L'image puissante qui montre comment la Terre a changé en 50 ans
Le 7 décembre 1972, l'humanité a découvert la première vue de la Terre dans son ensemble. La célèbre image, appelée "The Blue Marble", a été prise par l'équipage d'Apollo 17 lors de son voyage vers la Lune et à une distance d'environ 45 000 kilomètres. A la différence des précédentes, la planète bleue était totalement éclairée par le Soleil et n'était donc pas partiellement cachée par une part d'ombre. Ce cliché historique offre une vue de la Terre allant de la région de la mer Méditerranée jusqu'à la calotte polaire sud de l'Antarctique.
Des photos similaires sont prises régulièrement par la Earth Polychromatic Imaging Camera (EPIC) du satellite Deep Space Climate Observatory (DSCOVR) de la Nasa. Cette dernière enregistre, en effet des images de la face éclairée de la Terre entre 13 et 22 fois par jour depuis 2015. Elle est située à plus d'un million de kilomètres de la planète bleue et a permis de faire des images similaires à "The Blue Marble", mais de meilleure qualité.
Entre l'image de 1972 et celles d'aujourd'hui, la Terre a bien changé, notamment suite à l'urbanisation et au réchauffement climatique qui progressent rapidement. L'une des différences les plus frappantes est la réduction de la taille de la calotte glaciaire. "Vous pouvez voir le rétrécissement de la cryosphère - le rétrécissement de la calotte glaciaire et la perte de neige", détaille auprès de la BBC Nick Pepin, climatologue à l'université de Portsmouth. A contrario, le désert du Sahara s'est étendu alors que le couvert végétal du Sahel a reculé. La déforestation est ainsi bien visible. Ces phénomènes continuent de s'amplifier sur les toutes dernières images de 2025.
Le climatologue décrit également "l'atmosphère agitée" de la planète, au vu des nombreux nuages. "Si vous regardez l'Afrique centrale, vous verrez que la plupart des nuages, en particulier sur l'image précédente, sont très dispersés, ce qui indique la présence de tempêtes. Mais si vous allez plus au nord et que vous regardez le désert du Sahara, vous verrez qu'il n'y a pas de nuages".
Entre "The Blue Marble" et ces nouvelles images, il y a une autre différence majeure : l'une a été prise par l'humain, les autres par la caméra d'un satellite. Pour Jennifer Levasseur, conservatrice du musée aérospatial Smithsonian à Washington DC, cet élément est à prendre en compte : "Même si nous aimons considérer les satellites comme nos substituts, je sais qu'il y a une personne derrière cette caméra, il y a donc quelque chose de différent, et il y en aura toujours". La spécialiste attend donc la prochaine mission sur la Lune, Artémis 2 prévue pour 2026, pour avoir des clichés vraiment comparables.