Interview de Meghan et Harry : la réaction bienveillante d'Elizabeth II

Interview de Meghan et Harry : la réaction bienveillante d'Elizabeth II HARRY ET MEGHAN. Elisabeth II a publié un communiqué pour réagir officiellement aux allégations formulées par Meghan et Harry. La reine fait montre d'une bienveillance notable pour son petit-fils et sa femme.

[Mis à jour le 9 mars 2021 à 22h08] L'entretien de Meghan et Harry, dont la diffusion a été très suivie sur TMC ce lundi, n'en finit plus de secouer le palais de Buckingham. Considérée comme l'une des affaires les plus polémiques depuis la mort tragique de Lady Diana, l'interview du couple auprès d'Oprah Winfrey a été l'occasion de dévoiler les coulisses de la couronne britannique, entre accusations de racisme et de harcèlement. La duchesse de Sussex a notamment évoqué des insinuations de la part d'un membre du clan royal sur la couleur de peau de son enfant à naître, Archie, alors qu'elle était encore enceinte. Désormais installé à Los Angeles, le couple est également revenu sur les relations tendues avec William, Kate et le prince Charles, dont les liens se sont fortement étiolés depuis que Meghan et Harry ont décidé, avec pertes et fracas, de renoncer à leurs titres royaux. Des confessions choc qui ont sérieusement ébranlé l'image de la famille royale et auxquelles la reine Elizabeth II, toujours proche de son petit-fils, a répondu, dans un message affectueux. 

La réponse bienveillante d'Elizabeth II

Silencieuse depuis l'interview d'Oprah Winfrey, considérée comme l'une des intervieweuses les plus célèbres des États-Unis, la reine Elisabeth II a fait parvenir, ce mardi dans la soirée, un communiqué public. Alors que ce scandale rappelle avec insistance la période de Lady Diana, la reine s'est dit "attristée" par les difficultés rencontrées par son petit-fils et son épouse Meghan. Dans ce court texte, elle précise que les deux époux et leurs fils "seront toujours des membres très aimés de la famille". Concernant les insinuations racistes envers Archie, ces accusations sont à ces yeux "préoccupantes" et seront "prises très au sérieux" par la famille royale.

© Royal Communications

Les journaux anglo-saxons n'ont pas attendu, eux, pour titrer sur l'évènement. Le Times considère que c'est "pire" que ce à quoi il s'attendait alors que le Telegraph estime que la monarchie aurait dû porter un "gilet pare-balles". Pour Chris Ship, commentateur de la famille royale sur ITV, le couple a "chargé un bombardier B-52, survolé Buckingham Palace et largué leur arsenal pile au-dessus, bombe après bombe, toutes lourdement chargées". Mais la réaction la plus attendue reste celle de la reine Elizabeth II.

L'interview en français sur TMC (TF1)

Pour visionner l'interview du prince Harry et de Meghan Markle, il suffit de se rendre sur le site officiel de TMC, qui a acheté les droits de l'entretien. Elle est disponible sur ce lien.

La reine Elizabeth détournée de Harry

Au lendemain de la diffusion de l'entretien, un nouvel extrait a été dévoilé dans lequel le prince Harry regrette le comportement que sa grand-mère, la reine Elizabeth II, aurait eu à son égard peu après l'annonce du "Megxit". En janvier 2020, la reine aurait invité son petit-fils et sa famille, alors installés au Canada, dans sa demeure de Sandringham "pour bavarder, prendre le thé"  Elle les aurait aussi inciter à "rester dîner" raconte le du de Sussex. Une fois arrivés en Angleterre, la reine n'aurait finalement pas pu se libérer pour accueillir Harry, prétextant "quelque chose dans (s)on agenda dont (elle) n'étai(t) pas au courant", et des occupations étalées sur toute la semaine. "Je n'ai pas voulu insister parce que je savais ce qu'il se passait", regrette Harry. Selon le prince l'explication est évidente : "Quand on est à la tête de la firme - surnom donnée à la famille royale - il y a des gens qui vous donnent des conseils, a-t-il expliqué. Et ce qui me rend triste, c'est que certains de ces conseils ont été vraiment très mauvais."

