Les collégiens ne font pas toutes leurs heures de classe en France, les cours manquants sont importants

Les collégiens ne font pas toutes leurs heures de classe en France, les cours manquants sont importants De nombreux élèves font face chaque année à des heures de cours perdues. Un rapport a mis en perspective cette problématique importante dans les collèges publics.

Manque de professeurs, absences non remplacées... Les élèves font souvent face à des heures de cours annulées dans l'année. La Cour des comptes a publié un rapport sur le nombre d'heures d'enseignement qui n'ont pas été assurées sur l'année scolaire 2023-2024. Le total monte à 10,3 millions seulement dans les collèges publics. Cela représente 9% du temps prévu au total. Ce chiffre est en baisse par rapport à l'année 2022-2023 (11,2%), mais reste significatif. 

En plus du manque de professeurs et de remplaçants, la Cour des comptes évoque d'autres facteurs moins fréquents comme la fermeture d'établissement (1% des heures perdues pour cause d'examens) ou encore un risque sanitaire ou climatique.

Les absences des enseignants sont, pour leur part, liées à divers motifs. Certains sont personnels comme les "congés pour raison de santé" ou en lien avec leur profession comme une formation, un voyage scolaire, l'organisation d'examens... Ce sont particulièrement les absences pour raison de santé qui ont augmenté : +41,3% d'arrêt maladie entre l'année scolaire 2018-2019 et celle de 2023-2024. Il y a eu également davantage de passages en temps partiel pour "raison thérapeutique".

Qui sont les élèves qui perdent le plus d'heures de cours ? "Les zones urbaines tendues" et celles rurales "isolées" sont les plus concernées. Dans les collèges de l'éducation prioritaire, les heures d'enseignement non assurées montent à 11%. Les remplacements y sont difficiles, particulièrement pour certaines matières comme le français, les mathématiques, l'allemand et la technologie. Le recrutement est également de plus en plus compliqué.

"La question du temps perdu au collège préoccupe fortement et légitimement nos concitoyens, car elle est vectrice d'inégalités et met en question l'exercice du droit à l'éducation", a déclaré Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes. Heureusement, le temps d'enseignement perdu n'a qu'un impact léger sur les résultats des collégiens, à la différence de leur niveau scolaire à l'entrée en sixième ou de leur position sociale.

Le ministère de l'Education nationale tente de pallier ces manques. Il a valorisé le remplacement de courte durée avec une meilleure rémunération des professeurs volontaires. Les dépenses pour les remplacements ont donc plus que triplé en quelques années : 27,72 millions d'euros en 2018-2019 à 101,94 millions d'euros en 2024-2025. L'efficacité de ce dispositif reste limitée et les remplacements de longue durée sont de plus en plus problématiques.

La Cour des comptes a ainsi suggéré d'annualiser les heures de travail des enseignants du second degré à partir de la rentrée 2027. Il est aussi jugé nécessaire de limiter les absences liées à la profession. Elle propose, par ailleurs, de promouvoir la bivalence des professeurs au collège pour qu'ils puissent enseigner deux matières différentes. Elle estime enfin qu'il est primordial de renforcer la politique de prévention, en particulier face aux risques psycho-sociaux.