Miss France 2026 : pourquoi parler des "insultes" de Miss Provence et Miss Aquitaine est exagéré

Miss France 2026 : pourquoi parler des "insultes" de Miss Provence et Miss Aquitaine est exagéré C'est le scandale de la semaine à la télé. Miss Aquitaine Aïnhoa Lahitete et Miss Provence Julie Zitouni ont été déchues de leurs couronnes régionales pour une vidéo captée en coulisses du concours Miss France.

L'élection de Miss France 2026, la Tahitienne Hinaupoko Devèze, samedi 6 décembre 2025, en direct d'Amiens, n'a pas été sans polémiques. Dès le lendemain du concours, des insultes en coulisses ont été rapportées, deux candidates éliminées, Miss Aquitaine Aïnhoa Lahitete et Miss Provence Julie Zitouni, ayant violemment attaqué les qualifiées.

"Je veux pas faire ma rageuse hein mais… C’est quoi ce top 12 s’il vous plaît ? Allo la terre", peut-on entendre dans une vidéo publiée le week-end dernier par Miss Aquitaine, Aïnhoa Lahitete. A ses côtés, ont entend Miss Provence, Julie Zitouni, répondre "Toutes des grosses p*tes", provoquant une vague d’indignation en ligne.

Après 48 heures de scandale, les comités régionaux ont décidé de destituer les deux intéressées, qui ont donc perdu leurs écharpes de Miss Provence et Miss Aquitaine 2025. Les avantages et les cadeaux qui allaient avec ont été remis à leurs dauphines respectives. Le président du Comité Miss France, Frédéric Gilbert, a pour sa part dénoncé dans Le Parisien "une vidéo affligeante".

Les deux candidates s'étaient pourtant excusées et expliquées sur les réseaux sociaux. Effondrée, Miss Provence plaide notamment la mauvaise blague pour détendre l'atmosphère pesante chez les éliminées et charge sa comparse pour avoir publié une vidéo sans son consentement.

Des excuses de Miss Provence et Miss Aquitaine et surtout des explications

Face au tollé et loin de nier les extraits diffusés, les deux candidates à Miss France 2026, éliminées dès le premier tour, se sont senties obligées de réagir. "À la suite de l'annonce du Top 12 de Miss France 2026 et dans une vidéo destinée à un cercle privé mais qui a été relayée publiquement, j'ai approuvé des propos inacceptables tenus par une autre miss régionale du concours, à l'encontre de l'ensemble des Miss régionales de la promotion de Miss France 2026", a écrit Miss Aquitaine sur son compte Instagram. "Ces mots et cette réaction ne reflètent absolument pas les valeurs humaines que l'on m'a transmises, ni celles que je souhaite défendre", explique Aïnhoa Lahitete.

"Pendant toute la préparation à Miss France, mon comité départemental, mon comité régional et la société Miss France m'ont appris le respect, la bienveillance, la sororité et la dignité. Je suis pleinement consciente que, sur le moment, je n'ai pas été à la hauteur de ces valeurs", écrit aussi Miss Aquitaine. "Avec le recul, je réalise à quel point cela a pu blesser, humilier les candidates, atteindre le travail des comités, et choquer toutes les personnes qui nous soutiennent et nous regardent et celles qui portent les valeurs de ce concours", se défend la candidate, qui s'excuse platement : "Je regrette profondément d'avoir réagi de cette façon et de ne pas avoir immédiatement condamné ces propos. J'espère sincèrement que celles et ceux qui ont été touchés par cette situation pourront, avec le temps, accepter mes excuses".

Miss Provence Julie Zitouni a elle aussi pris la parole dimanche 7 décembre dans une story Instagram. Elle reconnaît que ses propos étaient "maladroits", assurant qu’elle ne visait aucune candidate. Selon elle, le terme utilisé l’aurait été "dans un sens familier", pour désigner les "chanceuses" du classement. "Ce n’était pas une insulte", se défend aussi Miss Provence, qui assure : "Dès que la vidéo a fuité, je me suis expliquée directement avec les candidates concernées et je leur ai présenté mes excuses".

