Voici à quoi ressemblera l'Homme dans 1 million d'années, un portrait effrayant
Si les visages de nos lointains ancêtres nous semblent aujourd'hui étrangers, imaginer l'apparence de l'humanité dans un million d'années relève presque de la science-fiction. Pourtant, l'évolution est un processus continu qui ne s'est jamais arrêté. Entre mutations génétiques naturelles et intégration technologique, l'Homme du futur sera très différent de celui d'aujourd'hui.
Notre civilisation n'a jamais cessé d'évoluer physiquement, et les ossements fossiles retrouvés par les chercheurs témoignent de métamorphoses profondes au fil des millénaires. Comme le rappelle le Musée de l'Homme, le genre Homo trouve son origine en Afrique de l'Est avec l'Homo habilis il y a environ 2,8 millions d'années. À cette époque, la Terre abritait diverses espèces humaines présentant des similitudes avec l'homme moderne. L'Homo sapiens, notre lignée directe, n'est quant à lui apparu qu'il y a environ 300 000 ou 400 000 ans. Cependant, cette trajectoire évolutive est loin d'avoir atteint son terme.
Physiquement, l'homme moderne est devenu plus corpulent et, dans certaines régions, plus grand. Pourtant, cette tendance pourrait s'inverser. Thomas Mailund, maître de conférences en bio-informatique à l'université Anglia Ruskin de Londres, suggère que nous pourrions évoluer vers une taille plus petite, comme il l'explique à la BBC. Sur une planète surpeuplée, un corps plus compact nécessiterait moins d'énergie pour fonctionner, ce qui constituerait un avantage adaptatif majeur.
L'évolution ne sera plus seulement biologique, mais technologique. Si nous utilisons actuellement des implants pour réparer un corps brisé, comme un stimulateur cardiaque ou une prothèse de hanche, le futur pourrait voir l'émergence d'implants destinés à l'amélioration humaine. Thomas Mailund évoque des dispositifs cérébraux pour nous aider à mémoriser plus facilement. Nous pourrions voir apparaître des yeux artificiels équipés de caméras capables de lire des fréquences de couleurs invisibles à l'œil nu. L'être humain deviendrait alors une espèce hybride, mêlant biologique et artificiel.
Cette transformation passera peut-être également par la génétique. La technologie permettant de modifier les gènes d'un embryon existe déjà, bien qu'elle soit controversée. À l'avenir, il pourrait être jugé contraire à l'éthique de ne pas corriger certains gènes pour contourner les maladies. Nous entrerions alors dans l'ère de la sélection artificielle, comparable à ce que nous avons fait avec les races de chiens, où l'apparence des bébés serait le fruit du choix des parents. Les débats éthiques seront sans doute très animés.
Sur le plan démographique, les tendances actuelles nous donnent des indices précieux sur notre futur proche. Le docteur Jason A. Hodgson souligne que la diversité génétique va s'accentuer dans les villes, véritables pôles d'immigration, tandis qu'elle diminuera dans les zones rurales plus isolées. "Prédire l'avenir à un million d'années relève de la pure spéculation, mais prédire l'avenir plus immédiat est certainement possible grâce à la bioinformatique, en combinant les connaissances actuelles sur la variation génétique avec les modèles de changement démographique à venir", explique ce chercheur à la BBC.
De plus, selon lui, la couleur de peau à l'échelle mondiale devrait s'assombrir. Les populations d'Afrique connaissent une expansion rapide alors que les populations à peau claire ont des taux de reproduction plus faibles. Dans quelques générations, la personne moyenne aura presque certainement un teint plus foncé qu'aujourd'hui. Enfin, l'aventure spatiale pourrait dessiner des silhouettes encore plus étranges. Si l'homme colonise Mars, la faible gravité pourrait modifier la structure de notre corps, nous dotant peut-être de membres plus longs et plus fins. À l'inverse, dans un climat de type âge de glace, l'humain pourrait devenir plus trapu et développer une pilosité isolante.