dépanneurs professionnels, embarquent le véhicule et promettent au conducteur d'effectuer les réparations nécessaires dans un garage à proximité. De nombreux automobilistes se font berner et ne revoient plus jamais leur voiture
La Guardia Civil a confirmé que plusieurs véhicules ont déjà été volés de la sorte depuis le début de l'année, notamment aux Canaries. La police espagnole demande à la Direction Générale du Trafic (DGT) - l'équivalent de notre Sécurité Routière - de prendre rapidement des mesures afin d'éviter que le nouveau dispositif du signal lumineux V16 ne soit pas utilisé à des fins criminelles.
En attendant de trouver une solution, la DGT appelle les automobilistes à la plus grande vigilance. Elle leur recommande notamment d'appeler leur assistance dès l'arrivée des dépanneurs afin de vérifier auprès d'elle leur identité.