"Le problème n'est pas votre discipline" : des chercheurs ont trouvé pourquoi il est si dur de résister à un dessert... même quand on n'a pas faim
Un dessert au restaurant, une odeur de cookie qui sort de la boulangerie, des gâteaux dans le placard de sa cuisine… Face à l'omniprésence des aliments sucrés, nous sommes tous tentés, au moins de temps en temps. Parfois, nous arrivons à y résister, mais pas toujours, malgré nos efforts. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n'est pas un signe de faiblesse ni un manque de volonté. Des chercheurs ont justement prouvé pourquoi nous avons du mal à dire non à une sucrerie, même sans avoir faim.
"Si vous avez du mal à éviter les grignotages tard le soir ou si vous ne pouvez pas refuser une gourmandise même lorsque vous êtes rassasié, le problème n'est peut-être pas votre discipline - mais le câblage naturel de votre cerveau", a affirmé le Dr Thomas Sambrook, chercheur principal de l'étude publiée début mars 2026 dans la revue Appetite. Avec son équipe, le Dr Sambrook a en effet mené des électroencéphalogrammes (EEG) auprès de 76 volontaires pendant qu'ils participaient à une expérience sur l'alimentation.
Tout en ayant l'activité de leur cerveau analysée, les participants ont d'abord mangé des aliments tentants comme du chocolat ou des chips jusqu'à ce qu'ils soient rassasiés et n'aient donc plus envie de l'aliment. "Pourtant, leur cerveau racontait une autre histoire. L'activité électrique dans les zones associées à la récompense continuait de réagir tout aussi fortement aux images de l'aliment désormais indésirable, même lorsque les participants étaient totalement repus", expliquent les chercheurs britanniques.
Face à des aliments "plaisir", le cerveau envoie ainsi des signaux qui surpassent "les mécanismes naturels de régulation de l'appétit", a précisé le Dr Sambrook. Ainsi, même si les participants de l'étude avaient le ventre plein, "leur cerveau, lui, ne semblait pas en tenir compte. Le cerveau refuse tout simplement de réduire la valeur de récompense d'un aliment, peu importe votre niveau de satiété. Le cerveau continue d'envoyer des signaux "récompense !" dès que l'aliment apparaît", a-t-il continué.
Cette étude apporte donc des preuves concrètes que le grignotage et la surconsommation d'aliments n'est pas un manque de volonté, mais le résultat de signaux cérébraux puissants. Cela ne signifie pas non plus qu'il est impossible d'y résister : il est possible de moins associer les aliments sucrés à la récompense, en évitant par exemple de manger du chocolat en réconfort, ce qui nourrit ce schéma. Pourquoi pas se tourner vers un fruit, ou une technique de relaxation à la place ? S'autoriser un aliment sucré occasionnellement n'est pas un problème en soi, mais des grignotages fréquents peuvent favoriser une prise de poids et ne sont généralement pas bénéfiques pour la santé.