Eurovision : la France a pris sa décision, un candidat annoncé pour l'édition 2026
L'Eurovision, le plus célèbre concours de chant européen, suscite déjà de vives polémiques, à 5 mois de sa 70e édition prévue en mai prochain, à Vienne, en Autriche. En cause : la participation d'Israël, autorisée par les organisateurs malgré les protestations de plusieurs participants. Le feuilleton a débuté en septembre, lorsque de nombreux pays européens ont demandé l'exclusion d'Israël en raison de la situation humanitaire dramatique à Gaza.
Les organisateurs de l'Eurovision tentaient déjà depuis plusieurs années de préserver tant bien que mal la neutralité du concours, en excluant certains pays lorsque le contexte l'imposait, comme la Russie après l'invasion de l'Ukraine en 2022 ou la Biélorussie après la réélection contestée de son président en 2021. Mais cette fois, le cas israélien déchire comme jamais le Vieux Continent.
Fin novembre, l'Union européenne de radio-télévision (UER) a finalement décidé lors d'un vote qu'il n'était pas nécessaire de se prononcer à nouveau sur la participation israélienne, à condition que le pays se conforme à de nouvelles règles. Ces mesures visent à limiter les soupçons d'irrégularités dans le vote du public après la polémique de l'édition 2025. La candidate israélienne Yuval Raphael était arrivée 2e grâce au vote massif des téléspectateurs, malgré les notes très basses des jurys professionnels. L'UER a donc réduit le nombre de votes possibles par personne et renforcé la transparence du processus.
Mais cela n'a pas suffi à apaiser les tensions. L'Espagne, l'un des plus gros contributeurs financiers du concours, a immédiatement confirmé son boycott de l'édition 2026, dénonçant la "domination d'intérêts géopolitiques" sur l'Eurovision. L'Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et plus récemment l'Islande lui ont emboîté le pas. D'anciens vainqueurs du concours, comme le Suisse Nemo, le Danois Emmelie de Forest, ou le Portugais Salvador Sobral, ont eux aussi exprimé leur mécontentement ou appelé leur pays au boycott. Nemo est même allé jusqu'à rendre son trophée obtenu en 2024 en signe de protestation.
Face à cette fronde inédite, plusieurs pays ont au contraire confirmé leur présence à Vienne en mai prochain. Au total, une trentaine devraient malgré tout être au rendez-vous selon le directeur du concours Martin Green. C'est le cas de l'Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et surtout de la France.
Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé qu'un candidat ou une candidate français(e) défendrait bien les couleurs tricolores lors de la grand-messe de la chanson européenne dans la capitale autrichienne en mai prochain. Il s'est félicité que "l'Eurovision n'ait pas cédé aux pressions" et que "la France ait contribué à empêcher un boycott d'Israël". Il a assuré que le pays ne s'engagerait "jamais dans la voie du boycott d'un peuple, de ses artistes ou de ses intellectuels". L'artiste devrait être sélectionné dans les prochaines semaines par France Télévisions, normalement en janvier.