Parcoursup 2018 : ce que déplorent ses opposants

Parcoursup 2018 : ce que déplorent ses opposants PARCOURSUP - En pleine phase complémentaire de son calendrier, la plateforme d'admission post-bac Parcoursup, remplaçante d'APB depuis janvier, fait l'objet de nombreuses critiques. On vous explique pourquoi...

[Mis à jour le 18 juillet 2018 à 16h21] Ce mercredi sur franceinfo, d'après Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant de France en terme de nombre d'élus aux instances étudiantes, Parcoursup n'apporte pas de vraie solution à la problématique des formations sélectives. Démarrée en janvier 2018 pour faire suite à la loi Orientation et réussite des étudiants, la plateforme remplaçante d'APB (le nom de l'ancien système d'admission post-bac) compte encore en ce mois de juillet 80 000 inscrits en attente d'une formation rapportait l'AFP ce 17 juillet. Autrement dit, autant que l'an dernier avec APB. Sur les recalés de Parcoursup, Jimmy Losfeld souligne par ailleurs que ce sont les bac techno et les bac pro "qui sont le plus en difficulté", soit des formations sélectives. Par ailleurs, 150 000 candidats Parcoursup environ n'ont pas accepté définitivement la formation leur étant proposée.

Mardi 17 juillet, justement, plusieurs organisations opposées à Parcoursup ont annoncé avoir saisi le Défenseur des droits. Parmi leurs revendications, la publication des "algorithmes locaux" employés par les établissements en vue de classer les dossiers des candidats Parcoursup : le ministère de l'Education a en effet rendu public l'algorithme national, celui qui concerne les critères de sélection par filière universitaire, mais pas les "algorithmes locaux", qualifiés d' "outils d'aide à la prise de décision" par le ministère de l'Enseignement supérieur. Des algorithmes conçus "dans une grande opacité" par chacune des universités et "en fonction de critères inconnus du grand public" estiment l'Unef (syndicat étudiant), la FCPE (fédération de parents d'élèves), les Ferc-CGT et Snesup-FSU (syndicats d'enseignants du supérieur), l'UNL (syndicat lycéen) et le SAF (syndicat des avocats de France).

Parmi les autres critiques adressées à la plateforme d'orientation post-bac, il y a la faiblesse du nombre de "oui définitifs" des candidats, et donc la lenteur du taux de remplissage des formations accessibles via Parcoursup. Une critique notamment formulée auprès du Monde par Rodolphe Dalle, à la tête de l'Assemblée des directeurs d'IUT. Le ministère de l'Education parle avant tout d' "un problème d'adéquation entre la demande et les nombreuses places disponibles" et répond par la création à la rentrée par le gouvernement de 30 000 places supplémentaires en formation : 10 000 dans l'enseignement supérieur public, notamment dans des instituts universitaires de technologie (IUT), qui s'ajoutent aux 17 000 places déjà annoncées et rajoutées sur Parcoursup dans les universités ; et 4 000 dans les sections de technicien supérieur, préparant au brevet de technicien supérieur (BTS).

La "phase complémentaire" de Parcoursup, comment ça marche ?

Maintenant que les épreuves du bac 2018 sont terminées, Parcoursup reprend son activité, suspendue depuis le 17 juin dernier pour les examens. Cela signifie que les propositions d'admission sur les voeux de formation sont relancées dans "la phase principale d'admission" : le processus déjà en place depuis le lancement de Parcoursup reprend son cours. Mais ce n'est pas tout, mardi 26 juin, une nouvelle phase s'est ouverte : une phase "complémentaire" qui permet aux candidats d'entrer sur la plateforme de nouveaux voeux dans les filières et les formations qui disposent encore de places disponibles.

Attention, tout le monde est concerné. Le ministère de l'Education nationale précise bien qu'un candidat "peut participer aux deux phases à la fois". Il faut donc bien comprendre que tous ceux qui ont déjà accepté une proposition de formation peuvent formuler de nouveaux voeux. S'il reçoit une nouvelle réponse positive, il devra choisir la formation qu'il préfère. Pour autant, les principaux concernés sont évidemment tous les candidats qui n'ont toujours pas reçu de proposition d'admission. Ces deniers doivent impérativement se connecter, entrer sur la page "Voeux en phase complémentaire" et formuler de nouveaux voeux (jusqu'à dix). Attention : il est impossible de demander une formation dans un établissement déjà demandé lors de la phase principale. Les candidats sont invités à se rendre chaque jour sur Parcoursup pour suivre leur dossier et prendre connaissance des places qui se libèrent.

