Retraite : de combien ont augmenté vos pensions au 1er octobre ?

Retraite : de combien ont augmenté vos pensions au 1er octobre ? RETRAITES - Les pensions de retraite ont été revalorisées de 0,8% le dimanche 1er octobre, après des années de gels successifs. L'ordonnance modifiant le compte pénibilité entre également en vigueur à la même date. Explications.

[Mis à jour le 3 octobre 2017 à 11h13] Alors qu'ils étaient des milliers à descendre dans la rue pour protester contre la hausse de la CSG le jeudi 29 septembre, les retraités ont vu leurs pensions augmenter ce week-end. Bercy avait en effet annoncé une revalorisation de celles-ci au 1er octobre. Après plusieurs gels successifs, du fait d'une inflation quasi nulle, les pensions prennent donc 0,8% en 2017.

Jusqu'en 2016, les revalorisations étaient indexées sur les prévisions d'inflation à venir. Le nouveau mode de revalorisation, appliqué depuis le début 2017, indexe désormais les pensions sur l'évolution moyenne des prix à la consommation sur sur douze mois (hors tabac). C'est donc la première fois depuis 2013 que l'inflation réelle est prise en compte. A noter que dans le cas où l'inflation serait négative, le coefficient de revalorisation serait alors égal à un, évitant une diminution des pensions de retraite. La revalorisation d'octobre concernera les salariés du privé, le RSI des indépendants et la MSA des agriculteurs.

Autre nouveauté de ce début de mois d'octobre : le "compte professionnel de prévention" a définitivement remplacé le compte pénibilité. Modifié par ordonnance, le compte de prévention ne comporte désormais que 6 facteurs de risques, contre 10 avant la réforme. Cette modification du code du travail induit une modification des modalités de départ en retraite anticipée pour pénibilité du travail (lire plus bas). Pour l'année 2017, les entreprises ne devront donc déclarer l'exposition de leurs salariés à certains facteurs de risque que pour les trois premiers trimestres.

Le calcul des pensions de retraite revu par Macron

Aujourd'hui, les retraites du régime général des salariés sont calculées en fonction du salaire annuel moyen perçu par le salarié au cours de sa carrière, multiplié à un taux de pension qui dépend lui-même de l'âge du salarié et de sa durée d'assurance, c'est-à-dire du nombre de trimestres cotisés. Ce taux varie entre 37,5% et 50%. Emmanuel Macron souhaite réformer ce mode de calcul par annuité et passer à un système de retraites par points. Dans un régime à points, l'assuré cumule chaque année des points, qui sont transformés en pension lors du départ à la retraite, en fonction de la valeur du point à la date de départ à la retraite. La création d'un "compte notionnel" permettrait à chaque assuré de disposer d'un capital virtuel correspondant à la somme de ses cotisations. Ce capital virtuel serait transformé en pension lors du départ à la retraite, en appliquant un coefficient de conversion en fonction de l'âge et de l'espérance de vie générationnelle. Ce système, développé depuis le début des années 1990 en Suède, permettrait de mettre fin à la notion de retraite à taux plein.

Vers un régime universel des retraites sous Macron ? 

Autre point capital de la réforme souhaitée par Macron : l'établissement d'un système universel. Dans son programme, le président de la République annonçait vouloir créer "un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui l'a cotisé". Actuellement, le système de retraite comporte 35 régimes professionnels de base et 29 régimes complémentaires. De ce fait, si un travailleur a exercé plusieurs professions sous différents régimes ou s'il a changé de statut au cours de sa carrière, il a donc cotisé dans plusieurs caisses de retraite. Aussi, il se voit verser plusieurs pensions, pour chaque régime. Chaque Français cotise en moyenne pour 2,3 caisses de retraite différentes. Emmanuel Macron souhaite donc simplifier le système et appliquer le même mode de calcul pour tous. Salariés du secteur privé, fonctionnaires, travailleurs indépendants… Tout le monde serait logé à la même enseigne. Une telle mesure engendrerait une disparition progressive des régimes spéciaux, propres à certaines branches ou entreprises. Cependant, le programme d'Emmanuel Macron annonçait que les spécificités de certains régimes seraient conservées. Notamment les taux de cotisation ou les conditions d'âge de départ à la retraite, selon les caractéristiques des métiers.

