Ces créatures sans mâchoire ont décimé des populations de poissons, s'en nourrissant jusqu'à 18 kg chacune

Ces créatures sans mâchoire ont décimé des populations de poissons, s'en nourrissant jusqu'à 18 kg chacune Pas de mâchoire, mais de belles dents. Ces créatures ont fait des ravages dans les écosystèmes marins. Elles ont une technique d'attaque bien particulière.

Certaines espèces invasives peuvent être de véritables menaces pour les autres animaux. L'une d'entre elles est capable de dévorer l'équivalent de 18 kg de poissons. Cette espèce agit surtout dans la région des Grands Lacs entre le Canada et les Etats-Unis. Dans cette zone, elle est très menaçante car la faune n'a pas évolué avec de tels prédateurs. Cette espèce a longtemps été cantonnée à l'océan Atlantique. Une fois parvenue jusque dans les Grands lacs, elle a fait des ravages, n'ayant pas de prédateur. Une femelle peut, en plus, pondre 100 000 œufs, ce qui rend la propagation rapide. Elle menace alors l'écosystème, mais aussi les activités de pêche fréquentes dans la région, comme l'explique le Wall Street Journal.

Le pic d'invasion a eu lieu dans les années 1940. Après des décennies de recherche, un programme de contrôle avait fini par porter ses fruits, réduisant la population de 90%. Les chercheurs avaient identifié un produit capable de lutter contre ce ravageur au stade larvaire. Il est estimé par l'agence américaine de protection de l'environnement comme ne présentant pas de risque inacceptable pour la population ou l'environnement quand il est bien utilisé. L'espèce invasive est cependant de nouveau bien présente ces dernières années.

Il s'agit de la lamproie marine. Son corps est surprenant : il est allongé telle une anguille et peut aller jusqu'à 90 centimètres. Le plus remarquable est sa bouche circulaire remplie de rangées de dents. Elle a l'effet d'une ventouse et permet de se fixer à la peau des poissons. L'animal va ensuite utiliser ses dents pour râper les écailles et pénétrer la chair afin d'aspirer les fluides vitaux du poisson. Les proies se retrouvent affaiblies et peuvent en mourir. Ce mode de vie parasitaire lui vaut la qualification de "créature vampire". Elle s'en prend aux truites, esturgeons ou encore aux corégones.

"Nous sommes très heureux qu'elles ne soient pas mignonnes comme des lapins car il serait beaucoup plus difficile de convaincre les gens que nous devons en débarrasser les Grands Lacs. Elles ont incontestablement de quoi donner des cauchemars", a confié Greg McClinchey, directeur des affaires législatives et des politiques de la Commission des pêcheries des Grands Lacs, au Wall Street Journal, confirmant qu'une surveillance accrue de cette population continue.