Les réponses Parcoursup

Les inscrits à la plateforme Parcoursup ont pu consulter les premières réponses. 810 000 lycéens et étudiants environ sont concernés, après la formulation de leurs voeux universitaires il y a déjà plusieurs mois. Tous ont reçu au moins l'une des quatre réponses suivantes :

  • "Oui" (pour les cursus universitaires non-sélectifs comme pour les études sélectives, comme les BTS ou les classes prépa)
  • "Oui si" (pour les cursus universitaires non-sélectifs uniquement) : l'admission de l'élève ne se fait alors qu'à la condition d'une remise à niveau
  • "En attente" (pour les études sélectives comme pour les cursus universitaires non-sélectifs) : cela signifie que le nombre de demandes est supérieur au nombre de places disponibles
  • "Non" (uniquement pour les cursus sélectifs)

Parcoursup : en cas de refus à toutes les demandes

Que faire pour ceux qui n'ont demandé que des filières sélectives parmi les 12 000 formations proposées et qui ne récoltent que des "non" ? Ils seront contactés par mail, selon la ministre de l'Enseignement supérieur, par la Commission d'accès à l'enseignement supérieur de son rectorat, qui aidera ce "petit nombre" de candidats (toujours selon la ministre de l'Enseignement supérieur) à définir une solution alternative d'orientation.

La commission mise en place dans chaque rectorat a pour mission de faire aux élèves concernés des propositions alternatives. Pour cela, elle va prendre en compte le texte rédigé dans la partie "Ma préférence". Attention là encore, il est recommandé de se manifester, de prendre les devants et de ne pas attendre d'être contacté. Si vous êtes concerné, envoyez un message sur la plateforme Parcoursup, une fois identifié, sur la partie dédiée à cet effet.

Parcoursup : en cas de réponse "en attente"

Cette réponse qui s'affiche à l'écran est particulièrement génératrice de stress et d'inquiétude, d'autant qu'elle apparaît dans de très nombreux cas. Le ministère de l'Education national a indiqué que la position dans la liste d'attente "peut évoluer rapidement". Il faut bien comprendre que de nombreuses places sont actuellement "réservées" à des lycéens ayant eu des réponses positives sur d'autres demandes - non encore acceptées - et à ceux étant à une meilleure position dans la liste d'attente. Mais tous ces lycéens ont fait une liste de requêtes. En fonction de leurs choix effectifs, les places se libèrent au fur et à mesure. De nouvelles propositions d'admission vont donc apparaître.

Parcoursup : en cas de réponse(s) positive(s)

Quelle est la marche à suivre pour la moitié des inscrits à Parcoursup qui ont une réponse positive et donc une ou des propositions d'admission ? Pour les concernés, il faut être réactif : à partir du moment où le futur étudiant réceptionne plusieurs réponses positives, il ne peut en choisir qu'une seule "à la fois". En face de chacun des voeux sont précisés les délais de réponse aux propositions d'admission, dans les mails comme dans les alertes reçus dans le cadre du dossier Parcoursup.  Attention à bien prendre le temps de réfléchir avant de répondre et de s'engager dans une filière, tout en respectant les délais. Par ailleurs, il est recommandé de maintenir les voeux qui vous intéressent le plus. Découvrez les détails de la procédure de réponse ici.

Parcoursup : actualisation

Les lycéens de terminale qui sont dans l'attente d'une proposition concrète sont invités à se rendre sur le site de Parcoursup tous les matins. L'actualisation du site et des dossiers est en effet quotidienne, des places se libèrent dans chaque formation tous les jours, et ce jusqu'au 21 septembre au plus tard, des désistements ayant eu lieu la veille dans la filière visée. Une seule période est exclue de ces "bulletins d'info" matinaux personnalisés : la semaine du 18 au 25 juin, celle du bac, lors de laquelle les réponses "en continu" sont suspendues pour préserver la sérénité des prétendants au baccalauréat.

Parcoursup : dates et calendrier

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