Couvre-feu : une option possible en France en 2022 ?

"Couvre-feu : une option possible en France en 2022 ?"

Couvre-feu : une option possible en France en 2022 ? COUVRE FEU. Alors que les vagues de l'épidémie du Covid-19 déferlent sur la France, le couvre-feu a été écarté lors d'un Conseil de défense sanitaire organisé mercredi 5 janvier 2022. En revanche, dans les Outre-Mer, la mesure va être appliquée pour ralentir la propagation du coronavirus. De quoi préparer la métropole à un sort identique ?

[Mis à jour le 7 janvier 2022, à 17h52] Un retour du couvre-feu est-il possible en 2022 ? Si la question peut se poser, le gouvernement s'est fixé une ligne conductrice qu'il entend bien tenir jusqu'au bout pour mettre fin à l'épidémie, basée sur la vaccination. Dans une interview accordée à des lecteurs du Parisien, parue mardi 4 janvier 2022, Emmanuel Macron a assuré qu'aucune nouvelle contrainte n'entrerait en vigueur à l'issue du Conseil de défense sanitaire qui a été organisé le 5 janvier dernier. "Les décisions ont été annoncées la semaine dernière, donc il faut les laisser vivre", a-t-il indiqué. Lors du Conseil de défense sanitaire, aucune date de réévaluation de la situation épidémique n'a, pour l'heure, été communiquée. À l'instar du confinement, le couvre-feu fait partie des mesures les plus fortes et les plus redoutées. L'obligation d'être à son domicile à une heure bien précise est loin d'être populaire dans l'opinion et l'exécutif semble bien privilégier la campagne de vaccination. La diminution du délai pour recevoir la dose de rappel, l'augmentation de la pression sur les personnes non-vaccinées ou encore le rappel systématique des gestes barrières vont dans ce sens.

En revanche, la situation sanitaire continue de se dégrader dans les Outre-mer. Le préfet de Mayotte a annoncé, jeudi 6 janvier, le rétablissement d'un couvre-feu nocturne dans les prochains jours, alors que le département fait face à une flambée épidémique sans précédent liée au variant Omicron. Mi-décembre, le taux d'incidence n'était que de 30 cas pour 100 000 habitants. Il avait grimpé à plus de 100 en début de semaine, pour atteindre 1 200 cas pour 100 000 habitants vendredi 7 janvier, selon le préfet. En Guyane, le couvre-feu fait également son retour. À la sortie d'une cellule de crise ministérielle, le préfet Thierry Queffelec a décidé, jeudi 6 janvier, que les habitants des six principales villes du territoire devaient se soumettre, à partir du vendredi 7 janvier, à un couvre-feu quotidien de 20 heures 30 à 5 heures. Sur l'île de la Réunion, les habitants doivent composer depuis le 1er janvier avec un couvre-feu, imposé par le préfet, avec une part de la population insulaire totalement vaccinée estimée seulement à 62,8 %, contre 81,13 % au niveau national. 

Avec la campagne de vaccination qui s'accélère, le gouvernement ne devrait pas faire peser de restriction sur une population en très grande partie vaccinée. D'autant plus que le gouvernement a vu l'Assemblée nationale adopter en première lecture le projet de loi instaurant le pass vaccinal, jeudi 6 janvier, après une nuit entière de débats. Avec une mise en place prévue pour la mi-janvier, le projet de loi, qui interdit l'accès à toute personne âgée de plus 12 ans non-vaccinée, des bars, des restaurants, des activités de loisirs, des cinémas et des théâtres, vise à accentuer la pression sur les derniers réfractaires au vaccin. Le président de la République s'est d'ailleurs montré très vindicatif à leur encontre dans les colonnes du Parisien : "la quasi-totalité des gens, plus de 90 %, y ont adhéré (à la vaccination, ndlr). C'est une toute petite minorité qui est réfractaire. Celle-là, comment on la réduit ? On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l'emmerdant encore davantage. […] Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça, la stratégie".

Un couvre-feu est-il possible en janvier 2022 ?

L'hypothèse d'une mise en place de restrictions de sorties à partir d'une certaine heure reste donc possible en janvier et malgré l'avis du Conseil de défense sanitaire du 5 janvier, la mesure reste en suspens. En France, un couvre-feu territorialisé puis national a été instauré entre octobre 2020 et juin 2021. Sa mise en application reposait sur trois critères : un taux d'incidence supérieur à 250, un taux d'incidence chez les personnes de plus de 65 ans supérieur à 100 et un taux d'occupation des lits de réanimation par des patients Covid supérieurs à 30%. Des seuils franchis depuis déjà plusieurs jours dans cette 5e ou 6e vague. Selon les données de Santé publique France en date du 30 décembre, le taux d'incidence national dépasse les 1500 cas pour 100 000 habitants et le nombre de lits de réanimation occupés par des patients touchés par une forme grave du virus de 69%. Objectivement, tous les signaux (par rapport aux critères établis par les autorités) sont dans le rouge.

Mais depuis, le gouvernement ne regarde pas uniquement ces données pour trancher et a changé son fusil d'épaule au fil des mois de l'épidémie, avec notamment l'ouverture de la vaccination. Et pour une raison simple : même si le virus se propage davantage, il fait statistiquement moins de victimes et de formes graves, les hôpitaux sont davantage préservés en proportion des cas de contaminations. Exit désormais les restrictions pour tout le monde, l'objectif est de faire peser davantage de contraintes sur les non-vaccinés (10 % des plus de 18 ans). "Chaque semaine, avec le niveau de connaissance que nous avons, nous considérons que ça c'est important, en l'occurrence la vaccination, ça, ça peut être discuté, mais nous ne le choisissons pas aujourd'hui", avait tenu à préciser Olivier Véran fin décembre, laissant planer le doute sur une éventuelle nouvelle instauration.

D'autres restrictions pour les restaurants et bars ?

Le couvre-feu, comme le confinement, fait semble-t-il partie des dernières armes du gouvernement pour enrayer une éventuelle saturation des hôpitaux. Auparavant, la question d'établir de nouvelles restrictions dans les lieux de rassemblement est encore possible. Après les jauges à l'intérieur comme à l'extérieur, après le port du masque étendu, après l'interdiction de la consommation d'alcool debout ou au zinc dans les bars et cafés, après l'interdiction de manger dans les lieux publics tels les théâtres, cinémas et équipements sportifs, c'est bien la fermeture des ces lieux et des commerces qui peut encore être activée. Alors que les discothèques sont fermées jusqu'à la fin janvier, au moins, ce sont les restaurants, les bars, les commerces, les lieux de culture et de sport qui semblent sur la sellette.

Avant des restrictions de couvre-feu ou de confinement, l'exécutif aura probablement l'intention d'activer les leviers qui fonctionnent pour casser une dynamique épidémique : limiter les occasions de brassage de population dans les endroits clos où le masque n'est que peu ou pas porté, comme dans les restaurants et les bars.

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