Elizabeth II : la santé de la reine, un sujet hautement politique

"Elizabeth II : la santé de la reine, un sujet hautement politique"

Elizabeth II : la santé de la reine, un sujet hautement politique ELIZABETH II. La mise en retrait d'Elizabeth II, ne pouvant assurer ses missions protocolaires, soulève des inquiétudes au Royaume-Uni. Mais également des questionnements d'ordre politique.

[Mis à jour le 17 novembre 2021 à 12h43] Comment va la reine d'Angleterre ? Elizabeth II est pour l'heure contrainte au repos, chez elle, ses douleurs au dos et la faiblesse physique liée à son âge (95 ans) ne lui permettant plus d'assurer ses déplacements officiels. Mardi 16 novembre, elle s'est fait remplacer par son fils Edward, duc de Wessex, à l'ouverture du synode de l'Eglise d'Angleterre, où elle devait initialement se rendre. La souveraine avait rédigé un communiqué, lui par son fils. "Il est difficile de croire que cela fait plus de 50 ans que le prince Philip et moi avons assisté à la toute première réunion du synode. Aucun de nous ne peut ralentir la course du temps, et bien que nous nous concentrions souvent sur tout ce qui a changé au cours des années, beaucoup de choses restent inchangées, y compris l'Évangile du Christ et ses enseignements", a-t-elle écrit, sur un ton très nostalgique.

Dimanche 14 novembre, à l'occasion de la cérémonie du Souvenir, à Londres, invoquant de douloureux problèmes lombaires, Buckingham palace avait fait savoir qu'Elizabeth ne pouvait assister au Remembrance Day.  L'annulation avait eu lieu quelques heures seulement avant le début de l'hommage. Jeudi 11 novembre, le palais de Buckingham avait affirmé que la monarque avait la "ferme intention" de participer à cette cérémonie en hommage aux victimes des guerres, alors qu'elle avait dû renoncer à participer à plusieurs événements ces dernières semaines, sur le conseil de ses médecins.

Le Premier ministre, relais des médecins sur la communication

Boris Johnson a tenu à apaiser les inquiétudes, jugeant qu'il était du ressort du chef du gouvernement de faire un point sur l'état de Santé de la souveraine. Au cours d'une conférence de presse, le premier ministre britannique a affirmé : "Je sais que tout le monde envoie ses meilleurs vœux à Sa Majesté, la Reine. Je veux juste rassurer tout le monde. J'ai vu la Reine mercredi dernier à Windsor et elle va très bien. Je ne devrais pas avoir à le dire, mais je voulais vous le dire tout de même". Ce n'est pas la première fois que Boris Johnson tente de rassurer sur l'état de santé de la reine : le 30 octobre dernier, au cours d'une interview à la chaîne Channel 4, il avait affirmé : "J'ai parlé à Sa Majesté comme je le fais toutes les semaines et elle est en très bonne forme. Les docteurs lui ont dit qu'elle doit se reposer, et je pense que nous devons respecter et comprendre cela. Tous les Britanniques lui souhaitent un bon rétablissement".

Chez les Britanniques, l'inquiétude règne cependant. Pour certains sujets de Sa Majesté, ces retraits qui s'enchainent dissimulent quelque chose de plus important. Ainsi, Marc Roche, biographe d'Elizabeth II, a estimé Marc Roche au micro de TF1 que "pour avoir raté une cérémonie qui a tant de symboles qui lui sont chers, les forces armées, la Seconde guerre mondiale et ses parents, le Commonwealth, c'est qu'il y a quelque chose d'important qui se passe avec sa santé et qu'on est peut-être en train de nous cacher". De surcroit, ces récentes annulations suivent une nuit passée à l'hôpital par la monarque, entre les 20 et 21 octobre derniers. Selon le journaliste britannique de France 24 Philip Turle, cité par France Info à l'occasion du retrait de la reine de la COP26, "il y a deux façons de voir l'annonce de Buckingham Palace. La première, c'est que la situation est peut-être plus sérieuse qu'on ne le dit. D'une autre manière, il est vrai que c'est une vieille dame de 95 ans, qui a eu un mois d'octobre extrêmement chargé, avec des visites à Edimbourg, Buckingham Palace, a reçu Bill Gates lors de ses rendez-vous, fait du télétravail tous les jours... Aucune autre personne de son âge au monde n'a un emploi du temps aussi chargé." Toujours cité par France Info, le journaliste évoque également comme possible raison, les contaminations liées au Covid-19. "En ce moment, en Grande-Bretagne, il y a eu une augmentation nette du nombre de cas de Covid-19. Les médecins de la reine ne veulent courir aucun risque pour sa santé."

Que se passe-t-il si Elizabeth II meurt ?