L'âge légal de départ à la retraite

Depuis 2017, l'âge minimum pour partir à la retraite est de 62 ans. Cet âge ne devrait pas être modifié par la réforme de retraites. Emmanuel Macron indiquait dans son programme ne pas vouloir toucher à l'âge légal de départ durant son quinquennat. Toutefois, il est possible de partir plus tôt, sous certaines conditions. On parle alors de retraite anticipée (lire plus bas)

Le départ en retraite anticipé pour carrière longue

Dans son projet, Emmanuel Macron a également laissé entendre que les carrières longues continueraient d'être prises en compte. Pour rappel, il est possible de bénéficier d'une retraite anticipée pour carrière longue si on a commencé à travailler avant 20 ans et qu'on justifie d'une durée minimale d'assurance cotisée. Pour l'heure, on ne sait pas encore comment seraient prises en compte les carrières longues au sein de la réforme.

Le départ en retraite anticipé pour pénibilité

De la même façon, Emmanuel Macron annonçait dans son programme qu'il serait toujours possible de bénéficier d'un départ en retraite anticipé pour pénibilité du travail. Pour rappel, ce dispositif permet à certains travailleurs du secteur privé de cumuler des points sur un compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), lorsqu'ils exercent certains métiers dits "pénibles". Depuis le 1er juillet 2016, dix facteurs de risques étaient susceptibles d'ouvrir droit à une retraite pour pénibilité :

  • le travail en milieu hyperbare (où la pression est supérieure à la pression atmosphérique ; en sous-marin par exemple) ;
  • le travail de nuit ;
  • le travail en équipes successives alternantes ;
  • les travaux répétitifs ;
  • la manutention de charges lourdes ;
  • les positions pénibles ;
  • les vibrations mécaniques transmises aux mains, aux bras ou à l'ensemble du corps ;
  • l'exposition à des agents chimiques dangereux ;
  • le travail à des températures extrêmes ;
  • le bruit. 

L'exposition à l'un ou plusieurs de ces critères permettait donc au salarié de cumuler des points de pénibilité, qui pouvaient être utilisés pour financer de la formation professionnelle (le but étant de s'orienter vers un métier moins pénible), financer le passage à un temps partiel, ou partir jusqu'à deux ans plus tôt en retraite, tout en profitant d'une majoration de la durée de cotisation légale.

Depuis le 1er octobre, le compte pénibilité est remplacé par le "compte professionnel de prévention". Cette mesure, qui rentre dans le cadre des ordonnances visant à réformer le code du travail, modifie quatre des dix critères précédemment décrits. La manutention de charge lourde, les postures pénibles, l'exposition à des agents chimiques et les vibrations mécaniques n'ouvriront plus le droit à un départ anticipé à la retraite, sauf lorsque l'employé se verra reconnaître une maladie professionnelle ou une incapacité permanente excédant 10%. Ces quatre critères représenteraient 30% des expositions déclarées par les entreprises.

Pour l'année 2017, concernant ces quatre facteurs, les entreprises ne devront donc mesurer l'exposition de leurs salariés que pour les trois premiers trimestres. L'ordonnance, qui doit encore être promulguée, indique par ailleurs que pour les années 2015, 2016 et 2017, les dix critères sont bien pris en compte et le gouvernement a déclaré que les points acquis seraient conservés.

Retraites Macron : date d'entrée en vigueur de la réforme

Une telle réforme prendra du temps à entrer en vigueur. Si un vote parlementaire pourrait intervenir dès 2018, l'entrée en vigueur, elle, ne se ferait certainement pas avant le prochain quinquennat. Pendant la campagne, et au sein de son projet, Emmanuel Macron tablait sur une transition progressive étalée sur 10 ans.

VIDEO - Ce que Macron prévoyait pour les retraites dans son programme.

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