Meghan Markle accuse la famille royale de racisme

Meghan Markle a livré son sentiment : la famille royale ne souhaitait pas que leur fils Archie puisse jouir du titre de "prince", compte tenu de ses origines. La comédienne assure que des membres de la famille ont "eu des conversations sur la couleur de peau" de leur enfant, s'inquiétant de savoir "à quel point elle serait foncée à sa naissance". Des accusations de racisme formulées sans donner le moindre nom ou précisions sur les personnes qui auraient pu les tenir. La comédienne insiste sur "le refus de l'institution d'accorder à Archie la même protection et les titres de noblesse que les autres petits-enfants", une décision contraire au protocole. Les jeunes parents expliquent avoir été bouleversés à l'idée que leur fils "ne soit pas protégé, et l'idée qu'il soit le premier membre de couleur dans cette famille qui n'ait pas les mêmes droits que d'autres petits-enfants". Si le couple n'a pas clairement cité la ou les personnes à l'origine des propos, Oprah Winfrey a précisé, ce lundi 8 mars sur CBS, qu'il ne s'agit ni de la reine du duc d'Edimbourg. Le prince Harry a demandé à la star des talk-shows américains de partager l'information si elle en avait l'occasion.

Meghan Markle se confie à Oprah

Meghan Markle, manifestement très affectée, a aussi insisté sur le manque de soutien et la manière dont, selon elle, "The Firm"-  l'un des surnom de la famille royale - a toujours agi pour la tenir à l'écart. L'actrice américaine a d'ailleurs fait savoir qu'elle avait eu des pensées suicidaires. "Je ne voulais plus être en vie. Et c'était une pensée constante, très claire, réelle et effrayante", a-t-elle dit, les larmes aux yeux. "C'est seulement une fois mariée que tout a commencé à vraiment empirer, que j'ai compris que non seulement je n'étais pas protégée, mais qu'ils étaient disposés à mentir pour protéger d'autres membres de la famille". Déjà mal-aimée des tabloïds britanniques, Meghan n'est pas davantage soutenue par la famille royale et, selon elle, sa relation avec la couronne prend un tournant lorsque personne ne répond à son appel à l'aide. "Je suis allée voir l'institution, et j'ai dit que j'avais besoin d'aller quelque part pour obtenir de l'aide. J'ai dit que je ne m'étais jamais sentie comme ça avant (…) et on m'a dit que je ne pouvais pas, que ce ne serait pas bon pour l'institution", a-t-elle déclaré à la présentatrice américaine.

Les larmes et le récit de l'actrice dépeignent un portrait peu reluisant de Buckingham. Ces révélations apparaissent quelques jours après que le palais ouvre une enquête pour découvrir les raisons qui ont poussé un des plus proches conseillers de l'ex duchesse à porter plainte contre elle pour intimidation.

Meghan Markle évoque sa dispute avec Kate Middleton

Meghan est revenue sur la rumeur selon laquelle elle aurait fait pleurer Kate Middleton, sa belle sœur, lors de son mariage pour un désaccord sur les robes des demoiselles d'honneur. L'Américaine a démenti et remis les choses dans le bon ordre, assurant : "L'inverse s'est produit. Je ne dis pas cela pour dénigrer qui que ce soit, parce que c'était une semaine vraiment difficile, et elle était bouleversée par quelque chose. Mais elle a reconnu ce qu'il s'est passé et s'est excusée, elle m'a offert des fleurs et m'a transmis une lettre me demandant pardon". D'abord blessée, Meghan a expliqué ne pas avoir de rancœur et a qualifié la duchesse de Cambridge de "bonne personne".

Le message de Meghan Markle à Elizabeth II

Malgré toutes les révélations-confessions, l'épouse du prince Harry a toutefois tenu à adresser un message à la souveraine Elizabeth II, pour lui faire comprendre qu'elle n'avait rien à lui reprocher, bien au contraire. "Il y a la famille, et ensuite il y a les personnes qui dirigent l'institution, ce sont deux choses distinctes et il est important de pouvoir les compartimenter parce que la reine, par exemple, a toujours été extraordinaire avec moi", a-t-elle déclaré. 