Vraies insultes ou blague maladroite pour détendre l'atmosphère ?

Le journal La Provence a donné l'occasion à Julie Zitouni de s'expliquer sur l'affaire des insultes en coulisses dans une interview réalisée dès le 7 décembre au soir. Visiblement effondrée et en sanglots, Miss Provence plaide la blague potache et assure avoir voulu détendre l'atmosphère en parlant des chanceuses qualifiées comme des "grosses p*tes". "Quand on s'est retrouvé avec les 18 autres qui étaient en pleurs, mais vraiment on aurait dit qu'elles avaient perdu un membre de leur famille, moi j'ai toujours eu ce petit truc d'essayer d'aider les gens. On rigolait, j'essayais de leur dire 'Venez on mange des bonbons', je fais des blagues. Et j'ai fait une blague de mauvais goût parce que juste avant l'une des chaperonnes avait dit un truc du style 'Oui c'est fini vous pouvez vous remettre à dire des gros mots ou des trucs comme ça'. Et c'est là où je suis arrivée par-derrière pour dire 'Oui c'est des grosses p***' ahahah'", peut-on lire.

Avec des sanglots dans la voix, Miss Provence martèle donc que son intervention en coulisses était "pour rigoler". "C'est un truc que toutes les Miss savent : je suis comme ça. Ce n'est pas la première fois que je faisais cette blague sauf que là ça a été filmé". Si l'explication ressemble à un rétropédalage en règle face au tollé et s'il semble évident qu'une miss ne devrait pas s'exprimer ainsi, l'argument semble néanmoins crédible.

Miss Provence s'était désistée de la course à Miss France 2026

Dans le journal provençal, Julie Zitouni tente de prouver que ses mots ne reflétaient aucune jalousie et confirme qu'elle ne voulait même pas (ou plus) devenir Miss France, ayant indiqué aux organisateurs qu'elle ne voulait pas être dans le top-12 dès les présélections la semaine avant le concours. "Ce n'était pas un rôle pour moi. Je pense que je n'allais pas assumer. J'ai vécu avec 29 autres candidates qui avaient un vrai rêve : celui de devenir Miss France. Je me sentais à côté pas légitime…", indique-t-elle.

"Je ne voulais pas être un imposteur et prendre la place de qui que ce soit", a ajouté Julie Zitouni pour expliquer son choix, assurant que le Comité Miss France avait jugé cette décision "honorable". "Mon caractère ne collait pas. Ma spontanéité n'allait pas avec ce qu'on demande à Miss France où tout doit être bien cadré. Je ne fais jamais rien de méchant mais je peux lâcher des dingueries…", complète-t-elle, confiant par ailleurs que son père venait de développer Alzheimer et qu'être loin de sa famille pendant un an lui aurait été difficile : "C'est des moments que je perds avec lui".

Miss Provence charge Miss Aquitaine

Frédéric Gilbert, le patron de Miss France, l'a rappelé dans le Parisien : les informations et les mises en garde sur l'usage des smartphones et des réseaux sociaux ont été constantes avant le concours.  Ce qui n'a pas empêché les deux candidates de tomber dans le piège avec autant de maladresse que de vulgarité. Julie Zitouni charge à ce titre Aïnhoa Lahitete dans La Provence : "Miss Aquitaine ne m'a jamais dit qu'elle allait balancer cette vidéo sur sa story. Je ne l'aurais jamais accepté même sur une story privée". "Je suis indignée qu'elle ne m'ait pas dit qu'elle publiait la vidéo. Entre Miss, quand on a nos écharpes, on n'a pas le droit de se mettre à plusieurs sur les réseaux. Soit c'est une vidéo seule, soit on ne peut pas", poursuit-elle un peu plus loin.

