Un nouvel affichage imposé aux supermarchés pourrait tout changer pour les consommateurs, une petite bombe arrive
Après six mois de travaux, le rapport sénatorial sur "les marges des industriels et de la grande distribution" a été publié ce jeudi 21 mai. Dans un document synthétisant leur étude et analyses, la commission d'enquête détaille les "déséquilibres structurels dont souffrent la formation des prix et la construction des marges en France", indique la chambre haute du Parlement. Au total, 24 recommandations sont mises sur la table
Des enseignes comme Leclerc, Carrefour, Intermarché ou la Coopérative U sont notamment étudiées. Le rapport accuse tout d'abord ces distributeurs d'avoir recours à des "pratiques prédatrices" pour imposer leurs conditions tarifaires à leurs fournisseurs, y compris les agriculteurs français. La commission "a constaté que les distributeurs employaient volontiers des méthodes de négociation assises sur la menace, l'intimidation et la contrainte" pour mener à bien leur "guerre des prix de plus en plus intense".

À titre d'exemple et toujours selon l'étude du Sénat, les centrales d'achat "adressent à leurs fournisseurs, dès l'engagement des négociations commerciales, des menaces de diminution de commandes, voire de déréférencement, qui peuvent durer plusieurs mois et représenter entre 30% et 70% de l'assortiment d'un fournisseur", apprend-on. Mais ce n'est pas tout, les sénateurs ont prévu dans leur arsenal une petite bombe pour remettre au pas ces géants de la grande distribution.
La commission d'enquête préconise l'obligation de "rendre publique, chaque année, la comparaison entre l'évolution des prix de vente aux consommateurs et celle des tarifs négociés avec les fournisseurs". Mais aussi "accroître la transparence sur les marges de la grande distribution sur les produits bruts", avec une mesure forte : "instaurer un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes". Cette recommandation sénatoriale pourrait également valoir pour "les produits transformés labellisés (bio, AOP, Label rouge)", est-il précisé.
L'objectif ? Mettre la pression sur les distributeurs, rendre les pratiques transparentes pour les consommateurs pour faire évoluer les pratiques. Et cela pourrait avoir un impact considérable. Les sénateurs espèrent que les usages les plus discutables disparaissent, en terminer par exemple avec les marges faibles voire nulles sur des produits d'appel comme Nutella ou Coca-Cola, pour que ce choix de marges se fassent sur "des produits moins sensibles au prix ou moins comparables", plus sains ou produits en France, qui supportent aujourd'hui "des marges élevées".
Enfin, le rapport suggère que les enseignes mettent à disposition de la Répression des fraudes (DGCCRF) une comparaison des prix affichés en rayons avec les tarifs négociés avec les industriels pour voir qui capte réellement la valeur. En outre, les sénateurs déplorent des "conditions d'opacité complète et le plus souvent en contradiction directe avec la loi".