Harry "déçu" par son père, le prince Charles

Harry a aussi pris la parole au cours de cette interview, marquant son attachement à son épouse et approuvant sa démarche. Il n'a pas caché que leur départ et leur choix de vivre de l'autre côté de l'Atlantique a été accéléré par leur crainte de devoir subir les non-dits durant des années. Harry a insisté sur sa peur que "l'histoire se répète", en référence à la mort de sa mère. "J'ai eu trois conversations avec ma grand-mère, et deux conversations avec mon père avant qu'il n'arrête de prendre mes appels. Et après il a dit, 'peux-tu mettre tout ça par écrit?'", a-t-il lancé, ému, se disant "vraiment déçu" par le comportement de sa famille. "J'étais coincé dans un système, comme le sont mon père et mon frère aussi d'ailleurs. Et j'ai beaucoup de compassion pour cela", a-t-il toutefois nuancé. Les échanges ont cependant repris entre le prince et son père, Harry a assuré "Je l'aimerais toujours" mais reconnaît qu'il faudra du temps et du travail pour améliorer les relations.

Des mots pour le prince Harry

Le prince a également réaffirmé l'amour qu'il porte à son frère bien qu'ils soient "sur des trajectoires différentes". La seule pour qui Harry n'a pas eu le moindre reproche est sa grand-mère, la reine Elizabeth II. "J'ai un profond respect pour elle. C'est mon colonel en chef. Elle le restera", a-t-il assuré. Le prince Charles et son fils, le prince William, auraient été "attristés" par le comportement et les messages d'Harry et de Meghan, regrettant de ne pas avoir pu réparer les blessures causées entre les deux camps, selon The Mirror.

Le timing est ceci dit bien choisi par le couple. Quelques heures avant la diffusion de l'entretien, la reine Elizabeth II s'est exprimée pour le jour du Commonwealth, elle a d'ailleurs insisté sur l'importance du "dévouement désintéressé et du sens du devoir", certains y verront une message adressé au prince cadet et son épouse. La présence de tous les membres officiels de la famille royale aux côté de la reine, en rangs serrés, a permis de montrer la force du noyau dur de Buckingham face aux potentielles critiques du couple déserteur.

Une source du palais a indiqué au Mirror : "Il y a un sentiment distinct à l'intérieur du camp qu'il doit y avoir une meilleure façon de résoudre les problèmes en se rassemblant, plutôt que la décision nucléaire qui a abouti à ce que tout soit discuté si publiquement et sans raison." Toutefois, une autre source assure : "Il y aura toujours une volonté de réparer les relations, même si elles sont assez brisées, mais tout d'abord, tout le monde doit prendre du recul pour essayer de comprendre pourquoi il en est arrivé là." L'entretien rappelle pour certains le règlement de compte sur fond d'adultère entre lady Diana et le prince Charles, diffusé il y a 25 ans sur BBC et il n'est pas souhaitable que le règlement de compte prenne a même tournure.

Harry et Meghan attendent une petite fille

Des nouvelles plus joyeuses sont ressorties de l'interview, comme l'annonce du sexe du deuxième enfant du couple. "Avoir un garçon, puis une fille... Que demander de plus ?" s'est réjoui le prince Harry, débordant d'émotion. Meghan et Harry semblent combler et se contenter des bonheurs simples. "Je suis reconnaissant. (...) Nous avons notre famille et nous sommes quatre" a déclaré le duc, qui deviendra papa pour la seconde fois cet été, d'une petite fille donc. Le couple avait profité de la Saint-Valentin pour annoncer la grossesse de Meghan sur les réseaux sociaux. D'abord par l'intermédiaire d'un photographe et ami de longue date de l'actrice américaine, Misan Harriman. "Meg, j'étais là à ton mariage pour être témoin de cette histoire d'amour qui commençait, et mon amie, je suis honorée de la voir grandir. Félicitations au Duc et à la Duchesse de Sussex pour cette joyeuse nouvelle !" avait-il posté sur Twitter, en accompagnant son message d'une photo du couple. Le cliché en noir et blanc montre les amoureux tout sourire installés au pied d'un arbre, la main de Meghan posée sur son ventre arrondi. Un porte-parole a ensuite partagé la nouvelle auprès des médias britanniques en indiquant : "Nous confirmons que Archie s'apprête à devenir grand-frère. Le duc et la duchesse de Sussex sont ravis d'attendre leur deuxième enfant".

