Sujet du bac de philo 2018 : tous les sujets (Bac L, ES, S, techno)

Sujet du bac de philo 2018 : tous les sujets (Bac L, ES, S, techno) SUJET BAC PHILOSOPHIE - Les élèves de terminale toutes filières confondues ont débuté ce baccalauréat 2018 par l'épreuve redoutée de philosophie. Découvrez les sujets filière par filière.

[Mis à jour le 19 juin à 17h55] Avec le désir, l'injustice ou encore l'art comme sujets, les élèves de terminale qui ont passé l'épreuve de philo du baccalauréat 2018 n'ont eu aucune surprise. Pour cette première épreuve du bac 2018, les candidats avaient le choix entre deux sujets de dissertation et une explication de texte suivant leur filière. Les candidats au bac 2018 des filières S, ES, L, et technologiques ont composé de 8 heures à 12 heures lors de cette fameuse et redoutée épreuve.

L'épreuve de philo a inaugurée le marathon d'une semaine d'examen pour les 750 000 lycéens candidats au baccalauréat 2018, mais celle-ci n'a pas la même importance d'une filière à une autre. En effet, le barème de notation et le coefficient sont différents selon la série. Si l'épreuve de philo est de coefficient 3 pour les séries S, celui-ci est de 4 pour la filière ES. Une épreuve de philo cruciale pour la filière L qui doit composer avec un coefficient de 7 pour cette épreuve. Les filières technologiques ont quant à elles un coefficient plus faible (coef 2), mais une durée d'épreuve similaire à celle des séries S, ES et L. De même que pour l'épreuve anticipée de français, la notation sera plus exigeante pour la filière L. 

Pour Jeanne Burgart, professeur de philosophie au cours Thalès, les sujets de philosophie du baccalauréat 2018 renvoient de manière directe aux notions acquises en cours et "sonnent un peu bateau". Une "facilité" des sujets expliquées par la volonté, selon elle, d'augmenter le nombre de pourcentage des admis au bac. Aucune surprise donc pour cette session 2018 du bac de philo. En attendant les résultats du baccalauréat 2018, vous pouvez consulter tous les sujets et les corrigés, dès à présent sur cette page. Retrouvez également les sujets et corrigés des épreuves du bac d'histoire-géo, de ce mardi 19 juin 2018. 

Sujet du bac philo L

Voici les deux sujets de philosophie pour la série L : "La culture nous rend-elle plus humain ?" et "Peut-on renoncer à la vérité ?". Un texte de Schopenhauer, extrait de "Le monde comme volonté et comme représentation" était également proposé : 

"Souvent nous ne savons pas ce que nous souhaitons ou ce que nous craignons. Nous pouvons caresser un souhait pendant des années entières, sans nous l’avouer, sans même en prendre clairement conscience ; c’est que l’intellect n’en doit rien savoir, c’est qu’une révélation nous semble dangereuse pour notre amour-propre, pour la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes ; mais quand ce souhait vient à se réaliser, notre propre joie nous apprend, non sans nous causer une certaine confusion, que nous appelions cet événement de tous nos vœux ; tel est le cas de la mort d’un proche parent dont nous héritons. Et quant à ce que nous craignons, nous ne le savons souvent pas, parce que nous n’avons pas le courage d’en prendre clairement conscience. Souvent même nous nous trompons entièrement sur le motif véritable de notre action ou de notre abstention, jusqu’à ce qu’un hasard nous dévoile le mystère. Nous apprenons alors que nous nous étions mépris sur le motif véritable, que nous n’osions pas nous l’avouer, parce qu’il ne répondait nullement à la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, nous nous abstenons d’une certaine action, pour des raisons purement morales à notre avis ; mais après coup nous apprenons que la peur seule nous retenait, puisque, une fois tout danger disparu, nous commettons cette action".

Sujet du bac philo ES

Voici les deux sujets de philo sur lesquels il fallait disserter : "Toute vérité est-elle définitive ?" et "Peut-on être insensible à l'art ?". Un texte d'Emile Durkheim était par ailleurs proposé à tous les candidats de la filière ES, un texte extrait de "Les formes élémentaires de la vie religieuses", daté de 1912 :

"Quand nous obéissons à une personne en raison de l'autorité morale que nous lui reconnaissons, nous suivons ses avis, non parce qu'ils nous semblent sages, mais parce qu'à l'idée que nous nous faisons de cette personne, une énergie psychique d'un certain genre est immanente1 , qui fait plier notre volonté et l'incline dans le sens indiqué. Le respect est l'émotion que nous éprouvons quand nous sentons cette pression intérieure et toute spirituelle se produire en nous. Ce qui nous détermine alors, ce ne sont pas les avantages ou les inconvénients de l'attitude qui nous est prescrite ou recommandée ; c'est la façon dont nous nous représentons celui qui nous la recommande ou qui nous la prescrit. Voilà pourquoi le commandement affecte généralement des formes brèves, tranchantes, qui ne laissent pas de place à l'hésitation ; c'est que, dans la mesure où il est lui-même et agit par ses seules forces, il exclut toute idée de délibération et de calcul ; il tient son efficacité de l'intensité de l'état mental dans lequel il est donné. C'est cette intensité qui constitue ce qu'on appelle l'ascendant moral. Or, les manières d'agir auxquelles la société est assez fortement attachée pour les imposer à ses membres se trouvent, par cela même, marquées du signe distinctif qui provoque le respect".

Sujet du bac philo S

Voici les deux sujets de bac de philo 2018 sur lesquels les candidats au bac S avaient la possibilité de disserter : "Le désir est-il la marque de notre imperfection ?" et "Eprouver l'injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?". Les terminales de la filière scientifique avaient par ailleurs un texte de Mill à expliquer, issu de l'essai "Système de logique" paru en 1843 :

"Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l'action des circonstances extérieures sur des masses d'êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l'activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes. Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d'une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l'astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l'histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d'années à venir. Mais la différence de certitude n'est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d'après des lois connues. Nous pouvons constater ce qu'elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu'elles seront à une époque quelconque d'un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition et la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent des lois, la multitude des causes est telle qu'elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l'impossibilité d'appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l'avance, lors même que les capacités de l'intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche".

Sujet du bac philo techno (STMG)

Toutes les séries au bac techno (sauf STHR) ont eu la possibilité de traiter les deux sujets de philo suivants : "L’expérience peut-elle être trompeuse ?" et "Peut-on maîtriser le développement technique ?". Un texte de Montesquieu, issu de son essai "De l'esprit des lois", était également proposé pour une explication : 

"Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut : mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un Etat, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent : et, si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient ce même pouvoir".

La série STHR avait un autre sujet de philo 2018. Deux choix pour la dissertation : "Qu’est-ce qui peut faire obstacle à mon bonheur ?" et "Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ?".

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