"Dégueulasse", "écœurant"... Ce film dégommé par la critique il y a 27 ans est devenu culte pour des millions de spectateurs
Avec l'augmentation des prix des places, l'expertise de la critique cinéma peut aider à nous convaincre à voir un film en salles ou non. Mais si la presse donne un avis, c'est le public qui joue sur le succès d'un long-métrage en fonction de ses attentes, de sa propre curiosité, ou des tendances du moment. C'est pourquoi il n'est pas rare qu'un long-métrage dégommé par la critique soit un succès au box-office (à tort ou à raison).
Il y a 27 ans, un thriller avait profondément choqué la presse. Les médias n'étaient pas tendres avec ce long-métrage très violent et mal aimable de David Fincher (Seven, Gone Girl, Zodiac). Il sera qualifié de "film dégueulasse" par Les Cahiers du cinéma, de "déroutant, étouffant, oppressant, révulsant, déstabilisant, parfois même écœurant" par Le Parisien, qui jugera qu'on a "toutes les chances d'en sortir intellectuellement diminué", quand le Guardian ainsi que Roger Ebert, LA référence de la critique américaine et ancien prix Pulitzer, va qualifier le film de "fasciste", en assurant que "quel que soit le message que Fincher souhaite transmettre, la plupart des spectateurs ne le percevront pas".
Et pourtant, malgré ces premiers avis peu ragoutants, Fight Club est devenu une référence du cinéma américain, au point qu'il a infusé la pop culture. Film anti-consumériste et dénonçant la violence masculine, il s'agit d'abord d'une oeuvre violente, marquant par son atmosphère poisseuse, ses répliques cyniques et son twist final mémorable. Tout le monde connaît d'ailleurs cette réplique culte prononcée par Brad Pitt à Edward Norton : "La première règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club. La deuxième règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club".
Concrètement, Fight Club raconte l'histoire d'un homme sans identité (Edward Norton) qui se plaint de sa misère sociale, humaine et sexuelle. Sa rencontre avec le charismatique anarchiste-gourou Tyler Durden (Brad Pitt) le pousse à devenir membre du Fight Club, un club de combat très brutal, où il va y retrouver un sentiment de virilité.
Malgré son casting, Fight Club n'est pas un gros succès au box-office. Il trouve toutefois une seconde vie grâce au visionnage en DVD. Vingt ans après sa sortie, il devient l'un des DVDs les plus vendus de la 20th Century Fox, notait Le Figaro en 2019. Il figure également à la 13e position des meilleurs films de tous les temps selon les notes de l'Internet Movie Database (IMDB), devant L'Empire contre-attaque, Matrix ou encore Les affranchis. Un classique du cinéma, sans l'ombre d'un doute, même si c'est peut-être l'un des films les moins consensuels de la liste. Vous pouvez le (re)voir en streaming sur Disney+.