Des enseignants jugent le mot "récréation" inapproprié et veulent le remplacer par un autre
Les enfants l'attendent toujours avec impatience : c'est la récréation. Certains enseignants estiment, pour leur part, que ce moment mériterait d'être renommé.
En France, l'organisation des journées d'école est au cœur des débats. Le gouvernement s'interroge sur la nécessité de rendre les journées de cours plus courtes, en contrepartie de vacances raccourcies. Cela ne fait pas l'unanimité chez les enseignants et les professionnels de l'éducation. Et s'il fallait aussi se pencher sur les récréations ? En France, en moyenne, elles durent 15 minutes chacune, voire 30 en maternelle. Au nombre d'une par demi-journée, elles s'ajoutent au temps du midi d'au moins une heure et demie, voire deux heures. Cela représente donc une bonne partie du temps scolaire.
Dans une récente étude, 130 enseignants du primaire et du secondaire, issus de 25 pays différents, ont rempli un questionnaire en ligne sur la récréation. Ils ont, pour la plupart, défendu l'importance du temps passé hors de la classe. En plus de redonner de l'énergie aux élèves et de leur permettre de se dépenser, il peut favoriser l'apprentissage. La pause permettrait en effet de travailler ses compétences sociales, mais elle peut aussi être bénéfique pour la concentration et l'engagement en classe. "La force physique développée par le jeu favorise l'apprentissage scolaire, la capacité de concentration et contribue à la résilience", a avancé un enseignant néo-zélandais. Avec un bon encadrement, le moment de la pause permet aussi d'améliorer les relations des enseignants avec leurs élèves.

De nombreux enseignants interrogés ont d'ailleurs estimé dans la même enquête que le nom "récréation" était inapproprié. "Récréation" ou "pause" réduit, selon eux, l'importance accordée à ce moment. Ils estiment que le vocabulaire utilisé influence la façon dont ce moment est perçu et valorisé. Plusieurs ont ainsi suggéré de le renommer "temps de découverte" ou "exploration en plein air" afin de mieux refléter ce que cela apporte vraiment aux enfants.
Pour les professeurs, il n'y a pas que le nom qui pose problème autour de la récréation. Ils déplorent de manquer de moyens pour gérer les élèves au mieux. Ils doivent faire attention à la sécurité ainsi qu'aux problèmes de comportement. Les interrogés ont déclaré qu'ils ne bénéficiaient pas de formations pour les aider à faire face à des situations complexes dans la cour, alors que cela pourrait être utile. Si la récréation était davantage reconnue comme un temps d'apprentissage, ils pourraient être mieux préparés.
C'est aussi ce que confirme Marion, enseignante en CE2 en région parisienne : "Cela serait très intéressant que les enseignants soient davantage formés à cette surveillance et surtout qu'il y ait un budget dédié à ces moments. Les récréations sont les moments où il y a le plus de problèmes de comportement car les élèves se retrouvent entre eux et face à eux-mêmes sans réelle activité cadrée proposée", indique-t-elle.
"Plus les élèves ont de propositions d'activités dans la cour, moins il y a de problème entre eux. Mais le matériel coûte cher et malheureusement il n'y a pas de budget dédié aux récréations. Ce manque d'activité dessert les apprentissages et favorise les problèmes de comportement", a-t-elle spécifié. Un aspect qui apparait bien plus important que celui du changement de nom selon elle.