Un nouveau "continent" va sortir de la mer, les Européens vont s'en servir et investir des milliards
Les continents se sont formés suite à la tectonique des plaques, puis ils ont dérivé. Aujourd'hui, l'Homme est capable, grâce aux avancées technologiques, de faire émerger des eaux d'immenses espaces. C'est l'objectif d'un récent projet européen en cours en mer du Nord.
Il s'agira d'un îlot énergétique, qui servira de base à une infrastructure électrique offshore européenne, permettant de relier les parcs éoliens aux marchés énergétiques terrestres. Il captera l'énergie éolienne de centaines d'éoliennes off shore environnantes afin de les redistribuer à plusieurs pays. Tel un "nouveau continent", cet îlot aura besoin de réalisations d'ingénierie majeures, telles que des fondations résistantes aux courants océaniques et la pérennisation des infrastructures de stockage, pour durer dans le temps. Il disposera aussi d'un port et de logements.
Envisagée à 80 kilomètres au large de la côte ouest du Danemark, l'île artificielle devrait mesurer entre 20 et 40 hectares pour une capacité totale de 3 à 4 GW, soit les besoins en électricité d'environ 3 millions de ménages. Cela pourrait augmenter avec les années. Elle fournira de l'électricité domestique, mais aussi de l'hydrogène vert pour la navigation, l'aviation ou encore l'industrie pendant au moins 80 ans.

Plus qu'une simple prouesse technologique, le but est d'aller vers un avenir plus vert en établissant progressivement un réseau mondial d'énergies renouvelables. Cette initiative danoise marque un tournant par rapport aux parcs éoliens offshore qui sont actuellement isolés et avec une connexion électrique vers un unique pays. L'Union européenne vise globalement à transformer son système électrique afin de le faire reposer essentiellement sur l'énergie renouvelable d'ici 10 ans. Elle souhaite également multiplier par 25 sa capacité d'énergie éolienne offshore d'ici 2050.
Ce projet est titanesque et demande donc un important budget : 29 milliards d'euros. D'abord prévu à l'horizon 2033, il a été reporté à au moins 2036, selon le ministre danois du Climat et de l'Énergie, Lars Aegaard, rapporte Reuters. Un autre projet similaire est envisagé sur l'ile danoise de Bornholm pour fournir 3 GW d'électricité au Danemark, mais aussi à l'Allemagne.