La réaction de la famille royale ne s'était pas fait attendre. Dans un communiqué, le palais de Buckingham assurait que la reine, le duc d'Edimbourg, le prince de Galles et toute la famille étaient ravis d'apprendre la venue d'un nouveau bébé. Pourtant, la reine Elizabeth II n'aurait été prévenue que "peu de temps" avant l'annonce publique organisée par le couple, rapporte le journaliste Chris Ship. Une façon d'agir qui fait écho à la volonté de Harry et Meghan de s'émanciper de la famille royale. Installés en Californie après avoir renoncer à leur rôle de membre "senior", leur départ et maintenant l'annonce tardive du bébé en route témoignent de leur volonté d'être indépendant du cocon royal. Le prince Harry expliquait également, en janvier 2020, que leur vie partagée entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis "permettra d'élever notre fils avec une appréciation de la tradition royale dans laquelle il est né, tout en offrant à notre famille l'espace pour se concentrer sur le prochain chapitre". Un chapitre dont les premières lignes pourraient être celles de la naissance prochaine.

Archie enfin grand-frère

Rien ne semble laissé au hasard dans l'annonce de la grossesse de la duchesse, le couple a décidé de mettre en avant le bonheur que la nouvelle leur procure mais aussi d'impliquer leur premier enfant, Archie, qui "va être grand frère". Un rôle que le petit garçon de presque deux ans a failli revêtir l'année dernière avant que la seconde grossesse de Meghan ne se solde par une fausse couche pendant l'été 2020. Le couple avait préféré garder le silence sur le drame et s'était plongé dans une tristesse profonde mais discrète. Meghan n'a levé le voile sur cette histoire qu'en novembre en espérant mettre fin au tabou qui entoure les fausses couches. Elle dénonçait dans un texte paru dans le New York Times, "malgré le caractère commun stupéfiant de cette douleur, la conversation reste taboue, criblée de honte injustifiée et perpétuant un cycle de deuil solitaire". L'attente de leur deuxième apparaît comme un pied de nez à la tragédie vécue l'année dernière et un joli cadeau de Saint-Valentin.

"Diana", favori dans la course aux prénoms

Alors que les pronostics avant déjà commencé, l'annonce du sexe réduit le champ des possibilités. Toutes les sociétés de paris vont rebattre leurs cartes. Pour plusieurs d'entre elles, Diana a la côté, mais le prénom de la mère des princes Harry et William, est déjà porté par la fille de l'aîné : Charlotte, Elizabeth, Diana. Le prénom de la mère de Meghan, Doria, est aussi en course. Emily, Marina, Willow ou encore Isabella, Alice et Emma ont été évoqués. La question principale reste de savoir si le couple optera pour un nom traditionnel, moderne ou un mélange des deux, comme il 'avait fait pour son premier enfant, Archie. 

Un bébé anglais ou américain ?

Si les parents ont annoncé attendre leur deuxième enfant, pour les détails ils sont restés avares d'informations. Le Daily Mirror indique que l'enfant devrait naître aux Etats-Unis, il serait alors le premier arrière petit-fils de la reine à venir au monde en dehors du sol anglais. Car si Archie possède la double nationalité anglo-américaine grâce à sa mère, il est bien né sur le territoire britannique. Une naissance aux Etats-Unis s'inscrirait dans leur désir de montrer leur indépendance vis-à-vis de la famille royale, mais ne serait-ce pas un point de non-retour ? Harry et Meghan n'ont pas confirmé l'information, la question plus que délicate reste donc sans réponse. En revanche, comme ils l'avaient fait pour Archie, les époux ne devraient pas demander à ce qu'on accorde des titres royaux à leur enfant qui resterait tout de même huitième, après son grand-frère, dans l'ordre de succession.