Valéry Giscard d'Estaing : pourquoi VGE est resté au Conseil constitutionnel

Valéry Giscard d'Estaing : pourquoi VGE est resté au Conseil constitutionnel VGE - Valéry Giscard d'Estaing continue de siéger au Conseil constitutionnel, contrairement aux autres anciens présidents. Une faveur qu'il doit à un certain Emmanuel Macron...

Président de la République entre 1974 et 1981, Valéry Giscard d'Estaing avait eu de facto sa place au Conseil constitutionnel dès sa fin de mandat, même s'il ne commencera à siéger qu'en 2004. Mais depuis une réforme initiée par François Hollande, les anciens chefs de l'Etat ne bénéficient plus de ce droit naturel. En revanche, pour "VGE", cela est différent. En effet, un subterfuge de l'Elysée, révélé par le Journal du dimanche, permet au plus ancien président encore en vie de pouvoir continuer à siéger. En effet, la future révision constitutionnelle exige que seuls les anciens présidents ayant été en poste au Conseil constitutionnel les deux dernières années resteront membres de droit.

Critère que ne peuvent pas remplir les trois autres : Jacques Chirac ne siège plus depuis mars 2011 pour soucis de santé, Nicolas Sarkozy a quitté l'institution il y a de nombreuses années déjà et François Hollande, initiateur de cette réforme, a naturellement exprimé son souhait de ne pas siéger. Pour rappel, le rôle du Conseil constitutionnel, situé rue de Montpensier à Paris, est d'assurer la conformité de certaines lois, de certains règlements à la Constitution ou encore des élections nationales ou des référendums.

Valéry Giscard d'Estaing : retour sur sa carrière politique

Ministre de l'Economie et des Finances sous de Gaulle (1962-1966), puis sous Pompidou (1969-1974) et 20e président de la République française (1974-1981), Valérie Giscard d'Estaing a connu les sommets de la vie politique. Promoteur d'une "société libérale avancée" et de l'euro, VGE s'est voulu modernisateur mais s'est heurté au choc pétrolier et à la crise économique. Qu'il soit Président du Conseil régional d'Auvergne ou député européen, l'homme de droite a multiplié les fonctions, celles du terroir et celles des assemblées feutrées de Bruxelles. Inspecteur des finances, auteur, père de famille, fondateur de parti (l'UDF ex-FNRI), Valéry Giscard d'Estaing a connu plusieurs vies. 

Dans "Démocratie française", ouvrage politique paru en 1976, Valéry Giscard d'Estaing écrivait : "Beaucoup de nos compatriotes sont persuadés qu'ils aimeraient mieux vivre dans un monde semblable à celui du passé, paisible, rustique, familier, et ils ressentent en même temps l'inévitabilité du changement". Le changement, une nécessité pour celui qui prit la tête d'un Etat sclérosé en 1974. Au cours de son septennat, VGE mettra en place plusieurs réformes, en majorité sociétales, dont voici les plus emblématiques : 

  • Majorité à 18 ans - La première réforme de VGE, alors que la majorité était fixée à 21 ans depuis 1792. 
  • Droit à l'avortement (IVG) - Le débat parlementaire a duré 4 jours et la majorité des députés qui ont voté la loi étaient de gauche. 
  • Réforme de l'audiovisuel - Via l'éclatement de l'Office de radio-télévision française (ORTF) en plusieurs sociétés indépendantes.
  • Instauration du collège unique (réforme Haby) - Menée par le ministre de l'Education, René Haby, elle vise à donner un enseignement commun aux écoliers de 11 à 15 ans. Objectif : que tout le monde ait un même socle de connaissance à l'entrée au lycée (professionnel ou d'enseignement général). 
  • Réforme du Conseil constitutionnel - VGE voulait plus de démocratie et donc rafraîchir les institutions. Le Conseil sert à contrôler la politique d'un gouvernement et vérifier que ses lois sont cohérentes avec la Constitution. Avec la réforme, 60 députés ou sénateurs peuvent saisir le Conseil et non plus seulement les présidents de ces deux assemblée, le président de la République et le Premier ministre, les seuls à pouvoir le faire auparavant. 
  • Assouplissement du divorce - Depuis 1884, on ne pouvait divorcer qu'à condition de constater une "faute" de la part d'un des conjoints. Giscard instaure deux nouveaux types de divorces pour changer la donne : le divorce par consentement mutuel et celui pour rupture de la vie commune. 

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