Un mur anti-drones pour protéger la France et l'Europe en préparation, une technologie révolutionnaire
Le 10 septembre, 19 drones très probablement russes sont entrés dans le ciel polonais, le 13 septembre se fut en Roumanie qu'un d'eux fit apparition. Plus récemment le 22 septembre, plusieurs drones ont survolé le Danemark et la Norvège. Ces intrusions aériennes alertent les dirigeants européens qui se disent désormais prêts à riposter en mobilisant de grands systèmes de sécurité.
Vendredi 26 septembre, l'Union européenne a annoncé vouloir construire un "mur anti drones" le long du flanc oriental de l'Union face à la menace de drones russes. En tout, se sont 10 Etats membres - Bulgarie, Danemark, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Finlande -, qui se sont accordé sur ce dispositif qualifié désormais de "priorité".
Ce mur qui s'étendra sur 2 500 km de frontières terrestres européenne avec la Russie, n'est pas une murailles en briques ou en pierres. Il s'agit en réalité d'un système de détection d'intrusions, qui déclenche une réponse automatique pour détruire les drones considérés comme une menace.
Comment ? Plusieurs options sont sur la table, comme les canons de brouillage, qui coupent les signaux de communication du drone visé. Un mécanisme de micro-ondes pour "griller" le système électronique de l'engin menaçant ou le déploiement de drones anti-drones sont évoqués par les spécialistes. Pour Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense, qui s'est exprimé devant l'AFP, ce dispositif constituera l'un des trois piliers d'une "surveillance du flanc oriental" avec un mur terrestre et un autre maritime, a ajouté le commissaire européen.
L'Union européenne va solliciter l'expertise de pays comme l'Ukraine, qui doit intercepter pratiquement chaque nuit des centaines de drones russes. La détection de ces engins est un véritable challenge : ils sont de plus en plus petits, rapides et nombreux. La technologie à mettre en place s'annonce comme une véritable révolution pour le vieux continent, qui dispose d'une armée encore très conventionnelle. Selon l'entreprise ukrainienne KVertus, les drones russes sont détectables dans un rayon de 30 km avant de pouvoir être neutralisé par des brouilleurs. L'Ukraine est en train de finaliser un système, "Atlas", pour neutraliser les drones russes sur une ligne de front de 1300 km composé de milliers de capteurs terrestres.
Ce projet devrait se concrétiser d'ici un an selon l'analyse d'experts. L'Union européenne devra dépenser quelques milliards d'euros pour ce mur selon les premières estimations. Un investissement qui sera financé par les 150 milliards d'euros débloqué par la Commissions européenne pour le réarmement du continent, ce qui constitue l'un des plus ambitieux plan en la matière jamais lancé par l'Union européenne.
