Vol à l'Elysée : une centaine de pièces dérobées, elles servaient les plus grands de ce monde

Vol à l'Elysée : une centaine de pièces dérobées, elles servaient les plus grands de ce monde Pendant près de deux ans, de nombreux objets dont la valeur s'élève à plusieurs dizaines de milliers d'euros ont été volés au sein même du palais présidentiel.

Plus d'une centaine d'objets ont été subtilisés au palais présidentiel et au patrimoine français. Les auteurs de ce trafic, qui a duré près de deux ans, ont été interpellés le mardi 16 décembre par la section de recherche de Paris, rapporte Le Parisien. Les trois suspects, un couple arrêté dans le Loiret et un homme vivant à Versailles, ont avoué leur larcin en garde à vue.

Le vol de l'Elysée, dont le butin est estimé à plusieurs dizaines de milliers d'euros, commence au début de l'année 2024. A l'époque, l'argentier en chef Thomas M., responsable de la prestigieuse vaisselle du palais présidentiel depuis plus de cinq ans, est approché sur les réseaux sociaux par un trentenaire collectionneur de porcelaine prénommé Ghislain M. L'amateur de vaisselle luxueuse convainc l'employé de l'Elysée de sortir certaines pièces d'argenterie de la résidence présidentielle. Pour ses méfaits, Thomas M. se fait aider de son compagnon, antiquaire de profession.

C'est alors que l'argenterie de l'Elysée commence à disparaître : des assiette, des tasses, des soucoupes et  d'autres pièces en porcelaine utilisées pour les dîners et les plus belles réceptions du président de la République sont volées et données au collectionneur de Versailles. Parmi les pièces dérobées, plusieurs sont issues de la célèbre manufacture de Sèvres et/ou sont classées au patrimoine français. Certaines ont été commandées par la présidence en 2018 et ont coûté près d'un demi-million d'euros, selon des révélations du Canard enchaîné qui avaient fait grand bruit. Le maître d'hôtel et argentier de l'Elysée était, de par sa fonction, au fait de la valeur des pièces.

Le vol de la vaisselle et de l'argenterie se faisait progressivement et à mesure que des pièces étaient transmises au collectionneur, Thomas M. falsifiait l'inventaire des objets pour camoufler les disparitions. Le trafic a fonctionné un temps, jusqu'à ce que l'absence de certaines pièces ne devienne trop évidente et soit signalée aux autorités par les services de l'Elysée. C'est alors que la section de recherche de Paris a été mobilisée.

Très vite, les enquêteurs se sont intéressés à Thomas M. qui était la personne la mieux placée pour savoir comment de l'argenterie présidentielle pouvait être volée. Ce sont des échanges suspects entre l'employé de l'Elysée et le collectionneur amateur de porcelaine qui ont mis les enquêteurs sur leur piste, jusqu'à l'interpellation de la mi-décembre. L'arrestation des trois suspects s'est accompagnée d'une perquisition au domicile versaillais du collectionneur Ghislain M. où une grande partie des objets dérobés a été retrouvée précise Le Parisien. Les individus se sont engagés à restituer l'ensemble des pièces volées.

Si les suspect comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Paris le jeudi 18 décembre, l'affaire a été renvoyée à une nouvelle audience prévue en février 2026. Thomas M. doit être jugé pour vol et les deux autres mis en cause pour recel de vol. D'ici à l'audience, le maître d'hôtel, qui a remis sa démission à l'Elysée fin novembre, et son compagnon ont été placés sous contrôle judiciaire et sont tenus à plusieurs obligations. Quant au collectionneur, il a été interdit d'exercer son travail de gardien de salle au Louvre.