Otages en Algérie : des conditions de détention déplorables selon des témoignages français
La chaîne de télévision France 24 est parvenue à recueillir le témoignage d'un Français détenu avec 41 autres Occidentaux et au moins une centaine d'Algériens sur un site gazier en Algérie depuis ce mercredi 16 janvier. Et ces derniers seraient en train de vivre un véritable enfer. L'otage, joint par téléphone cette nuit par la chaîne internationale, a déclaré que les ravisseurs ont contraint plusieurs otages à enfiler des ceintures d'explosifs. Ces otages seront utilisés selon lui comme bouclier humain en cas d'intervention de l'armée algérienne sur le site. L'immeuble dans lequel sont actuellement détenus les otages occidentaux (les Algériens étant retenus dans un autre lieu) serait en outre piégé. Hier, plusieurs titres de presse affirmaient en effet que les islamistes avaient "miné" le site pour empêcher toute tentative de libération par la force.
L'otage donne également des détails sur le déroulement de l'opération menée par les islamistes le 16 janvier. Ces derniers auraient "attaqué les deux sites en même temps", explique-t-il, différenciant l'usine gazière du lieu de vie des travailleurs, situés tous les deux en plein désert. Les ravisseurs sont "entrés à l'intérieur" au petit matin (vers 5 heures) et ont attendu que le jour se lève pour "rassembler tout le monde". Plusieurs centaines d'otages étaient déjà évoqués mercredi. Les islamistes auraient procédé à un tri pour différencier les Algériens des Occidentaux, ayant une plus grande valeur à leurs yeux. Une méthode décrite comme très simple par l'otage qui témoigne sur France 24 : il a été demandé à chaque otage de s'exprimer en arabe et de réciter un verset du Coran...
Ce jeudi matin, la Tribune de Genève a également obtenu le témoignage d'un "otage français de 52 ans". Ce dernier parle de conditions de détention déplorables et de blessés parmi les otages après une attaque d'une extrême violence hier. "Il y a parmi nous de nombreux blessés graves. Certains otages ont des explosifs à la ceinture", raconte-t-il dans les colonnes du quotidien helvétique. Et il ajoute : "J'ai vu un otage se faire tuer. Ils ont tiré à bout portant."
Ces deux témoignages, qui peuvent provenir de la même personne, confirment qu'il y a donc bien des Français parmi les 41 otages occidentaux détenus depuis mercredi matin dans le site gazier exploité par le britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach dans l'est de l'Algérie. Une information que les autorités françaises n'ont pas encore reprise à leur compte.
EN VIDEO - Le lundi 14 janvier, les jihadistes promettaient de "frapper le coeur de la France" en représaille à l'opération françase au Mali.