Julie Zitouni indique aussi dans son interview avoir cherché à contacter Miss Aquitaine après le scandale et n'avoir pas pu joindre Aïnhoa Lahitete, qui pour sa part s'est platement excusée, indiquant ne pas cautionner les propos de sa camarade. "Je ne comprends pas. Elle se dédouane. J'ai essayé de parler avec elle par message. Je pense que ça aurait été cool qu'on en discute avant. Je lui ai rappelé que c'était elle qui avait posté la vidéo, que moi j'étais au courant de rien", indique Miss Provence.

Une phrase "sorti(e) de son contexte" et une image dégradée

Si Miss Aquitaine reste désormais discrète dans les médias, Miss Provence tente tant bien que mal de corriger l'image laissée par cette affaire "sorti(e) de son contexte". "Ça prend beaucoup trop d'ampleur. Ce n'est vraiment pas facile. Le harcèlement est redoutable, très fort. Je suis à environ 30 000 messages reçus sur Instagram", peut-on lire encore dans La Provence (l'interview a été réalisée à 21h30 le dimanche soir suivant l'élection). Julie Zitouni affirme, en larmes selon le journal, qu'elle a préféré fermer l'appli au lendemain du concours, quand un week-end de rêve s'est transformé en cauchemar.

"J'ai l'impression d'être une peste alors que je n'en suis pas une. J'essaie de faire rire tout le monde et pour le coup ça avait marché. Les filles ont rigolé. C'est trop triste. Et moi je me suis fait insulter toute la journée", regrette-t-elle, assurant encore avoir "toujours été là pour les filles pendant l'aventure surtout pour les 18 éliminées". "Elles étaient au fond du gouffre. Quand j'essaie de te récupérer quand tu es au plus bas et que toi tu me fais du mal quand c'est moi qui suis au plus bas, ça ne fait jamais plaisir", conclut-elle.

Miss Provence a annoncé en fin de semaine qu'elle allait saisir la justice en portant plainte pour diffamation contre l'influenceur Aqababe, qui a été le premier à relayer la vidéo, mais aussi contre X pour cyberharcèlement.

Qui est la gagnante de Miss France 2026 ?

Miss Provence n'oublie pas de féliciter son amie Miss Tahiti, élue Miss France 2026. "Hinaupoko c'est ma meilleure amie de l'aventure. Ma'Bestie'. Je l'adore, et je pense que je garderai cette amitié pour toujours. C'est une belle rencontre comme plusieurs autres Miss. Mais avec Hina on a eu un petit truc particulier dès le début", indique-t-elle dans l'entretien, estimant que Miss Tahiti est la Miss France 2026 idéale : "Elle a tout ! Elle a cette prestance de Miss, elle peut tout gérer et elle a l'éloquence. Elle a les épaules et la carrure pour ce rôle. Je suis fière que ça soit elle. Elle va bien représenter notre pays".

La nouvelle Miss France n'échappe pas pour autant à une inspection en règle, de son apparition dans un clip sulfureux de Koba LaD aux rumeurs sur son comportement lors du voyage de préparation en Martinique. 

Marquisienne par sa mère et métropolitaine par son père, la jeune femme de 23 ans a grandi dans le sud de la France, mais a choisi de rentrer en Polynésie il y a quelques années. Elle était jusqu'alors en licence de psychologie, un cursus qu'elle a choisi en raison d'un burn out qui lui a montré l'importance de la santé mentale.

Son engagement sur le sujet est un combat qui lui tient à cœur depuis toujours et aujourd'hui elle souhaite accompagner les gens mais aussi les sensibiliser à l'importance du bien-être mental, qui est tout aussi essentiel que la santé physique. Candidate la plus grande, avec 1,82 m, Hinaupoko Devèze travaille aussi en parallèle de ses études, en tant que secrétaire administrative et organisatrice de séjours éco-responsables aux îles Marquises.

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