Dans l'ordre de succession au trône, c'est le fils de la Reine, le longtemps controversé prince de Galles, Charles, qui deviendra roi après la mort de sa mère. S'il venait à son tour à décéder, son fils William, duc de Cambridge, monterait sur le trône. Après ce dernier, c'est Georges de Cambridge, fils aîné de William et de Catherine, dite Kate, Middleton, qui accèdera au trône, suivi, dans l'ordre de sa sœur cadette la princesse Charlotte de Cambridge et de son frère, le prince Louis de Cambridge.

Le Royaume-Uni déjà prêt pour la mort de la Reine d'Angleterre

Ce qui est sûr, c'est que tout est prêt pour organiser les funérailles de la reine à l'annonce de son décès et que rien n'est laissé au hasard. Et pour que tout se déroule comme prévu, les principaux intéressés se préparent. La presse britannique nous apprend d'ailleurs que les ministres britanniques se sont réunis dans le plus grand secret, jeudi 28 juin 2018, afin de "répéter" la marche à suivre lorsque aura lieu la mort de la reine Elizabeth II. Ils ont ainsi préparé "les heures et les jours qui suivront le décès de la reine". The Times rapporte que cet exercice baptisé "Castle Dove" (La colombe du château) a été coordonné par David Lidington, l'adjoint de la première ministre Theresa May. 

On sait que dix jours de deuil national seront décrétés à l'annonce de la mort de celle qui est au pouvoir depuis 1952. Selon les informations recueillis par Le Point, "600 membres du conseil privé de Sa Majesté devront entériner l'accession du nouveau roi au trône". Enfin, la dépouille de la reine "sera exposée solennellement pendant cinq jours dans Westminster Hall". Le protocole détermine aussi le moment où le premier ministre s'exprimera pour informer le peuple britannique de la nouvelle. Reste que "la répétition générale" n'aurait, d'après les ministres, aucun rapport avec l'état de santé de la reine, qui, forcément, interroge. Selon les dernières indiscrétions, la reine va bien. Ces soucis de santé nécessiterait une intervention hospitalière aux genoux, mais la reine refuserait de se faire opérer, car selon Gala, "la convalescence lui prendrait trop de temps".

Pour la mort d'Elizabeth II, un plan digne de 007

L'information de la mort de Elizabeth II, quand elle surviendra, suivra un chemin bien particulier avant de devenir publique. "London Bridge est en panne, je répète, London Bridge est en panne", voici la phrase, digne d'un code utilisé par des espions, que le secrétaire privé de la reine transmettra à des émissaires désignés le jour de son décès. Une information qui restera, le temps de quelques heures, secret défense. Buckingham souhaite avant tout maîtriser cet événement, qui une fois révélé, deviendra incontrôlable.

Le Premier ministre sera averti, ainsi que les chefs d'Etats membres du Commonwealth. "L'information voyagera comme l'onde de compression avant un tremblement de terre, détectable uniquement par un équipement spécial", décrit le journaliste Sam Knight, auprès du Parisien. Et lorsque l'annonce sera faite aux médias, c'est un second volet du dispositif qui se mettra en place. Un panneau noir sera visible aux portes du palais de Buckingham, la résidence de la reine Elizabeth, installé par un valets de chambre en habits de deuil.

Les drapeaux de tout le Royaume-Uni tomberont et plusieurs interdictions seront mises en place : la tenue de matches de football, celle de partie de golf dans les parcs royaux et détail minutieux, le Théâtre national sera interdit de représentation, seulement si l'annonce de la mort de Elizabeth II tombe avant 16 heures ! Suivront des jours de commémorations avec notamment la procession de Buckingham Palace, symbolisée par un gigantesque défilé militaire, jusqu'au point d'orgue, les obsèques, qui auront lieu neuf jours après le décès.

A cette date-là, qui ressemblera à un véritable jour férié, de nombreux corps de métier auront droit à un repos : magasins fermés, marché boursier inactif... Les bus s'arrêteront même quelques instants à 11 heures, lors de l'arrivée du cercueil à l'abbaye de Westminster, au moment de dire un dernier adieu à Elizabeth II, "le dernier lien vivant de la Grande-Bretagne avec notre ancienne grandeur", note Sam Knight.

Elizabeth II, une vie hors du commun

L'image de la reine Elizabeth II ne laisse pas grand monde indifférent. Si son parcours semble lissé par les années, que savez-vous vraiment des événements clés de sa vie royale ? Sur les temps forts de son règne ? Sur les conditions dans lesquelles elle est montée sur le trône et son arbre généalogique ? Sur sa longévité record ? Ou encore sur l'atmosphère régnant dans sa famille et parmi son peuple ? 

Age et anniversaires d'Elizabeth II

Bien qu'elle fête son anniversaire deux fois par an (le 21 avril et en juin, pour permettre au défilé militaire de se dérouler sous un temps clément), le temps semble ne pas avoir de prise sur la reine Elizabeth II. Et pourtant... celle qui a fêté ses 93 ans le 21 avril dernier a d'ores et déjà célébré son jubilé d'or, ou cinquantième anniversaire de son règne, depuis plus d'une décennie, en 2002, et son jubilé de diamant (60 ans de règne) en 2012. Résultat : hors d'âge, Elizabeth II a déjà vu défiler 12 Premier ministres britanniques (de Winston Churchill à David Cameron) et 9 Présidents français.

La longévité, c'est aussi une histoire de famille chez les Windsor : la mère de "Lizzie", la Reine mère, est décédée à 101 ans, le 1er avril 2002. Son fils Charles, l'éternel Prince de Galles, peut donc bien attendre encore un peu pour régner à son tour. En attendant, Sa Majesté se révèle plutôt flegmatique. Stéphane Bern dit d'ailleurs d'elle qu'elle "accompagne les changements plus qu'elle ne les anticipe".

Couronnement de la reine Elizabeth II

S'il semble aujourd'hui acquis depuis toujours, le couronnement d'Elizabeth II s'est fait dans la précipitation, du fait de la mort prématurée de son père le roi Georges VI, le 6 février 1952, alors que la futur reine le remplaçait déjà régulièrement dans ses fonctions officielles (ce jour-là en voyage au Kenya). Celle qui n'était pas destinée à devenir monarque à la naissance sera réellement couronnée l'année suivante, à l'âge de 27 ans. Et deviendra par-là même chef du Commonwealth issu de l'empire britannique, avec 16 pays au compteur ! 

La cérémonie aura lieu à l'abbaye de Westminster et sera retransmise en direct dans plusieurs pays d'Europe, à l'aide d'une centaine de caméras (vingt environ dans l'abbaye, une cinquantaine dans les rues de Londres), une prouesse technique à l'époque. De quoi atteindre cent millions de téléspectateurs ! La reine porte successivement trois couronnes au cours de la cérémonie : le diadème d'apparat de son père George IV à son entrée dans l'abbaye ; la couronne de Saint Edward, joyau serti de plus de 400 pierres précieuses pendant son sacre ; la couronne impériale d'État à sa sortie, ornée du saphir des Stuart, du rubis du prince Noir et du fameux Cullinan II, diamant de 300 carats. 7 000 invités assistent au sacre dans l'abbaye quand plus de 3 millions de citoyens britanniques se pressent pour voir passer le carrosse royal.

Biographie d'Elizabeth II

Née Elizabeth Alexandra Mary Windsor le 21 avril 1926, Elizabeth II n'a pas toujours été reine. A 10 ans, elle était toutefois déjà héritière, à l'abdication du trône de son oncle Edouard VIII. Son père George VI avait lui des fonctions de roi. Quand à son mari, qu'elle épousera le 20 novembre 1947, il s'agit alors du lieutenant Philip Mountbatten, devenu Son Altesse royale le Prince Philippe, duc d'Edimbourg. Ils auront quatre enfants : Charles, Anne, Andrew et Edward. Le prince William, fils aîné du Prince Charles et Duc de Cambridge, s'est quant à lui marié à la roturière Kate Middleton, qui lui a donné deux enfants (futurs héritiers de la couronne ?), Georges et Charlotte.

En marge de la biographie officielle, la Queen se révèle surprenante à bien des égards : elle a été mécanicienne dans l'Armée en 1945 ; elle s'exprime couramment en français ; elle possède officiellement une quantité incalculable de "poissons royaux" aux abords du Royaume-Uni (dauphins, requins, marsouins, esturgeons) ou encore,  a reçu comme cadeaux lors de visites à l'étranger des animaux qui n'avaient rien du chihuahua, qu'il s'agisse de paresseux du Brésil, de castors noirs du Canada ou de jaguars, tous donnés au zoo de Londres.

Sa Majesté peut aussi se montrer plus chaleureuse qu'il n'y paraît. Et gaga des derniers nés de sa famille royale. "La reine était vrai­ment heureuse que notre deuxième enfant soit une fille", a notamment confié Kate Middleton récemment face caméra, "Elle demande toujours des nouvelles et elle laisse toujours un cadeau dans la chambre de George à Buckin­gham Palace quand nous venons". Elizabeth II laisse également, d'après Gala qui a visionné les extraits, Baby Georges l'appeler "Gan-Gan". On est loin du protocole...

Arbre généalogique depuis Elizabeth II

VIDEO - En juillet 2013, le prince William et Catherine Middleton ont eu leur premier enfant, un garçon, qui est l'héritier de la couronne britannique après les princes Charles et William. C'est donc un futur roi qui est venu agrandir la famille Mountbatten-Windsor. Il a été suivi de la princesse Charlotte en 2015. Voici une vidéo résumant l'arbre généalogique de la famille royale britannique depuis Elizabeth II.

"La famille royale britannique"

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